Archives par moisaoût 2012



Non, la « pédagogie » n’est pas une politique

Affolés par les sondages qui dégringolent et s’apercevant soudain qu’il est plus difficile d’être au pouvoir que de pérorer rue Solferino ou dans les arrière-salles des bistrots, nos nouveaux dirigeants n’ont plus qu’un mot à la bouche : pé-da-go-gie.
Prenant les Français pour des enfants de classes maternelles un peu arriérés, ils vont, une baguette à la main, jouer les maitres d’école et nous « révéler » que la situation du pays est difficile, que notre économie se meurt, que le chômage augmente, que l’Etat est ruiné et que tous nos malheurs viennent de dix années de gestion de la droite.
Puis, reprenant leur souffle, ils vont écrire sur leur tableau noir les mots dont ils nous rebattent déjà les oreilles depuis plus de cent jours : efforts, justice, équité, durée.
Les petits élèves que nous sommes censés être vont, bien sûr, faire les yeux ronds. Cela fait des décennies que tous les pions qui se sont succédé sur l’estrade nous rabâchent les mêmes vérités. Les 4,5 millions de chômeurs du pays savent parfaitement que le chômage ne fait que s’aggraver et tous les contribuables de France et de Navarre, riches et moins riches, savent parfaitement que, depuis plus de 40 ans, l’Etat est infoutu de gérer convenablement son budget.
Quant aux efforts à faire, nous les connaissons aussi puisque nous avons le privilège d’être l’une des populations les plus imposées du monde au point d’en être étranglés et d’avoir, parfois et de plus en plus souvent, envie d’aller voir ailleurs.
Non, nous n’avons pas besoin de pédagogie mais d’une politique claire, réaliste, audacieuse, avec un cap précis. Depuis un demi-siècle, aucun de nos présidents ne nous a dit où il voulait nous conduire et quel destin il entrevoyait pour la France.
Parler de « chantier de réformes », de « force tranquille », de « fracture sociale », de « rupture », de « changement » ne veut strictement rien dire si on ne précise pas quelle place on veut donner à notre vieux pays dans un monde totalement bouleversé où la vieille Europe, ne produisant plus rien et continuant à consommer jusqu’à plus soif, est devenue la débitrice en faillite des nouveaux empires qui règnent désormais sur la planète.
Le problème de la France d’aujourd’hui n’est pas de savoir s’il faut marier les homosexuels, libéraliser les drogues, donner le droit de vote aux étrangers ou envoyer l’armée pour calmer les trafiquants du nord de Marseille. Il est de savoir comment nous pouvons faire face à la mondialisation, réinventer une économie (et donc une société) capable d’assurer notre survie au milieu au tsunami mondial qui nous submerge.
Valéry disait : « Les grandes civilisations savent désormais qu’elles sont mortelles ». Les Français ont parfaitement compris qu’ils étaient en train de « crever ». Hollande croit déceler chez les Français des « inquiétudes » et de « doutes ». C’est, en fait, de l’affolement, du désespoir et déjà la conviction que ce n’est pas cet énième changement qui permettra de sauver le pays.
Si pédagogie il devait y avoir ce serait sans doute aux « élèves » d’apprendre à leurs « maitres » quelques réalités cruelles qu’ils ont bien vite oubliées dans leurs palais dorés.

31 Août 2012 | Comments (12)

Hollande est-il un jean-foutre ?

