Archives par moisjuillet 2012



Le ramadan, la République et les communistes

Une municipalité vient de licencier quatre moniteurs de colonie de vacances sous prétexte qu’ils respectaient le ramadan et qu’ils ne pouvaient donc pas avoir la plénitude de leurs moyens pour assurer la sécurité des enfants dont ils avaient la charge.
On imagine le tollé que cette décision aurait provoqué si la municipalité en question avait été de droite et a fortiori d’extrême-droite. Toutes les associations droits-de-l’hommistes se seraient mobilisées, une très bonne partie de la presse aurait accusé le maire d’être raciste, xénophobe, islamophobe et il est vraisemblable que quelques ténors du parti socialiste se seraient, de la tribune de l’Assemblée, déchainés contre ce qu’ils auraient considéré comme une grave atteinte à la liberté de culte.
Or, il se trouve que cette municipalité n’est autre que celle de Gennevilliers, un des derniers grands bastions du Parti communiste français dans la région parisienne.
On a souvent oublié que les élus communistes avaient toujours été à la pointe du combat contre les immigrés et que ce sont des maires communistes qui ont été les premiers (et jusqu’à présent les seuls) à faire détruire au bulldozer des habitations sauvages de travailleurs maghrébins.
Cette décision de la mairie de Gennevilliers est pleine de bon sens. Il est évident que des moniteurs qui ne s’alimentent ni ne s’hydratent pas pendant toute la journée sont incapables d’encadrer des enfants qui chahutent, qui s’adonnent à tous les sports, qui nagent dans la mer. La colonie de vacances était celle de Port d’Albret, dans les Landes.
Mais cette décision pose aussi tout le problème de l’Islam dans notre société. Si personne ne conteste à personne le droit de choisir le dieu qu’il veut honorer, la pratique intransigeante de certaines religions est totalement incompatible avec notre société.
Le ramadan mais aussi le port du voile, la polygamie, l’excision, la discrimination sexiste, la nourriture hallal n’ont pas leur place dans une République laïque, égalitaire et moderne au sens où nous l’entendons.
Nos dirigeants nous ont bassinés pendant des années avec « le droit à la différence » sans se rendre compte que cela nous conduisait tout droit à « la différence du droit » et donc à la création de communautés et de ghettos, autant dire à l’éclatement de notre unité nationale.
L’Islam n’est tolérable en France que s’il respecte non seulement nos lois mais aussi nos usages. Il n’est pas admissible que, dans nos cantines scolaires, on offre maintenant des menus pour les uns, des menus pour les autres, que nos piscines municipales soient ouvertes à certaines heures pour les femmes, à d’autres pour les hommes, que, dans nos hôpitaux publics, certaines malades puissent exiger d’être soignées par des médecins femmes, que les allocations familiales puissent être versées à des familles polygames, etc.
Par idéologie, par démagogie mais surtout par lâcheté, nos responsables ont cédé point par point, petit à petit, et ont laissé grignoter notre grand principe de la laïcité qui, seul, pouvait nous permettre de maintenir un semblant de cohésion dans notre société bousculée par toutes les formes de la mondialisation et devenue multiethnique, multiculturelle, multi-tout et n’importe quoi.
Pour une fois, on est bien obligé de donner raison à des communistes. N’importe qui a, certes, le droit de jeuner pendant un mois, mais n’importe quel employeur a le droit de considérer que cette abstinence rend ce salarié inapte au travail pour lequel il est employé.
Il serait, sans doute, bon que les musulmans vivant en Occident et désirant y rester se souviennent que toutes ces lois de l’Islam ont été édictées il y a de nombreux siècles, au fin fond du désert d’Arabie, et qu’elles sont aujourd’hui, à l’heure de l’internet, de la parité et des plats congelés, totalement dépassées.
Et ceux qui rêvent naïvement d’un « Islam à la française » ne comprennent pas que cet Islam renaissant et conquérant ne souhaite pas de se fondre dans notre société mais bien la mettre à terre.
Il faudra bien, un jour, qu’on finisse par se rendre compte que cet Islam, dès qu’il devient intransigeant, est totalement incompatible avec une société comme la notre, laïque, démocratique et qui, plus est, qu’on le veuille ou non, judéo-chrétienne. Il faudra donc que les uns ou les autres capitulent et abandonnent si ce n’est leurs croyances du moins leur mode de vie.
Hélas, mis à part à la mairie de Gennevilliers, nombreux sont nos élus qui semblent tout prêts à capituler.

