Le redoutable « politiquement correct » fait des dégâts même aux Jeux Olympiques. Les organisateurs ont autorisé, cette année, une judoka voilée à entrer sur les tatamis et un amputé des deux jambes à participer à la course du 400 mètres. Le pauvre baron de Coubertin doit se retourner dans sa tombe.
On dira qu’une bonne musulmane a parfaitement le droit de porter le voile et chacun rendra hommage au courage de cet handicapé sud-africain. Mais alors qu’on arrête de nous bassiner avec « l’esprit des Jeux » qui voudrait que, dans ces grandes retrouvailles internationales et fraternelles, il n’y ait plus aucune discrimination et que chacun ait, à armes égales, les mêmes chances de participer si ce n’est de gagner.
Or, qu’on le veuille ou non, le voile est une forme de discrimination, plutôt négative, et le port de prothèses change, évidemment, tout dans une course de vitesse. Comment l’esprit des Jeux peut-il s’accommoder de traditions qui signifient l’infériorité de la femme et faire semblant de croire que les infirmes sont des sportifs comme les autres.
Verra-t-on, aux prochains JO, des nageuses voilées de la tête aux pieds, des chameliers du Golfe participer aux épreuves de jumping, des aveugles s’aligner pour le tir à la carabine et, pour l’aviron, des barreurs armés d’un fouet, comme dans les galères de jadis ?
C’est, une fois de plus, ici comme ailleurs, cette fameuse « pensée unique » qui a frappé. Son principe est simple même s’il repose sur deux « théorèmes » un brin contradictoires : « Il faut respecter les différences » et donc admettre qu’une judoka soit voilée, « Il n’y a d’ailleurs pas de différence entre les uns et les autres » et donc considérer un cul-de-jatte comme un athlète parfaitement normal.
En vertu de quoi un naturiste militant pourra prochainement faire le marathon nu comme un ver au milieu de quelques barbus porteurs de djellabas et n’importe quel « valide » pourra participer aux Jeux para-olympiques puisqu’il n’y a aucune raison pour croire qu’un sportif doté de ses quatre membres ne puisse pas prendre ses jambes à son cou aussi bien qu’un handicapé moteur.
Il faudra d’ailleurs changer totalement le règlement de ces Jeux. Il est, en effet, parfaitement scandaleux que les mauvais, les trainards, les maladroits et les gringalets soient pénalisés dans ces compétitions. Ils ont, au nom d’une minimum d’équité, tout autant de droits que les autres de décrocher des médailles. On pourrait donner l’or au dernier de chaque épreuve pour rétablir enfin un peu de justice ou, mieux, imaginer un tirage au sort.
En attendant, avec leur judoka voilée et leur sprinter à prothèses ce sont les organisateurs de ces JO qui, en marchant sur la tête et en respectant à la lettre les diktats du politiquement correct, ont gagné le gros lot.

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