Hollande est-il un jean-foutre ? C’est la question qu’une majorité de Français (et donc un certain nombre de ceux qui ont voté pour lui) commence à se poser.
Jusqu’à présent, on l’a trouvé plutôt sympathique et bon-enfant. Tout au plus lui a-t-on reproché de s’être accouplé avec cette harpie de Valérie Trierweiler. Ce n’était pas un drame. Mais maintenant, après ces cent jours passés à ne rien faire, il est plus qu’au pied du mur et il va bien falloir qu’il fasse ses preuves non plus de candidat bénéficiant du rejet dont avait à souffrir son adversaire mais de président en fonction.
Il ne se fait pas d’illusion et sait parfaitement qu’il a été élu parce que les Français ne supportaient plus « l’autre ». Assez astucieusement, il avait d’ailleurs fait toute sa campagne non pas sur le thème cher à la gauche traditionnelle du « grand soir » et de « l’aube prometteuse » mais sur celui de l’anti-sarkozisme, en se présentant en homme « normal ».
Il avait compris qu’en France, après l’agitation et les tempêtes, nous aimions faire la sieste. Après Napoléon, Louis XVIII, après de Gaulle, Pompidou. Deux « bons gros » rassurants, apaisants. Personne n’aurait, bien sûr, l’idée saugrenue de comparer Sarkozy à Napoléon ou à de Gaulle, mais, après un quinquennat de fébrilité inutile tous azimuts, nous avions besoin d’un peu de calme et de pondération. Autant dire d’un bon gros.
Malheureusement, les rondeurs ne suffisent pas à faire un homme d’Etat, surtout quand il lui faut affronter les pires des crises économiques, sociales, morales.
Si on ne sait toujours pas comment il compte prendre le taureau par les cornes -car parler de redressement productif, de justice, d’équité, d’efforts partagés ne veut strictement rien dire- on a déjà compris quelle était sa méthode de gouvernance : le double langage dissimulé derrière la concertation.
Il déclare qu’il n’aime pas les riches, que son ennemi est la finance et il invite à gueuletonner à l’Elysée les grands patrons du CAC40 alors que son Premier ministre fait la danse des voiles devant le Medef tout en préparant un matraquage des entreprises.
La composition de son gouvernement nous avait d’ailleurs déjà mis la puce à l’oreille. Nommer aux Affaires Etrangères Laurent Fabius, le ténor du « non » au Traité européen, au Redressement productif Arnaud Montebourg, le chantre de la dé-mondialisation, à l’Intérieur Manuel Valls, le partisan de la tolérance zéro, tout en nommant ailleurs des gens comme Christiane Taubira ou Cécile Duflot démontrait bien qu’il avait l’intention de ménager la chèvre et le chou tout en nous offrant à boire et à manger, voire du lard et du cochon.
Depuis, lui et ses sbires ne nous parlent que de concertation, créent des commissions, organisent des sommets sociaux ou économiques, prévoient des rencontres syndicats-patronat pour gagner du temps (c’est-à-dire en perdre) et noyer le poisson en voulant nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Un chef d’Etat n’est pas un « gentil organisateur » de tables rondes, de colloques, de symposiums, de consultations. Il doit décider d’une politique et la mettre en application. Les palabres et les parlottes n’ont rien à faire ici et nous raconter qu’on va trouver des solutions en organisant des rencontres amicales entre les syndicats, arcboutés sur la défense de droits qu’ils considèrent comme acquis, et le patronat qui exige un peu de flexibilité relève évidemment de l’escroquerie.
On peut retarder les échéances pendant quelques semaines, surtout l’été quand les Français préfèrent prendre la route des vacances plutôt que celle de Pôle-Emploi. Mais vient toujours un moment où il faut reprendre le collier. Nous y sommes.
Aujourd’hui, non seulement Hollande retrouve Angela Merkel et les problèmes de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie avec le choix à faire entre la rigueur (imposée par la chancelière allemande et les réalités) et la croissance (indispensable pour s’en sortir et exigée par les peuples) mais il retrouve surtout tous les problèmes franco-français, en clair et avant tout les plans de licenciement qui se sont accumulés sur son bureau pendant qu’il bronzait à Brégançon.
On sait qu’il lui faut trouver de toute urgence au moins 33 milliards pour boucler son budget et que la croissance sera encore plus faible que prévue, sans doute à moins de 1%. Or, tout en ne faisant rien, il a déjà augmenté l’allocation de rentrée scolaire de 25%, le Smic de 2%, annoncé la création de 150.000 emplois d’avenir, aux frais de la République, alors que Vincent Peillon a commencé à embaucher de nouveaux fonctionnaires.
Ils nous disent que tout cela était dans le programme du candidat Hollande. C’est vrai (si ce n’est qu’il avait promis 300.000 emplois d’avenir). Mais cela ne nous dit pas comment il compte financer toutes ces générosités de candidat tout en faisant maintenant semblant de caresser dans le sens du poil les grands patrons.
Bref, il est grand temps d’arrêter le double langage, les parlottes et de trancher dans le vif.
Sinon, en effet, les Français considèreront leur nouveau président comme un jean-foutre et attendront avec impatiences la première occasion pour le lui faire savoir.

30 Août 2012 | Comments (15)

Chômage des jeunes: les fausses et vieilles « bonnes idées »