31 Juil 2012 | Comments (17)

Fiers d’être britanniques, honteux d’être français

Même si l’on ne s’intéresse guère au sport, il est difficile d’ignorer que les Jeux Olympiques se déroulent actuellement à Londres et, avant de s’émerveiller devant les prouesses des uns et de s’étonner des contre-performances des autres, il y a une chose qui frappe. C’est l’engouement des Britanniques pour cette énorme manifestation.
Mieux encore. Mis à part les quelques ronchons qui râlent en se demandant combien tout ça va coûter aux contribuables ou qui sont furieux des embouteillages que cela provoque dans les rues de Londres, tous les Britanniques qu’interrogent les télévisions se disent « fiers d’être Britanniques ». Les jeunes, les vieux, les riches, les pauvres, les blancs, les noirs, ceux qui ont des allures de lord comme ceux qui ressemblent à des Hooligans.
Tous sont fiers de la cérémonie d’ouverture, fiers de leur reine qui a accepté de jouer un gag très british avant de s’endormir un peu dans la tribune officielle, fiers de voir toutes les caméras de la planète braquées pour deux semaines sur leur capitale.
Comme ils avaient d’ailleurs déjà été fiers d’être britanniques, il y a quelques semaines, lors du soixantième anniversaire du couronnement d’Elisabeth.
On se pose alors forcément une question. Nous arrive-t-il aussi, de temps en temps, à nous autres, d’être fiers d’être français ?
La dernière grande manifestation de liesse populaire commence à dater un peu. C’était en juillet 1998 quand la foule envahit les Champs Elysée après la victoire au Mondial de football de Zidane et de ses amis.
Certains avaient alors affirmé, un peu vite, qu’une nouvelle France « blanche, black, beurre » avait vu le jour et que les Blancs, les Blacks et les Beurres, agitant des drapeaux bleus, blancs, rouges, étaient enfin tous fiers d’être français. La suite des événements a malheureusement prouvé que ces jeunes avaient été fiers de la victoire beaucoup plus que de la France et que cette fierté n’empêchait pas certains d’entre eux de siffler La Marseillaise à la première occasion et dans ce même stade de France. Quoi qu’il en soit, depuis, on n’a plus jamais vu de foules manifester leur fierté d’être français.
On dira que la situation économique et sociale de notre pays n’incite guère à l’enthousiasme et à l’autosatisfaction. Mais les Britanniques connaissent les mêmes crises que nous, parfois en pire.
Le problème est ailleurs. Les Britanniques célèbrent leur grandeur passée, leurs victoires, leur domination, jadis, sur les mers, l’empire des Indes, quand le soleil ne se couchait jamais sur les terres de l’Union Jack.
Nous, nous ne nous complaisons que dans les pages les plus noires de notre Histoire. Il y a quelques semaines, nous commémorions la Rafle du Vel d’Hiv et du même coup la défaite de 1940 et la honte de la collaboration. Peu avant, nous commémorions le cinquantième anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie, une autre défaite, cette fois politique. Et nous en profitions pour faire l’auto-procès de notre politique coloniale et accuser notre armée des pires atrocités. Nous avons une Garde des Sceaux, indépendantiste guyanaise, qui s’est illustrée en faisant passer une loi qui fait de l’esclavage un crime contre l’humanité –ce qui est vrai- mais qui fait surtout passer la France pour un pays de criminel.
Et on pourrait multiplier à l’infini les exemples de ce masochisme institutionnel qui répète à satiété à nos jeunes que la France n’a jamais été qu’un pays vaincu, esclavagiste, colonialiste, tortionnaire. Pourtant ce ne sont pas les pages glorieuses, les épopées et les héros qui nous manquent.
Comment voudrait-on alors que les jeunes, blancs, blacks ou beurres, puissent être fiers d’être Français. Les blancs sont honteux, les autres bien souvent haineux.
Or, c’est connu, un pays qui a honte de son passé n’a pas d’avenir.

