Nous disions hier que « le changement » n’était décidément pas pour « maintenant ». On s’en aperçoit chaque jour davantage.
Le chômage des jeunes est évidemment l’un des grands problèmes de notre pays. Depuis Raymond Barre, il y a plus de trente ans, tous les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont tenté de s’y attaquer. En vain.
Aujourd’hui, Michel Sapin, le ministre du Travail, présente en Conseil des ministres, les « emplois d’avenir », l’une des idées-phares du candidat Hollande. Un vague « remake » des « emplois-jeunes » de Jospin. Hollande en avait promis 300.000, il n’y en aura que 150.000, 100.000 en 2013, 50.000 en 2014. Ce qui coûtera tout de même la bagatelle d’un milliard et demi par an.
Mais ce n’est pas le coût qui choque (on ne dépensera jamais assez pour lutter contre le fléau du chômage). C’est le principe même de ces « emplois d’avenir » qui semble absurde.
D’abord, l’Etat n’a jamais pu créer des emplois, sauf des fonctionnaires. Ce sont les entreprises, et elles seules, les « patrons » qui peuvent embaucher et créer de la richesse.
Ensuite et surtout, ces « emplois d’avenir » s’adressent « aux jeunes de moins de 26 ans, sans qualification et résidant dans des zones sensibles urbaines ou des zones rurales extrêmement éloignées ».
Ce sont, évidemment, les jeunes les plus touchés par le chômage. Mais Hollande, Ayrault et Sapin n’ont rien compris au problème. Il est absurde de donner un emploi financé par l’Etat, forcément bidon, forcément précaire, à des jeunes sans aucune formation, même s’ils habitent dans des quartiers pourris ou des campagnes désertées.
Aujourd’hui, à part quelques emplois occupés par des immigrés, tous les emplois exigent un minimum de formation. Avant de leur donner un emploi, il faudrait donc donner à tous ces jeunes un minimum de formation. Sinon, dans un an ou dans trois ans, à la fin de leur contrat d’ « emplois avenir » tous ces jeunes se retrouveront sur le carreau comme s’y sont retrouvés, pour la plupart, les jeunes qui avaient bénéficié des contrats « emplois jeunes » de Jospin.
Le gouvernement nous dit que ces « emplois d’avenir » vont permettre de « mettre le pied à l’étrier » à des dizaines de milliers de jeunes qui n’avaient aucun avenir. Mais on ne met pas le pied à l’étrier à quelqu’un qui n’a jamais vu un cheval de sa vie. Il va se retrouver par terre à la première ruade.
Le drame de notre économie est un problème de compétitivité. Nous ne vendons plus ce que nous produisons parce que nos produits sont trop chers et, pire encore, de mauvaise qualité. Nous n’inventons plus rien. Si Peugeot et Citroën ne vendent plus leurs voitures c’est parce qu’ils n’ont plus l’audace de leurs prédécesseurs qui avaient su créer la Traction-avant, la 2 CV, la DS ou la 403.
Le drame du chômage est un problème de formation. Quand on sait que des pans entiers de notre jeunesse ont des difficultés pour lire, écrire ou compter, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des centaines de milliers de postes vacants (dont on ne parle jamais) alors qu’en même temps nous comptons plus de 4,5 millions de chômeurs dans le pays.
Naturellement, il est plus facile pour un gouvernement de dire que, si notre balance commerciale est épouvantablement déficitaire, c’est de la faute des « salauds de patrons » qui ne savent plus conquérir de marchés et que, si le chômage ne fait qu’augmenter, c’est encore de la faute de ces mêmes « salauds de patrons » qui, pour mieux se goberger, préfèrent pratiquer les licenciements boursiers ou les délocalisations.
Aujourd’hui, devant la crise et la déliquescence de notre pays, le rôle de l’Etat n’est pas de créer à la va-vite des emplois bidon aux frais des contribuables. Il est de libérer l’économie française et d’inciter les entrepreneurs à innover. Il est aussi de transformer radicalement l’Ecole pour qu’elle devienne autre chose que l’usine à illettrés et à chômeurs qu’elle est depuis des décennies.
Ce serait cela le changement. Les rustines, les usines à gaz et toutes les vieilles fausses bonnes idées ne sont plus de mise.

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