Nous disions hier que « le changement » n’était décidément pas pour « maintenant ». On s’en aperçoit chaque jour davantage.
Le chômage des jeunes est évidemment l’un des grands problèmes de notre pays. Depuis Raymond Barre, il y a plus de trente ans, tous les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont tenté de s’y attaquer. En vain.
Aujourd’hui, Michel Sapin, le ministre du Travail, présente en Conseil des ministres, les « emplois d’avenir », l’une des idées-phares du candidat Hollande. Un vague « remake » des « emplois-jeunes » de Jospin. Hollande en avait promis 300.000, il n’y en aura que 150.000, 100.000 en 2013, 50.000 en 2014. Ce qui coûtera tout de même la bagatelle d’un milliard et demi par an.
Mais ce n’est pas le coût qui choque (on ne dépensera jamais assez pour lutter contre le fléau du chômage). C’est le principe même de ces « emplois d’avenir » qui semble absurde.
D’abord, l’Etat n’a jamais pu créer des emplois, sauf des fonctionnaires. Ce sont les entreprises, et elles seules, les « patrons » qui peuvent embaucher et créer de la richesse.
Ensuite et surtout, ces « emplois d’avenir » s’adressent « aux jeunes de moins de 26 ans, sans qualification et résidant dans des zones sensibles urbaines ou des zones rurales extrêmement éloignées ».
Ce sont, évidemment, les jeunes les plus touchés par le chômage. Mais Hollande, Ayrault et Sapin n’ont rien compris au problème. Il est absurde de donner un emploi financé par l’Etat, forcément bidon, forcément précaire, à des jeunes sans aucune formation, même s’ils habitent dans des quartiers pourris ou des campagnes désertées.
Aujourd’hui, à part quelques emplois occupés par des immigrés, tous les emplois exigent un minimum de formation. Avant de leur donner un emploi, il faudrait donc donner à tous ces jeunes un minimum de formation. Sinon, dans un an ou dans trois ans, à la fin de leur contrat d’ « emplois avenir » tous ces jeunes se retrouveront sur le carreau comme s’y sont retrouvés, pour la plupart, les jeunes qui avaient bénéficié des contrats « emplois jeunes » de Jospin.
Le gouvernement nous dit que ces « emplois d’avenir » vont permettre de « mettre le pied à l’étrier » à des dizaines de milliers de jeunes qui n’avaient aucun avenir. Mais on ne met pas le pied à l’étrier à quelqu’un qui n’a jamais vu un cheval de sa vie. Il va se retrouver par terre à la première ruade.
Le drame de notre économie est un problème de compétitivité. Nous ne vendons plus ce que nous produisons parce que nos produits sont trop chers et, pire encore, de mauvaise qualité. Nous n’inventons plus rien. Si Peugeot et Citroën ne vendent plus leurs voitures c’est parce qu’ils n’ont plus l’audace de leurs prédécesseurs qui avaient su créer la Traction-avant, la 2 CV, la DS ou la 403.
Le drame du chômage est un problème de formation. Quand on sait que des pans entiers de notre jeunesse ont des difficultés pour lire, écrire ou compter, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des centaines de milliers de postes vacants (dont on ne parle jamais) alors qu’en même temps nous comptons plus de 4,5 millions de chômeurs dans le pays.
Naturellement, il est plus facile pour un gouvernement de dire que, si notre balance commerciale est épouvantablement déficitaire, c’est de la faute des « salauds de patrons » qui ne savent plus conquérir de marchés et que, si le chômage ne fait qu’augmenter, c’est encore de la faute de ces mêmes « salauds de patrons » qui, pour mieux se goberger, préfèrent pratiquer les licenciements boursiers ou les délocalisations.
Aujourd’hui, devant la crise et la déliquescence de notre pays, le rôle de l’Etat n’est pas de créer à la va-vite des emplois bidon aux frais des contribuables. Il est de libérer l’économie française et d’inciter les entrepreneurs à innover. Il est aussi de transformer radicalement l’Ecole pour qu’elle devienne autre chose que l’usine à illettrés et à chômeurs qu’elle est depuis des décennies.
Ce serait cela le changement. Les rustines, les usines à gaz et toutes les vieilles fausses bonnes idées ne sont plus de mise.

29 Août 2012 | Comments (13)

« Le changement » n’est pas pour « maintenant »

François Hollande nous avait promis « le changement ». Une majorité de Français souhaitant changer le locataire de l’Elysée qu’ils ne supportaient plus, il a été élu.
Mais certains, un brin naïfs, avaient cru qu’il voulait tout changer.
Les uns s’étaient réjouis en s’imaginant qu’en prônant le redressement et la justice sociale, il allait s’attaquer au chômage, à la précarisation généralisée des classes moyennes, à la désindustrialisation du pays, à notre perte de compétitivité tout en sauvegardant notre système unique au monde de protection sociale.
Les autres s’étaient affolés en redoutant que cet apparatchik du parti socialiste, allié aux écologistes et harcelé par l’extrême-gauche, ne fasse la révolution en remettant à la mode certains vieux slogans chers à la gauche, en imposant un retour à l’âge de pierre ou du moins à celui de la lampe à pétrole (pour plaire aux Verts) et en pratiquant le laxisme le plus débridés (pour satisfaire ses gauchistes).
On peut être rassuré. Il ne va rien se passer. Le pays va continuer à sombrer inexorablement, comme un pédalo pris dans la tempête
Le chômage augmente encore et toujours. On nous dit qu’il approche des 3 millions. En fait, il ne s’agit là que de la catégorie A. Toutes catégories confondues, on compte désormais plus de 4,7 millions Français à la recherche d’un emploi. Et maintenant qu’ils sont au pouvoir, les socialistes s’aperçoivent qu’on ne peut interdire ni les licenciements, ni les délocalisations, ni les fermetures d’usine à coups de lois, pas plus qu’on ne peut décréter la croissance d’un trait de plume.
Au lieu de faire la révolution, le nouveau pouvoir va donc faire comme les autres, comme avant, en créant des emplois bidon, aidés, qui ne serviront à rien d’autre qu’à maquiller les chiffres tout en creusant, bien sûr, davantage encore les déficits. C’est la fuite en avant, droit dans le mur.
Contrairement à ce que quelques-uns avaient voulu croire, la gauche n’a pas de recettes magiques, on le voit chaque jour qui passe à propos de tout et de n’importe quoi.
Hollande nous avait promis de bloquer le prix des carburants qui flambaient. Avec un peu de chance, nous allons, peut-être, gagner un ou deux centimes par litre pendant quelques semaines. C’est dérisoire.
Il nous avait laissé croire qu’il avait sa solution pour les Roms et leurs campements sauvages. Manuel Valls n’a rien trouvé de mieux que de les faire évacuer par les forces de l’ordre. Comme un vulgaire Hortefeux ou Guéant-la-brute.
Il nous avait affirmé qu’il allait réduire la part du nucléaire et la remplacer par des moulins à vent. Montebourg vient de déclarer (sagement) que le nucléaire était « une filière d’avenir », etc.
On peut plus facilement dire n’importe quoi et faire rêver quand on est dans l’opposition que quand on est au pouvoir, confronté aux cruelles réalités et qu’on ne peut alors que décevoir les jobards qui avaient tout gobé.
Comment s’étonner que François Hollande ait, déjà, perdu 11 points dans les sondages et qu’il y ait désormais davantage de Français (47%) qui ne lui font plus confiance que de Français qui croient encore en lui (44%), selon un sondage Ipsos-Le Point ?
Hollande a raté ses débuts, les fameux et fatidiques « cent premiers jours » de son règne. A part une loi sur le harcèlement sexuel, ces cent jours ont été consacrés à « détricoter » le sarkozisme (loi TEPA, etc.) en rendant les prédécesseurs responsables de tous les maux du pays. C’est classique mais un peu court.
Chacun sait que les grandes réformes ne peuvent être lancées que pendant les trois premiers mois d’un mandat, quand le nouvel élu bénéficie encore d’un certain « état de grâce » que lui a donné son élection et alors que son opposition est toujours assommée par la défaite. La grande erreur de Sarkozy a été de ne pas imposer sa réforme des retraites dès 2007.
Au lieu de s’acharner sur le régime passé, de répéter qu’il avait la durée pour lui et de créer une kyrielle de commissions Théodule, Hollande aurait, évidemment, dû lancer, dès cet été, une vaste réforme de la fiscalité, du code du Travail, de notre système de protection sociale, de l’école, du système de santé. En dix ans d’opposition, lui et ses amis avaient eu tout le temps nécessaire pour préparer un véritable changement. Or, on s’aperçoit qu’ils n’étaient pas prêts.
Maintenant c’est déjà trop tard. Les Français ne croient plus en lui. Il n’est plus « normal », il est « pépère », insignifiant, médiocre. Libération qui n’est pourtant pas à la pointe de son opposition de droite, le traite ce matin d’ « amateur ».