29 Juil 2012 | Comments (6)

Un socialiste face au « mal français »

On peut se demander si François Hollande, Jean-Marc Ayrault et leurs amis ne commencent pas à regretter la belle époque où ils étaient dans l’opposition. C’était tout de même le bon temps.
Ils pouvaient, en toute impunité, accuser Sarkozy et la droite d’être incapables de faire face à la montée du chômage, aux délocalisations, à la fermeture de nos usines, à la perte de notre compétitivité et à l’accroissement de nos déficits et de notre dette. A les entendre, « le président des riches » et ses « complices » conduisaient le pays à la catastrophe et, avec une évidente mauvaise foi, ils leur refusaient même l’excuse de la crise.
A force d’avoir fustigé la droite sarkozienne et son bilan, certes particulièrement mauvais, et en nous promettant « le changement maintenant », François Hollande l’a emporté et les Français, avec leur naïveté habituelle, ont voulu croire que tout allait, en effet, changer. Comme si « le gentil président normal » avait une baguette magique et allait pouvoir sortir de son chapeau des solutions pour les 4,5 millions de chômeurs et, dans un premier temps, en urgence, pour les salariés de PSA, d’Alcatel, d’Air France, de Sanofi, des opérateurs de téléphonie mobile et des innombrables entreprises de distribution ou du bâtiment sur le point de déposer à leur tour leur bilan.
Il est vrai qu’on était en droit de penser qu’après dix longues années d’opposition qui leur avaient donné tout le temps de la réflexion, les socialistes arrivaient au pouvoir avec quelques idées neuves. Ils nous avaient d’ailleurs affirmé, sans nous préciser leur mode d’emploi, qu’ils allaient, toutes affaires cessantes, s’attaquer au drame du chômage et au problème de la dette.
Les Français crurent que ces revenants ne voulaient pas leur révéler toutes leurs idées neuves puisque le candidat s’était contenté d’annoncer qu’il allait embaucher des fonctionnaires dans l’Education, instaurer de nouveaux contrats aidés et mettre en place des « contrats de génération » pour venir en aide aux jeunes et aux vieux. Et pour ce qui était des déficits, il prévoyait simplement de « faire payer les riches ». Personne n’était dupe. La gauche avait, évidemment, fourbi, dans le secret de la rue Solferino, d’autres armes que ces recettes éculées.
Ayant tous les pouvoirs, à l’Elysée, à Matignon, à l’Assemblée, au Sénat, dans les régions, dans les départements, on voulait donc espérer que cette gauche saurait s’en prendre aux vrais problèmes avec des initiatives inédites. Chacun savait d’ailleurs ce qu’il fallait faire.
Pour ressusciter le pays moribond, il fallait, de toute urgence et avant tout, remettre l’Etat à sa place, c’est-à-dire le limiter aux domaines régaliens, et libérer les « forces vives » du pays, c’est-à-dire permettre aux entrepreneurs, grands et petits et dans tous les secteurs, d’investir, d’innover, de partir à la conquête de nouveaux marchés, d’embaucher et même de licencier. Le tout, bien sûr, en tentant de sauvegarder non pas des « avantages acquis » d’une autre époque mais un minimum de protection sociale indispensable en période de crise et de chamboulements
