On savait qu’Arnaud Montebourg n’avait pas toujours le sens du ridicule. Il semble qu’il n’ait pas non plus celui des réalités. Nommé ministre du « redressement productif », il souhaite visiblement faire ses preuves et, avec une naïveté confondante, il s’imagine qu’étant « au pouvoir » il a le moindre pouvoir sur les cruelles lois de l’économie.
Il veut faire rendre gorge à la direction de PSA et à la famille Peugeot. Comme un juge d’instruction, il convoque dans son bureau le patron de PSA et Thierry Peugeot, les accuse de tous les maux et veut les traîner si ce n’est en justice du moins dans la boue pour avoir fomenté un plan de licenciement massif et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois.
L’avocat qu’il est aime les effets de manche. Blum s’en prenait aux 200 familles, plus modeste, lui, s’en prend à la famille Peugeot qui symbolise, sans doute, à ses yeux l’abominable capitaliste totalement incompétent et qui se goberge sur les malheurs de ses salariés. Il veut bouffer du… Lion
Montebourg ignore que la France est encore un pays un tout petit peu libéral où les entreprises privées ne sont pas aux ordres de l’Etat (fut-il socialiste) et même s’il est arrivé à l’Etat d’aider financièrement ces entreprises.
On nous parle d’une « partie de bras de fer » entre le ministre et Peugeot et on ajoute que « c’est le pot de fer contre le pot de terre ». Oui, mais il faut alors préciser que le pot de terre c’est Montebourg avec ses rodomontades et que le pot de fer contre lequel il va immanquablement se fracasser ne s’appelle pas Thierry Peugeot mais la mondialisation, c’est-à-dire en clair la compétitivité.
Les patrons de Peugeot-Citroën ont, peut-être, commis des erreurs stratégiques, lancé à contretemps certains modèles, attaqué de mauvais marchés. Montebourg peut, puisqu’il n’a pas peur du ridicule, leur faire beaucoup de reproches et même leur faire la leçon en tentant de leur apprendre comment on doit fabriquer et vendre des voitures.
Mais ils pourront alors lui demander comment et pourquoi, au cours des trois seules dernières années, plus de 900 usines ont fermé en France mettant plus de 100.000 salariés sur le carreau. Ces 900 usines n’appartenaient pas toutes à d’affreux milliardaires incompétents.
Le drame de PSA est moins imputable à la direction du groupe qu’au système français qui a détruit notre industrie. Il faudra bien un jour qu’on le reconnaisse et qu’on en tire les conclusions qui s’imposent.
Au lieu de vouloir jouer les sans-culottes en mettant les patrons à la lanterne, Montebourg ferait mieux de faire savoir à François Hollande et à Jean-Marc Ayrault que, si on veut avoir une petite chance de redresser la production française, ce ne sera ni en trainant les patrons honnis devant le tribunal populaire de l’opinion, ni en massacrant les classes dites « aisées » à coup de nouveaux prélèvements, ni en réduisant le pouvoir d’achat de 9 millions de salariés et la compétitivité des PME (par la re-fiscalisation des heures supplémentaires) mais bien en libérant les entrepreneurs, seuls créateurs d’emplois et de croissance, de toutes les contraintes que des décennies de socialisme rampant leur ont imposées.
Montebourg nous raconte qu’il veut empêcher PSA de licencier. C’est absurde. Il ne pourrait le faire que s’il pouvait trouver, en France ou à travers le monde, de nouveaux clients pour la C3 ou pour la 308.
Jospin avait déclaré : « L’Etat ne peut pas tout ». On le lui avait beaucoup reproché mais il avait parfaitement raison. D’ailleurs, dans le domaine économique, on lui demande surtout d’en faire le moins possible. On ne lui demande que de ne plus empêcher les entrepreneurs d’entreprendre. Or depuis des décennies cet Etat a surtout mis les entrepreneurs les pieds dans le béton.

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