28 Août 2012 | Comments (5)

Un président normal pour un pays qui ne l’est pas

Nous avons évité la canicule d’été mais la rentrée risque bien d’être torride.
A gauche, on commence à reprocher à François Hollande de ne pas faire grand-chose. « Presque rien » a dit méchamment Mélenchon qui, après avoir été battu très sévèrement à la présidentielle et s’être ridiculisé aux législatives, entend maintenant jouer les procureurs sans pitié. Et Libération compare aujourd’hui les vacances du président à celles de… M. Hulot. A droite, devant la guérilla des chefaillons et la multitude des prétentions, on en vient à regretter Nicolas Sarkozy.
Autant dire que, d’un côté comme de l’autre, personne n’est emballé par le « casting » de ce quinquennat. Les socialistes se demandent s’ils n’auraient pas mieux fait de choisir, lors de leur primaire, Martine Aubry plutôt que Hollande car elle, au moins, aurait « fait des choses ». Et les électeurs de l’UMP qui reprochent à Fillon d’avoir été d’une « pâleur éblouissante » pendant cinq ans et à Copé d’avoir une ambition personnelle par trop voyante ont déjà oublié que Sarkozy les avaient conduits à la défaite. Mais on ne refait pas l’histoire, même si elle se répète souvent.
Nous allons donc nous retrouver, dès cette semaine, avec un président entouré d’une multitude de commissions-alibis en tous genres et semblant être apeuré par ses responsabilités, un Premier ministre qui va, sans doute en vain, comme son prédécesseur, tenter d’exister, un ministre des Finances à la recherche de 33 milliards, un ministre du Redressement productif totalement débordé par un déluge de plans sociaux, un ministre de l’Intérieur lançant, comme ses prédécesseurs, les forces de l’ordre contre les Roms et les clandestins, un ministre des Affaires étrangères voulant, à son tour, pacifier le Proche-Orient.
Il est vraisemblable que François Hollande finira par nous déclarer quelque chose comme « Il faut travailler plus pour gagner plus », que Jean-Marc Ayrault constatera qu’il est « A la tête d’un Etat en faillite », que Pierre Moscovici affirmera qu’ « Il faut faire payer les riches » sans vouloir reconnaitre que « Trop d’impôt tue l’impôt », qu’Arnaud Montebourg concédera que « L’Etat ne peut pas tout », que Manuel Valls nous promettra de « Nettoyer les voyous au Karcher » et que Laurent Fabius nous avouera que « L’orient est compliqué ».
L’opposition, encore abattue par ses défaites et toute à ses combats picrocholesques, n’aura, bien sûr, pas grand-chose à dire devant tous ces lieux communs dont elle a, elle-même, abusé si longtemps.
Pendant des années, devant « le mal français », la droite, tétanisée par le « politiquement correct », a mené une politique de gauche en augmentant les impôts, le nombre des fonctionnaires, la réglementation, les allocations et les subventions en tous genres, comme s’il n’y avait rien d’autre à faire que de coller des rustines et de créer des usines à gaz pour écoper à la petite cuillère le rafiot qui prenait d’eau. On a vu les résultats.
Aujourd’hui, devant la crise et le déliquescence d’un Etat incapable de faire face à la dette, au chômage, à la précarité, à l’insécurité, à la dégradation de l’Ecole, des hôpitaux et de tous les services publics, la gauche devrait adopter quelques vieux principes de la droite que celle-ci n’a jamais voulu ou osé appliquer, en baissant les prélèvements obligatoires, en réduisant le nombre des fonctionnaires, en libérant les entreprises, en limitant le rôle de l’Etat à ses devoirs régaliens. C’est ce qu’ont fait tous les pays qui s’en sont plus ou moins sortis.
Hélas, les hommes du nouveau pouvoir n’ont pas été élus pour cela et sont encore pétris de leur vieille idéologie. Ils nous disent que, pour trouver 33 milliards dans l’urgence, on n’a jamais rien inventé de mieux que d’augmenter les impôts. Mais si on veut vraiment redresser la production, relancer l’économie, retrouver un minimum de compétitivité, il est absurde de matraquer encore davantage ceux qui pourraient investir ou simplement consommer.
Ces 33 milliards ne sont plus guère dans la poche des contribuables. Ils sont dans des économies que l’Etat devrait faire. Il est délirant d’embaucher de nouveaux enseignants alors que nous en avons déjà plus d’un million, de recruter des policiers alors que, policiers et gendarmes confondus, la France a le plus fort taux de « forces de l’ordre » par habitant en Europe, d’augmenter de 25% la prime de rentrée scolaire, etc.
Ce n’est pas en continuant à augmenter les dépenses, en alourdissant encore les charges des entreprises et en réduisant toujours davantage le pouvoir d’achat des citoyens qu’on sauvera les salariés de Peugeot-Citroën ou des innombrables entreprises sur le point de déposer leur bilan.
Après Nicolas Sarkozy qui nous avait promis « la rupture », François Hollande nous a promis « le changement ». Mais ce avec quoi il aurait fallu « rompre » et ce qu’il faut « changer » c’est cette fameuse « exception française » qui fait que la France reste l’un des derniers pays socialisants de la planète sans qu’on puisse dire pour autant que ses citoyens soient les plus heureux du monde.
Que le président se veuille « normal » est une chose. Mais ce qu’il faudrait c’est que la France redevienne un pays normal. Nous avons un président normal dans un pays qui ne l’est pas.