En fait, le nouveau président doit, au milieu de la crise mondiale, de la crise européenne et de la crise française, s’attaquer à ce qu’on appelle depuis des décennies « le mal français » que certains préfèrent appeler « l’exception française ».
C’est quoi ce « mal français » ? C’est un système d’assistanat généralisé, avec des aides, des allocations, des subventions pour tous, et même pour ceux qui n’en ont pas forcément besoin, des hordes de fonctionnaires pléthoriques qui gèrent, qui contrôlent, qui sanctionnent, qui tétanisent chacun, des déluges de lois, de décrets, d’arrêtés, de textes qui interdisent toute initiative et, bien sûr, par la même occasion et du même coup, des taux de prélèvements obligatoires insupportables.
A quoi voit-on la différence entre un « Etat de libertés » et un « Etat collectiviste » ? Au poids des impôts, au nombre des fonctionnaires, à la masse des textes réglementaires et à la foule des assistés. Or, selon ces quatre critères indiscutables, la France n’est plus un pays de libertés depuis longtemps mais bel et bien un pays collectiviste et elle en crève. C’est « le mal français ». Tout le monde le sait, personne n’ose le proclamer.
François Hollande se trouve ainsi dans une situation pour le moins paradoxale. Socialiste jusqu’au bout des ongles, sa mission « historique » devrait être de… « désocialiser » la France.
Malheureusement, les débuts sont inquiétants. Au lieu de courir au secours des chefs d’entreprise pour leur permettre de sauver des emplois en repartant à la conquête des marchés, le ministre du redressement productif les traine dans la boue. Il les accuse d’être de « mauvais Français » et il va, sans doute, bientôt, leur reprocher de payer beaucoup trop de charges et d’avoir instauré les 35 heures et la retraite à 60 ans.
Et on s’aperçoit que ce ne sont pas seulement « les riches » qui vont devoir rendre gorge mais aussi les classes dites « moyennes » et même les salariés les plus modestes qui ne vont plus pouvoir améliorer leurs fins de moins difficiles avec quelques heures supplémentaires.
François Hollande n’a pas compris que la situation du pays, aggravée par la crise, ne nous permettait plus de nous offrir « le luxe » du socialisme, avec cet assistanat généralisé et cet Etat omnipuissant. Un Etat en faillite ne peut plus être un Etat providence et n’a plus à décider de tout pour tous. En ce début du XXIème siècle et à l’heure de la mondialisation, le socialisme doit être, au plus tôt, relégué dans le magasin des accessoires oubliés.
Au lieu de « détricoter » les textes mal fagotés que Nicolas Sarkozy avait, souvent bien maladroitement, tenté d’imposer, Hollande devrait, aussi curieux que cela puisse paraitre mais c’est une évidence, mener le programme sur lequel son prédécesseur avait été élu en 2007, celui d’une « rupture » radicale avec le passé, avec cette « exception française », socialisante et soixante-huitarde, qui a conduit le pays dans le mur.
On a souvent –et à juste titre- reproché à la droite de mener une politique de gauche. Il serait grand temps que la gauche, enfin au pouvoir, mène une politique… de droite, de redressement économique, d’investissements, de réindustrialisation, de baisses des prélèvements, de libération de toutes les forces vives.
Elle n’en prend pas le chemin.

