Manuel Valls n’est sans doute pas le plus mauvais des ministres du nouveau gouvernement.
Depuis qu’il s’est installé place Beauvau, il a plutôt fait bonne impression sur les questions de sécurité en ne reprenant pas à son compte les vieilles rengaines de gauche et en affirmant très clairement qu’il était du devoir de l’Etat d’assurer la sécurité des citoyens. Contrairement à un bon nombre de ses amis, il ne va pas accuser en permanence la société d’être responsable de tous les crimes et de tous les délits et il a déjà fait savoir qu’il était résolument du côté des victimes et non pas du côté des loubards. Une bonne surprise à laquelle semblent avoir été sensibles les policiers. On voit qu’il a été longtemps le maire d’une ville particulièrement difficile, Evry, et qu’il a donc été confronté quotidiennement à tous les problèmes de la délinquance, petite ou grande.
On l’attend, naturellement, aux actes et on attend aussi les conflits qu’il va inévitablement avoir avec sa collègue de la Justice, l’ineffable Christiane Taubira qui ne semble pas avoir la même conception que lui de la protection des personnes et des biens. Les relations entre la place Beauvau et la place Vendôme ont toujours été délicates, elles vont sans doute être maintenant explosives.
Cela dit, en succédant à Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux et Claude Guéant, Valls ne pouvait apparaitre que comme un grand ministre.
Mais le premier flic de France se trouve être aussi, même si ce n’est plus précisé dans ses attributions, ministre des cultes. Et c’est sans doute à ce titre qu’il vient d’inaugurer la Grande Mosquée de Cergy, dans le Val d’Oise. Certains se demanderont, sûrement, s’il appartient vraiment à un ministre de la République (laïque) d’inaugurer une mosquée. Les archives n’ont pas gardé trace de la présence d’un membre du gouvernement lors de l’inauguration, en 1996, de la cathédrale d’Evry, dernière cathédrale construite en France (et unique cathédrale à avoir été édifiée dans notre pays au cours de XXème siècle). Mais là n’est pas le plus important.
Ce que l’on retiendra surtout ce sont les propos du ministre qui a déclaré textuellement à l’ombre du nouveau minaret : « L’Islam est un élément constitutif à part entière de la France d’aujourd’hui, indépendant de la tutelle étrangère et respectueux de la laïcité ». Chaque mot, ou presque, surprend dans cette seule phrase.
Personne ne conteste que l’Islam, deuxième religion de France, soit présent en France mais est-il « constitutif » pour autant ? « Constitutif » signifie « former l’essence, la base de quelque chose ». Dans une Europe qui a refusé de reconnaitre ses racines chrétiennes, on s’étonne que le ministre considère que l’Islam forme désormais l’essence de la France.
« A part entière » semble aussi un peu excessif. « A part » aurait sans doute été suffisant.
Mais on sursaute quand Valls ose affirmer que l’Islam en France est « indépendant de la tutelle étrangère ». La très grande majorité de nos imams sont des étrangers, Algériens, Marocains ou venant du Golfe. Les fonds qui alimentent nos mosquées arrivent d’Arabie Saoudite ou des émirats, notamment du Qatar. Et l’écrasante majorité, là encore, des fidèles est constituée d’étrangers, Maghrébins ou ressortissants des pays d’Afrique noire.
Et dire que l’Islam est « respectueux de la laïcité » relève évidemment de l’absurdité. Par définition, aucune religion digne de ce nom ne peut respecter la laïcité. Si le catholicisme a fini par admettre la séparation de l’Eglise et de l’Etat c’est parce qu’il y a été contraint et que les églises s’étaient vidées. Or, pour les Musulmans, pouvoir temporel et pouvoir spirituel sont indissociables depuis le Prophète. Pour eux, le Coran et la Charia l’emporteront toujours sur toutes les constitutions et toutes les lois de toutes les démocraties.
On s’étonne donc et même on s’inquiète de la naïveté du ministre qui a terminé son laïus en ajoutant : « Je ne veux pas que soient confondues les questions d’immigration, d’intégration et les questions liées au culte ». Là, Valls n’est plus naïf. Il se moque carrément du monde.
Le vrai problème de l’immigration et l’échec de toutes nos politiques d’intégration ont une raison fondamentale : l’Islam qui fait que nos immigrés musulmans forment inévitablement une communauté à part qu’il est pratiquement impossible d’intégrer dans notre société.
Immigré espagnol, n’ayant acquis la nationalité française qu’à l’âge de 20 ans, Valls est mieux placé que personne pour savoir que le problème n’est pas le même quand il s’agit d’accueillir et d’intégrer un Espagnol catholique ou un Malien musulman. L’immigré espagnol ne pose aucun problème et la France a intégré des centaines de milliers d’Espagnols, de Portugais, de Polonais ou d’Italiens au cours du XXème siècle, sans grande difficulté.
L’Islam est aujourd’hui pour la France un énorme problème qu’on ne résoudra pas en racontant n’importe quoi et en évoquant les balivernes d’un « Islam à la française », laïc, sans aucun lien avec le monde musulman et « constitutif » de la Nation française.
Il faut ouvrir les yeux, reconnaitre le danger que représentent pour notre cohésion nationale « la peste communautariste » et un Islam renaissant et conquérant et s’en tenir à notre vieux principe de la laïcité qui veut que l’Etat ignore « respectueusement » les croyances de chacun et ne tolère aucun débordement.
Valls s’est pris les pieds dans le tapis de prière.

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