A l’occasion de la fin du Ramadan, François Hollande vient d’adresser ses vœux aux Musulmans de France. C’est gentil mais ce n’est pas… « normal ».
A-t-il adressé ses vœux aux Catholiques le jour de Pâques ? Considère-t-il les Musulmans comme des Français « à part » qui mériteraient des égards particuliers ?
La laïcité c’est, bien sûr, permettre à chacun de pratiquer la foi qui est la sienne mais c’est, aussi et surtout, l’obligation pour l’Etat d’ignorer les croyances des uns ou des autres et, a fortiori, de ne privilégier aucune religion.
Depuis qu’il est devenu la deuxième religion de France et que, sous l’influence de l’étranger, il a repris toute sa vigueur, avec des extrémistes, l’Islam pose, évidemment, un problème à notre société. L’Islam rigoureux impose à ses adeptes des usages bien souvent incompatibles avec nos traditions. Pire, il constitue une communauté « internationale » qui rattache ses pratiquants à des pays étrangers. Les Musulmans prient en direction de La Mecque, leurs mosquées sont construites avec de l’argent qui vient, généralement, des pays du Golfe et les paraboles de leurs télévisions sont tournées vers le Maghreb.
Le rêve d’un Islam « à la française » est une utopie. Personne ne peut d’ailleurs reprocher à un « bon » Musulman de ne pas être un partisan de la laïcité, de ne pas accepter la séparation de la mosquée et de l’Etat, de préférer les paroles du Prophète à nos Constitutions et à nos lois et de souhaiter que l’Islam triomphe à travers la planète.
Nos responsables politiques, de droite comme de gauche, n’ont jamais su quelle attitude adopter en face de cette question. Créer un Conseil du Culte musulman était évidemment maladroit. C’était officialiser une communauté religieuse dans un pays laïc qui bannit tout communautarisme. L’idée était de noyer les extrémistes au milieu des modérés. Comme on aurait dû s’y attendre, ce sont les plus radicaux qui ont immédiatement pris en main cet organisme. Parler de « laïcité positive » était, bien sûr, aussi absurde que d’évoquer la « discrimination positive ». Affirmer que le curé (et donc l’imam) était plus important que l’instituteur était intolérable.
On a beau tourner en rond comme des derviches, nous n’avons pas d’autre choix que d’être fidèles à nous-mêmes et donc intransigeants avec notre bonne vieille laïcité… judéo-chrétienne.
Qu’il y ait en France des Chrétiens, des Juifs, des Musulmans, des Bouddhistes et quelques croyants de toutes les religions que l’Humanité a pu inventer au fil des millénaires est une réalité. Certains diront même une richesse pour notre patrimoine collectif. Mais l’Etat, garant de l’harmonie de la communauté nationale, la seule que nous ayons à reconnaitre, n’a pas à s’en mêler et à mettre un pied dans l’église, la synagogue, la mosquée ou le temple.
Le message d’aujourd’hui du président de la République était d’ailleurs totalement incohérent puisque, tout en s’adressant à la « communauté » des Musulmans de France, il affirmait « La laïcité demeurera indéfectiblement la règle de notre République ». Or, cette laïcité qu’on nous sert à toutes les sauces interdit que le chef de l’Etat s’adresse à une communauté religieuse, quelle qu’elle soit, puisque notre République ne reconnait que la communauté nationale.

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