29 Juil 2012 | Comments (10)

Grande gueule et petits bras

Après avoir copieusement insulté les dirigeants de PSA, « Montebourg-la-grande-gueule » nous avait promis un vaste plan pour sauver l’industrie automobile. On était donc en droit d’espérer une série d’annonces qui allaient permettre à Peugeot-Citroën de sortir très vite du gouffre dans lequel il dégringole, en clair de retrouver des clients, c’est-à-dire un minimum de compétitivité.
Tout le monde est d’accord pour accuser PSA d’avoir fait, ces dernières années, de mauvais choix stratégiques en présentant des modèles inadaptés aux désirs de la clientèle et en s’attaquant trop tardivement aux marchés les plus porteurs.
Mais tout le monde reconnait aussi que les difficultés actuelles de notre constructeur automobile symbolisent parfaitement, à elles seules, tout le drame de la désindustrialisation de notre pays.
Si la 608 était, peut-être, invendable et si PSA a, sûrement, tardé à s’implanter en Chine, il ne faut pas oublier que la France a, aussi, perdu deux millions d’emplois industriels ces trente années, 100.000 emplois industriels, avec la fermeture de 900 usines, ces trois dernières années.
On aimerait que l’annonce par PSA de la suppression de 8.000 emplois et de la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois ouvre enfin les yeux de nos dirigeants sur ce drame national qu’est la désindustrialisation du pays.
Trainer Philippe Varin et la famille Peugeot dans la boue est aussi démagogique qu’inutile. Les vrais responsables de la déconfiture de PSA, comme de celle de toute notre industrie en général, s’appellent coût du travail et manque de flexibilité. Chacun le sait, personne ne veut le dire.
A force de paralyser nos entreprises dans une chape de béton avec une fiscalité insupportable, un code du travail d’une autre époque et des règlements qui les tétanisent, il ne faut pas s’étonner qu’elles n’aient plus le cœur –ni surtout les moyens- d’innover, de se battre contre la concurrence étrangère et de partir à la conquête de nouveaux marchés. Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, le déficit abyssal de notre balance du commerce extérieur qui se creuse d’année en année n’est pas dû à l’incompétence des patrons français.
On attendait donc du gouvernement et notamment du ministre du « redressement productif » un vaste plan « révolutionnaire » permettant une véritable ré-industrialisation de la France, avec des incitations à l’investissement et à l’innovation, un allégement des charges, l’introduction d’une bonne dose de flexibilité, autant dire une libération de toutes nos entreprises, seules créatrices -faut-il le rappeler ?- de richesses et d’emplois.
Or, au lieu de s’attaquer au vrai problème de notre désindustrialisation dans une économie mondialisée et sans pitié, Montebourg n’a rien trouvé de mieux que… d’augmenter le bonus en faveur des voitures dites « propres ». C’est, évidemment, dérisoire. « La grande gueule » joue « petits bras ». On ne sait pas s’il faut parler de « rustines » ou de « cautères sur une jambe de bois ». L’ennemi de la globalisation veut sans doute caresser dans le sens du poil Cécile Duflot. On imagine que les constructeurs allemands ont dû bien rigoler en apprenant ce « plan de sauvetage de l’industrie automobile française ».
L’avenir lointain est, peut-être, aux voitures électriques. Selon les experts, ces véhicules propres représenteront 10% du parc automobile dans… dix ans. Cette année, ceux qui se sont lancés dans l’ aventure espèrent en écouler 27.000. Renault vient de retarder, pour des raisons techniques, la sortie de sa Zoé, prévue initialement à la fin de l’année, et, pour l’instant, les seuls bénéficiaires des mesures annoncées par Montebourg vont être Daimler qui construit une Smart électrique en Moselle et Toyota avec sa Yaris hydride, montée à Valenciennes.
Tant que l’autonomie des voitures électriques sera aussi réduite et qu’il n’y aura pas des bornes électriques un peu partout, la voiture « verte » n’est qu’un gadget pour militants écologistes.
Mercedes et Volkswagen ont encore de beaux jours devant eux dans notre pays. Et Montebourg n’a pas sauvé un seul emploi chez PSA.

26 Juil 2012 | Comments (8)

Vel d’Hiv : « la France » est-elle coupable?

