François Hollande nous avait promis « le changement ». Une majorité de Français souhaitant changer le locataire de l’Elysée qu’ils ne supportaient plus, il a été élu.
Mais certains, un brin naïfs, avaient cru qu’il voulait tout changer.
Les uns s’étaient réjouis en s’imaginant qu’en prônant le redressement et la justice sociale, il allait s’attaquer au chômage, à la précarisation généralisée des classes moyennes, à la désindustrialisation du pays, à notre perte de compétitivité tout en sauvegardant notre système unique au monde de protection sociale.
Les autres s’étaient affolés en redoutant que cet apparatchik du parti socialiste, allié aux écologistes et harcelé par l’extrême-gauche, ne fasse la révolution en remettant à la mode certains vieux slogans chers à la gauche, en imposant un retour à l’âge de pierre ou du moins à celui de la lampe à pétrole (pour plaire aux Verts) et en pratiquant le laxisme le plus débridés (pour satisfaire ses gauchistes).
On peut être rassuré. Il ne va rien se passer. Le pays va continuer à sombrer inexorablement, comme un pédalo pris dans la tempête
Le chômage augmente encore et toujours. On nous dit qu’il approche des 3 millions. En fait, il ne s’agit là que de la catégorie A. Toutes catégories confondues, on compte désormais plus de 4,7 millions Français à la recherche d’un emploi. Et maintenant qu’ils sont au pouvoir, les socialistes s’aperçoivent qu’on ne peut interdire ni les licenciements, ni les délocalisations, ni les fermetures d’usine à coups de lois, pas plus qu’on ne peut décréter la croissance d’un trait de plume.
Au lieu de faire la révolution, le nouveau pouvoir va donc faire comme les autres, comme avant, en créant des emplois bidon, aidés, qui ne serviront à rien d’autre qu’à maquiller les chiffres tout en creusant, bien sûr, davantage encore les déficits. C’est la fuite en avant, droit dans le mur.
Contrairement à ce que quelques-uns avaient voulu croire, la gauche n’a pas de recettes magiques, on le voit chaque jour qui passe à propos de tout et de n’importe quoi.
Hollande nous avait promis de bloquer le prix des carburants qui flambaient. Avec un peu de chance, nous allons, peut-être, gagner un ou deux centimes par litre pendant quelques semaines. C’est dérisoire.
Il nous avait laissé croire qu’il avait sa solution pour les Roms et leurs campements sauvages. Manuel Valls n’a rien trouvé de mieux que de les faire évacuer par les forces de l’ordre. Comme un vulgaire Hortefeux ou Guéant-la-brute.
Il nous avait affirmé qu’il allait réduire la part du nucléaire et la remplacer par des moulins à vent. Montebourg vient de déclarer (sagement) que le nucléaire était « une filière d’avenir », etc.
On peut plus facilement dire n’importe quoi et faire rêver quand on est dans l’opposition que quand on est au pouvoir, confronté aux cruelles réalités et qu’on ne peut alors que décevoir les jobards qui avaient tout gobé.
Comment s’étonner que François Hollande ait, déjà, perdu 11 points dans les sondages et qu’il y ait désormais davantage de Français (47%) qui ne lui font plus confiance que de Français qui croient encore en lui (44%), selon un sondage Ipsos-Le Point ?
Hollande a raté ses débuts, les fameux et fatidiques « cent premiers jours » de son règne. A part une loi sur le harcèlement sexuel, ces cent jours ont été consacrés à « détricoter » le sarkozisme (loi TEPA, etc.) en rendant les prédécesseurs responsables de tous les maux du pays. C’est classique mais un peu court.
Chacun sait que les grandes réformes ne peuvent être lancées que pendant les trois premiers mois d’un mandat, quand le nouvel élu bénéficie encore d’un certain « état de grâce » que lui a donné son élection et alors que son opposition est toujours assommée par la défaite. La grande erreur de Sarkozy a été de ne pas imposer sa réforme des retraites dès 2007.
Au lieu de s’acharner sur le régime passé, de répéter qu’il avait la durée pour lui et de créer une kyrielle de commissions Théodule, Hollande aurait, évidemment, dû lancer, dès cet été, une vaste réforme de la fiscalité, du code du Travail, de notre système de protection sociale, de l’école, du système de santé. En dix ans d’opposition, lui et ses amis avaient eu tout le temps nécessaire pour préparer un véritable changement. Or, on s’aperçoit qu’ils n’étaient pas prêts.
Maintenant c’est déjà trop tard. Les Français ne croient plus en lui. Il n’est plus « normal », il est « pépère », insignifiant, médiocre. Libération qui n’est pourtant pas à la pointe de son opposition de droite, le traite ce matin d’ « amateur ».

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