Après nous avoir envoyé ses émigrés, le Maghreb nous envoie sa canicule. Les deux choses se ressemblent un peu.
D’abord, on n’y peut rien car on est aussi désarmés en face de l’évolution démographique de la planète qu’en face du chamboulement des climats. Les climatiseurs n’ont pas plus d’effets que n’en auraient les barbelés et les miradors que certains voudraient installer à nos frontières.
Ensuite, dans un cas comme dans l’autre, il y a ceux qui se réjouissent, les glaciers, les vacanciers, pour les grandes chaleurs, les démographes et certains chefs d’entreprise pour l’immigration, et ceux qui se lamentent, les petits vieux et les agriculteurs, pour la canicule, l’extrême-droite et une bonne partie de la droite pour l’immigration.
Enfin, dans un cas comme dans l’autre, l’Etat a fini par reconnaitre plus ou moins implicitement qu’il était totalement incapable et de rafraichir les températures et d’arrêter les vagues d’immigration.
On sait que la canicule peut causer des dégâts considérables. 15.000 morts la dernière fois, des nappes phréatiques asséchées, des récoltes dévastées. On sait aussi, même s’il est formellement interdit de le dire, que l’immigration pose des problèmes et c’est un euphémisme. Le chômage, les comptes de la sécurité sociale, la violence dans certaines cités sont, évidemment, amplifiés par l’arrivée massive de ces immigrés, souvent clandestins et sans aucune formation, même si quelques bonnes âmes nous répètent que « l’immigration est une chance pour la France » en rappelant que ce sont nos immigrés qui nous permettent d’avoir un taux de natalité supérieur à la moyenne européenne, qu’ils paient des impôts et que ce sont, peut-être, eux qui sauveront notre système de retraites.
Il n’empêche que ces chaleurs excessives vont finir par métamorphoser nos paysages et notre agriculture et que cette immigration a déjà modifié notre mode de vie, voire notre culture.
On peut parfaitement imaginer qu’à la fin de ce XXIème siècle nous cultiverons du manioc, entourés de chameaux et de lions, tout en mangeant du couscous à l’ombre des minarets. On peut éventuellement arrêter le progrès mais on n’arrêtera jamais la terre de tourner.
La raison voudrait qu’on cesse de nous raconter n’importe quoi. Les pôles fondent, les déserts gagnent du terrain, l’eau devient un bien plus précieux que l’or noir et aucun ministre de l’Ecologie n’y changera jamais rien. Des centaines de millions d’êtres humains crèvent de faim de par le monde et entrevoient, chaque jour, à la télévision, au fin fond de leurs cases misérables, le paradis impudique de la société de consommation dans laquelle nous vivons. Aucun contrôle aux frontières, aucun texte ne pourra jamais les empêcher de venir, à la nage s’il le faut, tenter leur chance chez nous.
La première exigence serait donc de reconnaître que les décennies qui viennent seront celles du réchauffement de la planète et d’un fabuleux déplacement des populations, du Sud vers le Nord.
La seconde exigence serait, bien sûr, d’imaginer des solutions pour faire face à ces deux problèmes qu’il est absurde de s’entêter à nier en jouant les autruches.
Or, nous continuons à gaspiller de l’eau à tout-va, à bétonner à tours de bras nos berges et à jouer les apprentis-sorciers avec la nature qui maintenant se venge et ne nous fait plus de cadeaux. Or, nous continuons à penser que les étrangers qui s’installent chez nous peuvent parfaitement s’intégrer parmi nous avec leurs habitudes, leurs moeurs, leur civilisation et à leur accorder le droit d’être des « Français comme les autres » tout en les laissant s’enfermer dans des ghettos de misère au nom du fameux « droit à la différence ».
Au lieu de nier les problèmes ou de s’imaginer qu’on peut les régler en faisant boire les vieillards et les nourrissons ou en rejetant les immigrés à la mer, il faudrait, de toute évidence, que nos responsables politiques prévoient les mesures qui s’imposent en adaptant notre mode de vie et notre agriculture aux 40° qu’on nous annonce pour les années à venir et en imaginant de réelles modalités d’intégration (pour ne pas dire d’assimilation puisque le mot est désormais tabou) pour les millions d’immigrés qui vont déferler sur nos régions au cours de ce siècle qui commence.
Mais, quand ils ne pratiquent pas la politique de l’autruche, nos dirigeants se contentent de celle des rustines. Or, ce n’est ni en mettant en alerte le SAMU ni en détruisant quelques campements de Roms qu’on prépare l’avenir.

Mots-clefs : ,