Jean-Marc Ayrault l’a dit et répété, le gouvernement entend appliquer à la lettre toutes les promesses de François Hollande en redressant le pays « dans la justice » et donc en mettant fin à tous… les privilèges.
Les hétérosexuels vont perdre leur privilège d’être les seuls à pouvoir se marier, les Français ne seront plus les seuls à avoir le droit de vote dans leur pays, les politiciens ne pourront plus être à la fois parlementaires et maires de leur bourgade, les grands partis devront, par la proportionnelle, faire une place aux groupuscules, les riches seront matraqués. Cette journée du 3 juillet a été une nouvelle nuit du 4 août.
Nous ne savions pas qu’il y avait autant d’injustices dans notre pays et rares étaient les hétérosexuels et les citoyens français qui se considéraient comme des privilégiés. Aujourd’hui, pour avoir les honneurs de ce nouveau régime, il vaut mieux être pauvre, homosexuel et étranger.
Le Premier ministre nous ayant aussi annoncé qu’il révisait à la baisse les espoirs de croissance, de 0,4 à 0,3% pour 2012 et de 1,7 à 1,2% pour 2013, on aurait aimé qu’il s’étende davantage sur ce problème de l’absence de croissance (et donc de l’aggravation prévisible du chômage) que sur le mariage des homosexuels, le droit de vote des étrangers, le non-cumul des mandats ou la proportionnelle qui sont, certes, des sujets intéressants mais qui relèvent tout de même des gadgets démagogiques aux yeux d’une énorme majorité de la population confrontée chaque jour davantage aux difficultés de la vie. Beaucoup de Français espéraient que le changement annoncé serait tout autre chose.
Mais cette obsession de justice se poursuit aujourd’hui. Il n’y a, en effet, aucune raison que les riches soient les seuls à bénéficier du privilège d’être écrasé d’impôts. En présentant, ce mercredi, le collectif budgétaire rectificatif, le gouvernement nous annonce, sans le dire, qu’au nom de l’équité les moins riches vont, aussi, avoir à participer à l’effort collectif. Comme ça tout le monde sera content.
Le Premier ministre nous affirme qu’il ne renoncera à rien, à aucune des promesses du candidat Hollande. Il confirme que le gouvernement embauchera 60.000 nouveaux fonctionnaires dans l’Education Nationale, qu’il créera 150.000 emplois d’avenir, qu’il mettra en oeuvre le pacte générationnel, qu’on construira 500.000 logements par an dont 150.000 logements sociaux. Bref, s’il se refuse à parler d’austérité, il ne renonce à rien, pas même à prendre les Français pour des gogos.
Les élections étant terminées, on ne comprend pas pourquoi ils continuent à nous raconter n’importe quoi.

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