21 Août 2012 | Comments (14)

Hollande, les Musulmans et les incohérences

A l’occasion de la fin du Ramadan, François Hollande vient d’adresser ses vœux aux Musulmans de France. C’est gentil mais ce n’est pas… « normal ».
A-t-il adressé ses vœux aux Catholiques le jour de Pâques ? Considère-t-il les Musulmans comme des Français « à part » qui mériteraient des égards particuliers ?
La laïcité c’est, bien sûr, permettre à chacun de pratiquer la foi qui est la sienne mais c’est, aussi et surtout, l’obligation pour l’Etat d’ignorer les croyances des uns ou des autres et, a fortiori, de ne privilégier aucune religion.
Depuis qu’il est devenu la deuxième religion de France et que, sous l’influence de l’étranger, il a repris toute sa vigueur, avec des extrémistes, l’Islam pose, évidemment, un problème à notre société. L’Islam rigoureux impose à ses adeptes des usages bien souvent incompatibles avec nos traditions. Pire, il constitue une communauté « internationale » qui rattache ses pratiquants à des pays étrangers. Les Musulmans prient en direction de La Mecque, leurs mosquées sont construites avec de l’argent qui vient, généralement, des pays du Golfe et les paraboles de leurs télévisions sont tournées vers le Maghreb.
Le rêve d’un Islam « à la française » est une utopie. Personne ne peut d’ailleurs reprocher à un « bon » Musulman de ne pas être un partisan de la laïcité, de ne pas accepter la séparation de la mosquée et de l’Etat, de préférer les paroles du Prophète à nos Constitutions et à nos lois et de souhaiter que l’Islam triomphe à travers la planète.
Nos responsables politiques, de droite comme de gauche, n’ont jamais su quelle attitude adopter en face de cette question. Créer un Conseil du Culte musulman était évidemment maladroit. C’était officialiser une communauté religieuse dans un pays laïc qui bannit tout communautarisme. L’idée était de noyer les extrémistes au milieu des modérés. Comme on aurait dû s’y attendre, ce sont les plus radicaux qui ont immédiatement pris en main cet organisme. Parler de « laïcité positive » était, bien sûr, aussi absurde que d’évoquer la « discrimination positive ». Affirmer que le curé (et donc l’imam) était plus important que l’instituteur était intolérable.
On a beau tourner en rond comme des derviches, nous n’avons pas d’autre choix que d’être fidèles à nous-mêmes et donc intransigeants avec notre bonne vieille laïcité… judéo-chrétienne.
Qu’il y ait en France des Chrétiens, des Juifs, des Musulmans, des Bouddhistes et quelques croyants de toutes les religions que l’Humanité a pu inventer au fil des millénaires est une réalité. Certains diront même une richesse pour notre patrimoine collectif. Mais l’Etat, garant de l’harmonie de la communauté nationale, la seule que nous ayons à reconnaitre, n’a pas à s’en mêler et à mettre un pied dans l’église, la synagogue, la mosquée ou le temple.
Le message d’aujourd’hui du président de la République était d’ailleurs totalement incohérent puisque, tout en s’adressant à la « communauté » des Musulmans de France, il affirmait « La laïcité demeurera indéfectiblement la règle de notre République ». Or, cette laïcité qu’on nous sert à toutes les sauces interdit que le chef de l’Etat s’adresse à une communauté religieuse, quelle qu’elle soit, puisque notre République ne reconnait que la communauté nationale.

