Personne ne sait dans quel état sera la France en 2017, à la fin du mandat de François Hollande, où en sera notre économie, c’est-à-dire le taux de chômage, notre compétitivité, notre balance commerciale, le niveau de vie des Français, notre dette, nos déficits. Et les premières semaines du quinquennat, avec le matraquage des riches (et des moins riches) et ce refus de couper dans les dépenses ne rend pas optimiste. Mais ce qui est sûr c’est que les homosexuels pourront se marier et adopter des enfants, que les agonisants pourront être achevés et que les étrangers pourront voter.
Rien ne dit que cela suffise à rendre heureux les Français qui ne sont pas tous homosexuels, mourants ou même étrangers. Mais cela permettra à notre pays de prendre, dans le domaine qu’on appelle « le sociétal », une sérieuse avance sur des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil qui sont en train de devenir les maitres de la planète.
Chacun son truc. Les uns produisent, innovent, jouent à fond la croissance pour élever leur niveau de vie, les autres préfèrent si ce n’est débattre du sexe des anges du moins remettre en cause ce qui fut longtemps la base de leur société où l’on ne mariait entre eux que les hétérosexuels, où la médecine avait pour vocation de lutter contre la mort et où seuls les citoyens avaient la parole dans les affaires de l’Etat.
On aimerait connaitre la réaction d’un Chinois, qu’il soit milliardaire ou esclave dans une usine, apprenant les grands thèmes de préoccupation de nos dirigeants.
Il est évident qu’il est plus facile de détruire pierre à pierre les fondements d’une société, a fortiori si elle est moribonde, que de reconstruire une économie. Cela ne coûte rien, cela fait plaisir à quelques petites minorités agissantes et, surtout, cela permet de distraire une opinion publique pour lui faire oublier l’essentiel.
On ignore le nombre exact d’homosexuels souhaitant vraiment se marier, d’incurables désirant vraiment la mort et d’étrangers n’ayant entrepris aucune démarche pour devenir français mais voulant vraiment voter. Cependant on sait qu’il y a 4,5 millions de chômeurs à la recherche d’un emploi et plus de 8 millions de nos compatriotes (13% de la population) qui vivent, ou plutôt tentent de survivre, sous la ligne de pauvreté (revenu mensuel inférieur à 795€).
Ce sont ces 4,5 millions de chômeurs et ces 8 millions de pauvres qui devraient être la seule préoccupation de nos responsables politiques. Tout le reste n’a strictement aucune importance même si l’on peut toujours discuter d’améliorations éventuelles du Pacs, des textes sur « la fin de vie » et des règles sur l’accueil des étrangers.
On peut d’ailleurs déjà imaginer que, dès que la situation se dégradera encore –c’est-à-dire dans peu de temps-, François Hollande et ses amis donneront raison à Cécile Duflot et à Najat Vallaud-Belkacem et nous ouvriront de grands débats (avec commissions et rapports à la clé) sur la dépénalisation des drogues dites « douces » et l’interdiction de la prostitution, deux « combats » que ces deux jeunes femmes ont déjà évoqués.
En s’attaquant à tous ces dossiers, la gauche nous dit qu’elle entend « faire progresser la société ». Elle oublie, d’abord, que les lois n’ont jamais fait progresser la société qui avance à son rythme sans demander la moindre autorisation aux législateurs qui ne peuvent qu’entériner, modestement, ces lentes évolutions. Or, aujourd’hui, la société française dans son ensemble se refuse à accepter le mariage homosexuel, l’euthanasie, le vote des étrangers, et la dépénalisation des drogues et ne croit pas une seconde qu’un texte puisse mettre fin au « plus vieux métier du monde ». Les Français ont d’autres soucis en tête.
Mais, ensuite, la gauche joue là à l’apprenti-sorcier en voulant détruire les dernières bases de notre société, la famille, la lutte pour la vie, les règles de la démocratie, le refus des « paradis artificiels ».
François Hollande nous avait dit que la jeunesse était sa priorité. Pense-t-il vraiment que les jeunes Français qui ne savent plus ce que c’est que d’être français et qui considèrent qu’ils n’ont aucun avenir dans leur pays seront soudain rassurés parce que les homosexuels pourront se marier, qu’on accélèrera la mort des vieux et des incurables, que n’importe qui pourra voter et que le cannabis sera en vente libre ?
La jeunesse de 2012 n’est pas soixante-huitarde. Elle est au chômage et angoissée par l’avenir. Elle ne rêve pas de vivre en communauté sur le Larzac, en élevant des moutons et en fumant des pétards. Elle a peut-être tort mais elle veut du travail, de l’argent, un logement, pouvoir fonder une vraie famille et une société cohérente qui préfère les bonnes vieilles lois de la nature à toutes les fantasmagories des idéologies passées et dépassées.
Hollande a été élu parce qu’il promettait « le changement ». Mais il semble qu’il y ait eu un malentendu sur ce mot de « changement ». La majorité des Français voulaient changer de président, bien sûr, mais aussi changer un système qui creuse les injustices, enrichit les riches, appauvrit les pauvres, stérilise le pays et laisse de plus en plus de monde, à commencer par les jeunes, sur le bord de la route. Ils ne voulaient pas changer de société.
Le titre donné à Montebourg est un peu ridicule mais il est vrai que « le redressement productif » devrait être le seul objectif de l’équipe au pouvoir.
En jouant avec « le sociétal », les socialistes veulent amuser la galerie, choquer le bourgeois et gagner du temps. Or, la galerie n’a plus envie de s’amuser, il n’y a plus de bourgeoisie et il n’y a surtout pas de temps à perdre.

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