Après avoir copieusement insulté les dirigeants de PSA, « Montebourg-la-grande-gueule » nous avait promis un vaste plan pour sauver l’industrie automobile. On était donc en droit d’espérer une série d’annonces qui allaient permettre à Peugeot-Citroën de sortir très vite du gouffre dans lequel il dégringole, en clair de retrouver des clients, c’est-à-dire un minimum de compétitivité.
Tout le monde est d’accord pour accuser PSA d’avoir fait, ces dernières années, de mauvais choix stratégiques en présentant des modèles inadaptés aux désirs de la clientèle et en s’attaquant trop tardivement aux marchés les plus porteurs.
Mais tout le monde reconnait aussi que les difficultés actuelles de notre constructeur automobile symbolisent parfaitement, à elles seules, tout le drame de la désindustrialisation de notre pays.
Si la 608 était, peut-être, invendable et si PSA a, sûrement, tardé à s’implanter en Chine, il ne faut pas oublier que la France a, aussi, perdu deux millions d’emplois industriels ces trente années, 100.000 emplois industriels, avec la fermeture de 900 usines, ces trois dernières années.
On aimerait que l’annonce par PSA de la suppression de 8.000 emplois et de la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois ouvre enfin les yeux de nos dirigeants sur ce drame national qu’est la désindustrialisation du pays.
Trainer Philippe Varin et la famille Peugeot dans la boue est aussi démagogique qu’inutile. Les vrais responsables de la déconfiture de PSA, comme de celle de toute notre industrie en général, s’appellent coût du travail et manque de flexibilité. Chacun le sait, personne ne veut le dire.
A force de paralyser nos entreprises dans une chape de béton avec une fiscalité insupportable, un code du travail d’une autre époque et des règlements qui les tétanisent, il ne faut pas s’étonner qu’elles n’aient plus le cœur –ni surtout les moyens- d’innover, de se battre contre la concurrence étrangère et de partir à la conquête de nouveaux marchés. Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, le déficit abyssal de notre balance du commerce extérieur qui se creuse d’année en année n’est pas dû à l’incompétence des patrons français.
On attendait donc du gouvernement et notamment du ministre du « redressement productif » un vaste plan « révolutionnaire » permettant une véritable ré-industrialisation de la France, avec des incitations à l’investissement et à l’innovation, un allégement des charges, l’introduction d’une bonne dose de flexibilité, autant dire une libération de toutes nos entreprises, seules créatrices -faut-il le rappeler ?- de richesses et d’emplois.
Or, au lieu de s’attaquer au vrai problème de notre désindustrialisation dans une économie mondialisée et sans pitié, Montebourg n’a rien trouvé de mieux que… d’augmenter le bonus en faveur des voitures dites « propres ». C’est, évidemment, dérisoire. « La grande gueule » joue « petits bras ». On ne sait pas s’il faut parler de « rustines » ou de « cautères sur une jambe de bois ». L’ennemi de la globalisation veut sans doute caresser dans le sens du poil Cécile Duflot. On imagine que les constructeurs allemands ont dû bien rigoler en apprenant ce « plan de sauvetage de l’industrie automobile française ».
L’avenir lointain est, peut-être, aux voitures électriques. Selon les experts, ces véhicules propres représenteront 10% du parc automobile dans… dix ans. Cette année, ceux qui se sont lancés dans l’ aventure espèrent en écouler 27.000. Renault vient de retarder, pour des raisons techniques, la sortie de sa Zoé, prévue initialement à la fin de l’année, et, pour l’instant, les seuls bénéficiaires des mesures annoncées par Montebourg vont être Daimler qui construit une Smart électrique en Moselle et Toyota avec sa Yaris hydride, montée à Valenciennes.
Tant que l’autonomie des voitures électriques sera aussi réduite et qu’il n’y aura pas des bornes électriques un peu partout, la voiture « verte » n’est qu’un gadget pour militants écologistes.
Mercedes et Volkswagen ont encore de beaux jours devant eux dans notre pays. Et Montebourg n’a pas sauvé un seul emploi chez PSA.

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