19 Août 2012 | Comments (13)

Nous prendraient-ils pour des débiles ?

L’Etat étant, par définition, chargé de la protection des personnes (et des biens) il est normal et même souhaitable que « les autorités » nous préviennent des risques qui nous menacent et nous conseillent les mesures à prendre pour les éviter.
Personne ne s’étonne de voir, sur nos routes de montagnes, des panneaux nous avertissant d’un « Virage dangereux », sur nos plages de sables mouvants, des écriteaux interdisant la baignade et, devant les installations électriques, l’avis qu’il y a là « Danger de mort ».
On pourrait s’étonner de la phrase « L’abus d’alcool est dangereux » désormais inscrite sur toutes nos bouteilles d’alcool. Tout monde sait, même les alcooliques, qu’un troisième verre peut provoquer des dégâts. Plus étonnant encore est le « Fumer tue » rappelé sur tous nos paquets de cigarettes. Si fumer tue vraiment, on comprend mal que les cigarettes soient encore en vente libre, même si l’Etat en tire d’énormes profits et même si certains, au gouvernement, souhaitent aujourd’hui légaliser les drogues.
En ce début de canicule, les autorités viennent de lancer une vaste campagne d’information. Et cette fois, on tombe à la renverse. Elles conseillent aux personnes âgées de… boire de l’eau fraîche, aux mères de famille… d’hydrater les nouveaux nés et à l’ensemble des citoyens de choisir… des endroits frais.
Nous prendraient-ils vraiment pour des débiles ? Les 15.000 morts de la canicule de 2003 ignoraient-ils tous que, quand il fait chaud, on a soif et que, quand on a soif, il faut boire ?
On imagine que ces mêmes autorités préparent déjà pour les grands froids de l’hiver prochain une autre campagne d’information qui conseillerait aux personnes âgées de boire des boissons chaudes, aux mères de famille d’emmitoufler leurs bébés et aux autres citoyens d’éviter de se promener tout nus dans la neige.
Cette infantilisation de la population est très révélatrice du mépris dans lequel nous tiennent les autorités, autant dire le pouvoir.
Il est vrai qu’après nous avoir juré qu’ils allaient sauver le pays et avoir vu que nous avions gobé leurs promesses, il est normal qu’ils nous conseillent de nous mettre à l’ombre quand le soleil tape trop fort. Nous n’y aurions sûrement pas pensé tout seuls.

