On a beau être socialiste, bourré de bonnes intentions et avoir de l’imagination, il y a des réalités qui ont la vie dure et en face desquelles les promesses électorales, les déclarations intempestives et les coups de menton sont toujours dérisoires.
Arnaud Montebourg est, évidemment, ridicule quand il affirme qu’il sauvera les emplois des salariés de PSA à Aulnay-sous-Bois. Tout ministre du « redressement productif » qu’il soit, il n’a aucun moyen pour trouver, dans les semaines qui viennent, des acheteurs pour les voitures de Peugeot ou de Citroën.
A Amiens, Manuel Valls, notre flamboyant ministre de l’Intérieur, vient, lui aussi, de faire la connaissance des cruautés de la réalité. En face de ce qu’on appelle pudiquement « la violence des quartiers », il n’y a rien d’autre à faire, dans l’immédiat, que d’envoyer la police.
Aulnay et Amiens sont les deux premières étapes du chemin de croix qui attend la nouvelle équipe au pouvoir. L’emploi et la sécurité sont les premières préoccupations (légitimes) des Français. Pendant dix ans, la gauche n’a pas eu de mots assez durs pour reprocher à la droite d’être incapable de lutter contre le chômage et l’insécurité.
Nicolas Sarkozy nous avait promis qu’en travaillant plus on gagnerait plus et qu’il saurait nettoyer « la racaille » au « karcher ». Le chômage n’a fait qu’augmenter et « la racaille » fait la loi dans de plus en plus de quartiers.
Pas de chance pour les socialistes, ce sont maintenant eux qui sont au pouvoir, nez-à-nez avec les plans de licenciement et les bandes de voyous qui cassent tout.
On ne peut pas leur reprocher de n’avoir pas, en cent jours, régler ces deux problèmes. La ré-industrialisation du pays et l’intégration des jeunes sans formation, sans emploi, de nos banlieues exigent des politiques de longue haleine.
Mais, pour l’instant, François Hollande et ses amis semblent tout aussi désarmés que leurs prédécesseurs. Comme eux, ils déclarent que les licenciements sont « inacceptables » et les violences « intolérables ». C’est un peu court. Comme eux, ils échafaudent des usines à gaz pour l’emploi avec des emplois aidés, comme eux, ils envoient des renforts de police dans les quartiers « difficiles ». Ce sera tout aussi inutile. Visiblement, le changement annoncé n’est pas pour aujourd’hui.
N’y a-t-il vraiment rien d’autre à faire ?
Il faudrait, d’abord, reconnaitre que les deux problèmes –le chômage et les violences- sont étroitement liés. Certes, ces jeunes qui ont « la haine », qui s’en prennent aux édifices publics et qui attaquent les forces de l’ordre sont souvent issus d’une immigration mal gérée depuis des décennies. Mais ce sont, avant tout, des jeunes exclus de notre société, parce que voués au chômage et donc sans aucun avenir. Victor Hugo disait « Ouvrez une école et vous fermerez une prison ». On pourrait dire aujourd’hui : « Trouvez-leur un emploi et ils ne brûleront plus de voitures ».
Il faudrait, ensuite, reconnaitre une autre évidence. L’Etat ne pourra jamais créer des emplois productifs. Il peut en détruire, ce qu’il fait depuis des décennies, en écrasant les entreprises à coups de charges et de réglementations. Mais ce sont les entreprises, et elles seules, qui créent de la richesse et de l’emploi. On doit se répéter sans cesse les deux phrases de Pompidou « Trop d’impôt tue l’impôt », « Le problème du partage serait grandement facilité si on avait davantage à partager ».
Or, même s’ils nous parlent sans cesse de « la compétitivité », on ne voit rien à l’horizon qui soit en faveur de l’investissement, de l’innovation ou même de la consommation.
Après cent jours, Hollande, Ayrault et son gouvernement se trouvent au pied du mur, les bras ballants. Montebourg fustige les patrons, Valls envoie la police. On aurait pu espérer autre chose.

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