A l’occasion de la fête de l’Assomption qui « commémore », rappelons-le, l’élévation de la Vierge vers le ciel, les évêques de France ont lancé une grande opération « médiatique » en faveur de la famille. Le clou de la manifestation a été, hier soir, une procession fluviale sur la Seine où quatorze bateaux-mouches, emplis de fidèles entonnant des cantiques, ont traversé Paris, derrière une statue en argent de la Vierge.
Une prière « universelle » a aussi été dite, ce matin, dans de nombreuses églises de France appelant à « la compassion envers les victimes de restrictions diverses qui voient l’avenir avec inquiétude », demandant qu’on prie « pour ceux qui viennent d’être élus afin que le sens du bien commun de la société l’emporte sur les requêtes particulières » et souhaitant que « les enfants cessent d’être les objets des désirs et des conflits entre adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère ».
Il n’y a pas si longtemps un tel texte serait passé totalement inaperçu et personne ne se serait étonné de cette suite de lieux communs sur la charité envers les plus pauvres, le devoir des dirigeants face au bien commun de la société et le rôle essentiel de la famille.
Tout au plus certains spécialistes auraient remarqué qu’avec cette allusion aux enfants « objets des désirs » le jésuite qui avait sans doute rédigé ce texte condamnait implicitement certains scandales qui avaient gravement entaché l’image de l’Eglise.
Mais, de nos jours, il va sans dite que le souhait, pourtant bien banal pour ne pas dire naturel, de voir les enfants « bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère » ne pouvait que provoquer un tollé d’indignation.
Depuis 24 heures, de nombreuses associations ayant pignon sur rue et subventions en poche accusent violemment l’Eglise de France d’être… « homophobe », crime particulièrement inexpiable de nos jours.
Une question qui mérite réflexion se pose alors. Dieu est-il homophobe ?
Vieux célibataire endurci, Dieu n’a jamais été un adepte de la parité homme-femme, même si ses anges n’ont, c’est bien connu, pas de sexe. Il a envoyé son fils (et non pas une fille) sur terre et son entourage le plus immédiat semble être à très forte majorité masculin. Cela dit, s’il était à tendance homosexuelle, Dieu n’aurait certainement pas inventé Eve pour qu’elle puisse former, avec Adam, une famille qui, c’est vrai, n’a pas été, malgré la présence d’un père et d’une mère, un exemple parfait de l’amour fraternel.
On a parfois l’impression que le Créateur s’est souvent contenté de respecter les lois dites « de la nature » et qu’en l’occurrence il a tenu à faire jouer ce que Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle, a appelé, ce matin à Lourdes, « l’altérité nécessaire pour donner la vie ».
Personne n’aurait aujourd’hui l’idée saugrenue de reprocher à un bon musulman de croire les paroles du Prophète. Peut-on reprocher à des évêques d’être fidèles à leurs textes sacrés, surtout quand ils semblent énoncer des vérités premières car Mgr Housset a raison, l’altérité est nécessaire pour donner la vie ? On peut le rappeler sans être pour autant homophobe.
On accuse l’Eglise de France de vouloir intervenir dans le débat politique avant la présentation par le gouvernement d’un texte légalisant le mariage homosexuel. Mais, dans un Etat laïc, tous les citoyens, même en soutane, ce qui n’est d’ailleurs plus guère le cas, ont parfaitement le droit de prendre la parole et personne n’est obligé de s’enticher des modes parisiennes et de suivre au pas de l’oie les diktats des lobbies.
Pour épater le bourgeois et plaire à ces fameux lobbies, le gouvernement veut autoriser le mariage homosexuel, donner le droit de vote aux étrangers et légaliser l’euthanasie si ce n’est la drogue. Nombreux sont, sans doute, les Français qui préféreraient que François Hollande et Jean-Marc Ayrault se préoccupent d’abord des salariés d’Aulnay-sous-Bois et des jeunes loubards d’Amiens. Il y a des urgences plus urgentes que d’autres…

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