18 Août 2012 | Comments (7)

Canicule et immigration

Après nous avoir envoyé ses émigrés, le Maghreb nous envoie sa canicule. Les deux choses se ressemblent un peu.
D’abord, on n’y peut rien car on est aussi désarmés en face de l’évolution démographique de la planète qu’en face du chamboulement des climats. Les climatiseurs n’ont pas plus d’effets que n’en auraient les barbelés et les miradors que certains voudraient installer à nos frontières.
Ensuite, dans un cas comme dans l’autre, il y a ceux qui se réjouissent, les glaciers, les vacanciers, pour les grandes chaleurs, les démographes et certains chefs d’entreprise pour l’immigration, et ceux qui se lamentent, les petits vieux et les agriculteurs, pour la canicule, l’extrême-droite et une bonne partie de la droite pour l’immigration.
Enfin, dans un cas comme dans l’autre, l’Etat a fini par reconnaitre plus ou moins implicitement qu’il était totalement incapable et de rafraichir les températures et d’arrêter les vagues d’immigration.
On sait que la canicule peut causer des dégâts considérables. 15.000 morts la dernière fois, des nappes phréatiques asséchées, des récoltes dévastées. On sait aussi, même s’il est formellement interdit de le dire, que l’immigration pose des problèmes et c’est un euphémisme. Le chômage, les comptes de la sécurité sociale, la violence dans certaines cités sont, évidemment, amplifiés par l’arrivée massive de ces immigrés, souvent clandestins et sans aucune formation, même si quelques bonnes âmes nous répètent que « l’immigration est une chance pour la France » en rappelant que ce sont nos immigrés qui nous permettent d’avoir un taux de natalité supérieur à la moyenne européenne, qu’ils paient des impôts et que ce sont, peut-être, eux qui sauveront notre système de retraites.
Il n’empêche que ces chaleurs excessives vont finir par métamorphoser nos paysages et notre agriculture et que cette immigration a déjà modifié notre mode de vie, voire notre culture.
On peut parfaitement imaginer qu’à la fin de ce XXIème siècle nous cultiverons du manioc, entourés de chameaux et de lions, tout en mangeant du couscous à l’ombre des minarets. On peut éventuellement arrêter le progrès mais on n’arrêtera jamais la terre de tourner.
La raison voudrait qu’on cesse de nous raconter n’importe quoi. Les pôles fondent, les déserts gagnent du terrain, l’eau devient un bien plus précieux que l’or noir et aucun ministre de l’Ecologie n’y changera jamais rien. Des centaines de millions d’êtres humains crèvent de faim de par le monde et entrevoient, chaque jour, à la télévision, au fin fond de leurs cases misérables, le paradis impudique de la société de consommation dans laquelle nous vivons. Aucun contrôle aux frontières, aucun texte ne pourra jamais les empêcher de venir, à la nage s’il le faut, tenter leur chance chez nous.
La première exigence serait donc de reconnaître que les décennies qui viennent seront celles du réchauffement de la planète et d’un fabuleux déplacement des populations, du Sud vers le Nord.
La seconde exigence serait, bien sûr, d’imaginer des solutions pour faire face à ces deux problèmes qu’il est absurde de s’entêter à nier en jouant les autruches.
Or, nous continuons à gaspiller de l’eau à tout-va, à bétonner à tours de bras nos berges et à jouer les apprentis-sorciers avec la nature qui maintenant se venge et ne nous fait plus de cadeaux. Or, nous continuons à penser que les étrangers qui s’installent chez nous peuvent parfaitement s’intégrer parmi nous avec leurs habitudes, leurs moeurs, leur civilisation et à leur accorder le droit d’être des « Français comme les autres » tout en les laissant s’enfermer dans des ghettos de misère au nom du fameux « droit à la différence ».
Au lieu de nier les problèmes ou de s’imaginer qu’on peut les régler en faisant boire les vieillards et les nourrissons ou en rejetant les immigrés à la mer, il faudrait, de toute évidence, que nos responsables politiques prévoient les mesures qui s’imposent en adaptant notre mode de vie et notre agriculture aux 40° qu’on nous annonce pour les années à venir et en imaginant de réelles modalités d’intégration (pour ne pas dire d’assimilation puisque le mot est désormais tabou) pour les millions d’immigrés qui vont déferler sur nos régions au cours de ce siècle qui commence.
Mais, quand ils ne pratiquent pas la politique de l’autruche, nos dirigeants se contentent de celle des rustines. Or, ce n’est ni en mettant en alerte le SAMU ni en détruisant quelques campements de Roms qu’on prépare l’avenir.

17 Août 2012 | Comments (5)

Dieu est-il homophobe ?

A l’occasion de la fête de l’Assomption qui « commémore », rappelons-le, l’élévation de la Vierge vers le ciel, les évêques de France ont lancé une grande opération « médiatique » en faveur de la famille. Le clou de la manifestation a été, hier soir, une procession fluviale sur la Seine où quatorze bateaux-mouches, emplis de fidèles entonnant des cantiques, ont traversé Paris, derrière une statue en argent de la Vierge.
Une prière « universelle » a aussi été dite, ce matin, dans de nombreuses églises de France appelant à « la compassion envers les victimes de restrictions diverses qui voient l’avenir avec inquiétude », demandant qu’on prie « pour ceux qui viennent d’être élus afin que le sens du bien commun de la société l’emporte sur les requêtes particulières » et souhaitant que « les enfants cessent d’être les objets des désirs et des conflits entre adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère ».
Il n’y a pas si longtemps un tel texte serait passé totalement inaperçu et personne ne se serait étonné de cette suite de lieux communs sur la charité envers les plus pauvres, le devoir des dirigeants face au bien commun de la société et le rôle essentiel de la famille.
Tout au plus certains spécialistes auraient remarqué qu’avec cette allusion aux enfants « objets des désirs » le jésuite qui avait sans doute rédigé ce texte condamnait implicitement certains scandales qui avaient gravement entaché l’image de l’Eglise.
Mais, de nos jours, il va sans dite que le souhait, pourtant bien banal pour ne pas dire naturel, de voir les enfants « bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère » ne pouvait que provoquer un tollé d’indignation.
Depuis 24 heures, de nombreuses associations ayant pignon sur rue et subventions en poche accusent violemment l’Eglise de France d’être… « homophobe », crime particulièrement inexpiable de nos jours.
Une question qui mérite réflexion se pose alors. Dieu est-il homophobe ?
Vieux célibataire endurci, Dieu n’a jamais été un adepte de la parité homme-femme, même si ses anges n’ont, c’est bien connu, pas de sexe. Il a envoyé son fils (et non pas une fille) sur terre et son entourage le plus immédiat semble être à très forte majorité masculin. Cela dit, s’il était à tendance homosexuelle, Dieu n’aurait certainement pas inventé Eve pour qu’elle puisse former, avec Adam, une famille qui, c’est vrai, n’a pas été, malgré la présence d’un père et d’une mère, un exemple parfait de l’amour fraternel.
On a parfois l’impression que le Créateur s’est souvent contenté de respecter les lois dites « de la nature » et qu’en l’occurrence il a tenu à faire jouer ce que Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle, a appelé, ce matin à Lourdes, « l’altérité nécessaire pour donner la vie ».
Personne n’aurait aujourd’hui l’idée saugrenue de reprocher à un bon musulman de croire les paroles du Prophète. Peut-on reprocher à des évêques d’être fidèles à leurs textes sacrés, surtout quand ils semblent énoncer des vérités premières car Mgr Housset a raison, l’altérité est nécessaire pour donner la vie ? On peut le rappeler sans être pour autant homophobe.
On accuse l’Eglise de France de vouloir intervenir dans le débat politique avant la présentation par le gouvernement d’un texte légalisant le mariage homosexuel. Mais, dans un Etat laïc, tous les citoyens, même en soutane, ce qui n’est d’ailleurs plus guère le cas, ont parfaitement le droit de prendre la parole et personne n’est obligé de s’enticher des modes parisiennes et de suivre au pas de l’oie les diktats des lobbies.
Pour épater le bourgeois et plaire à ces fameux lobbies, le gouvernement veut autoriser le mariage homosexuel, donner le droit de vote aux étrangers et légaliser l’euthanasie si ce n’est la drogue. Nombreux sont, sans doute, les Français qui préféreraient que François Hollande et Jean-Marc Ayrault se préoccupent d’abord des salariés d’Aulnay-sous-Bois et des jeunes loubards d’Amiens. Il y a des urgences plus urgentes que d’autres…

15 Août 2012 | Comments (20)

Amiens après Aulnay

On a beau être socialiste, bourré de bonnes intentions et avoir de l’imagination, il y a des réalités qui ont la vie dure et en face desquelles les promesses électorales, les déclarations intempestives et les coups de menton sont toujours dérisoires.
Arnaud Montebourg est, évidemment, ridicule quand il affirme qu’il sauvera les emplois des salariés de PSA à Aulnay-sous-Bois. Tout ministre du « redressement productif » qu’il soit, il n’a aucun moyen pour trouver, dans les semaines qui viennent, des acheteurs pour les voitures de Peugeot ou de Citroën.
A Amiens, Manuel Valls, notre flamboyant ministre de l’Intérieur, vient, lui aussi, de faire la connaissance des cruautés de la réalité. En face de ce qu’on appelle pudiquement « la violence des quartiers », il n’y a rien d’autre à faire, dans l’immédiat, que d’envoyer la police.
Aulnay et Amiens sont les deux premières étapes du chemin de croix qui attend la nouvelle équipe au pouvoir. L’emploi et la sécurité sont les premières préoccupations (légitimes) des Français. Pendant dix ans, la gauche n’a pas eu de mots assez durs pour reprocher à la droite d’être incapable de lutter contre le chômage et l’insécurité.
Nicolas Sarkozy nous avait promis qu’en travaillant plus on gagnerait plus et qu’il saurait nettoyer « la racaille » au « karcher ». Le chômage n’a fait qu’augmenter et « la racaille » fait la loi dans de plus en plus de quartiers.
Pas de chance pour les socialistes, ce sont maintenant eux qui sont au pouvoir, nez-à-nez avec les plans de licenciement et les bandes de voyous qui cassent tout.
On ne peut pas leur reprocher de n’avoir pas, en cent jours, régler ces deux problèmes. La ré-industrialisation du pays et l’intégration des jeunes sans formation, sans emploi, de nos banlieues exigent des politiques de longue haleine.
Mais, pour l’instant, François Hollande et ses amis semblent tout aussi désarmés que leurs prédécesseurs. Comme eux, ils déclarent que les licenciements sont « inacceptables » et les violences « intolérables ». C’est un peu court. Comme eux, ils échafaudent des usines à gaz pour l’emploi avec des emplois aidés, comme eux, ils envoient des renforts de police dans les quartiers « difficiles ». Ce sera tout aussi inutile. Visiblement, le changement annoncé n’est pas pour aujourd’hui.
N’y a-t-il vraiment rien d’autre à faire ?
Il faudrait, d’abord, reconnaitre que les deux problèmes –le chômage et les violences- sont étroitement liés. Certes, ces jeunes qui ont « la haine », qui s’en prennent aux édifices publics et qui attaquent les forces de l’ordre sont souvent issus d’une immigration mal gérée depuis des décennies. Mais ce sont, avant tout, des jeunes exclus de notre société, parce que voués au chômage et donc sans aucun avenir. Victor Hugo disait « Ouvrez une école et vous fermerez une prison ». On pourrait dire aujourd’hui : « Trouvez-leur un emploi et ils ne brûleront plus de voitures ».
Il faudrait, ensuite, reconnaitre une autre évidence. L’Etat ne pourra jamais créer des emplois productifs. Il peut en détruire, ce qu’il fait depuis des décennies, en écrasant les entreprises à coups de charges et de réglementations. Mais ce sont les entreprises, et elles seules, qui créent de la richesse et de l’emploi. On doit se répéter sans cesse les deux phrases de Pompidou « Trop d’impôt tue l’impôt », « Le problème du partage serait grandement facilité si on avait davantage à partager ».
Or, même s’ils nous parlent sans cesse de « la compétitivité », on ne voit rien à l’horizon qui soit en faveur de l’investissement, de l’innovation ou même de la consommation.
Après cent jours, Hollande, Ayrault et son gouvernement se trouvent au pied du mur, les bras ballants. Montebourg fustige les patrons, Valls envoie la police. On aurait pu espérer autre chose.

15 Août 2012 | Comments (7)

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