La rafle du Vel d’Hiv constitue, à elle seule, l’une des pages les plus noires, les plus honteuses de notre histoire. Ce sont des policiers français qui ont arrêté, ce 16 juillet 1942, 13.000 juifs à Paris et en banlieue pour complaire à l’occupant nazi. L’ignominie avait d’ailleurs commencé dès 1940 avec les lois anti-juives prises par le gouvernement de Pétain.
Mais « la France » est-elle coupable de cette infamie ? Jacques Chirac a été, en 1995, le premier président de la République à l’affirmer.
Certes, Philippe Pétain avait reçu les pleins pouvoirs par un vote des parlementaires et la très grande majorité des Français, abasourdis par la défaite, l’acclamait.
Mais le gouvernement de Vichy n’était pas « légal » pour autant. Dans une démocratie les élus du peuple ont tous les droits sauf un : celui de remettre leurs pouvoirs à d’autres. La Chambre des députés, élue en 1936 (c’était donc celle du Front populaire, on l’a oublié) n’avait, juridiquement, pas le droit de se suicider et de permettre au vieux maréchal de remplacer la République par l’Etat français.
On dira qu’il s’agit là d’un débat de constitutionnalistes et que si Vichy n’était peut-être pas « légal » au sens strict du terme, l’adhésion incontestable du peuple donnait à Pétain toute sa « légitimité » et qu’il incarnait donc bel et bien les Français.
Incarnait-il « la France » ? Toute la question est là.
Pour certains, la France n’est qu’un pays comme les autres qui, au fil des siècles, a connu ses heures de gloire et de honte, ses victoires et ses défaites, faisant preuve tantôt de courage, souvent de lâcheté et se devant d’assumer le meilleur et le pire d’un passé forcément chaotique.
Pour d’autres, la France est « une idée » qu’ils se font, « un idéal » qu’ils revendiquent avec fierté et qu’ils sont prêts à offrir en exemple à l’univers tout entier. C’est le pays de Montaigne, de Descartes, de Voltaire, des Soldats de l’an II, des Droits de l’homme, de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. Pas celui de Sedan, de l’affaire Dreyfus, de la débâcle de 40, de Dien Bien Phu ou de la torture en Algérie.
Chacun se fait donc « une certaine idée de la France », comme disait l’autre.
Personne ne conteste que « l’Etat français » ait commis l’irréparable mais quelques-uns pensent qu’en 1942 « la France » n’était pas à Vichy mais à Londres. Ils n’étaient peut-être qu’une poignée autour d’un général à titre provisoire alors que des foules considérables se pressaient autour du vainqueur de Verdun mais dès lors qu’ils avaient refusé le déshonneur de la défaite et la honte de la collaboration c’étaient bien eux qui étaient « la France », sans doute vaincue, sans doute en exil mais fidèle à cette « certaine idée ».
Aujourd’hui, l’heure est à la repentance. Non seulement on préfère célébrer l’anniversaire de Trafalgar plutôt que celui d’Austerlitz, mais on apprend avec délectation aux jeunes que la France a surtout été un pays esclavagiste, colonialiste, collaborateur. C’est sans doute un peu vrai. Mais alors il ne faut pas s’étonner si, à force de nous voir pratiquer l’autoflagellation en nous vautrant dans la honte, les nouvelles générations n’ont plus vraiment foi en l’avenir de leur pays.
Le 16 juillet 1942 est, évidemment, une date qu’il ne faut pas oublier mais François Hollande aurait été bien inspiré en prononçant aussi un beau discours le 18 juin.
Il est bien dommage que, pour une fois, il ait préféré suivre l’exemple de Chirac plutôt que celui de Mitterrand qui, lui, a toujours affirmé que ce n’était pas « la France » qui avait commis l’irréparable mais le gouvernement de Vichy, déclarant « alors, il n’y avait qu’une France légitime, la France libre ».

22 Juil 2012 | Comments (17)

Monde arabe: la grande défaite de l’Occident

Après l’Irakien Saddam Hussein, le Tunisien Ben Ali, l’Egyptien Moubarak, le Libyen Kadhafi et le Yéménite Saleh, ce sera, sans guère de doute très bientôt, au tour du Syrien Assad de prendre la sortie.
En peu de temps, le monde arabe a été chamboulé et des dictatures qui régnaient sans partage depuis des décennies renversées. Ne resteront plus –mais pour combien de temps ?- que le Marocain Mohammed VI, l’Algérien Bouteflika, le Jordanien Abdallah II et les monarques de la péninsule arabique (et pétrolière).
Rarement dans l’Histoire un tel coup de balai aura été donné en si peu de temps à travers toute une région. Ces débuts du XXIème siècle rappellent les lendemains de la guerre de 14 qui virent la fin des empires ottoman, russe, austro-hongrois et allemand.
L’Occident, évoquant un triomphe de la démocratie, fait mine de se réjouir de la fin de tous ces despotes. Mais il faudrait ouvrir les yeux.
D’abord, tous ces tyrans furent, pendant des années, nos amis, souvent nos « meilleurs » amis. Nous les avons tous reçus à bras ouverts et avec tous les honneurs dans tous nos palais dorés. Toutes les grandes démocraties, à commencer par la France, ont financé, armé, commercé, vendu et acheté tout et n’importe quoi à ces régimes avant de s’apercevoir, un beau matin et sur le tard, qu’ils n’étaient pas très fréquentables et, au nom des grands principes qu’on avait si longtemps oubliés, de leur donner, quand elles l’ont pu, le coup de grâce.
Il ne faut pas se faire d’illusion. Les peuples de tous ces pays-là n’oublieront jamais à quel point nous nous sommes compromis avec tous ces dictateurs que nous avons si souvent soutenus à bout de bras.
Que les Américains aient finalement renversé Saddam Hussein avec leurs troupes ou que la France aient finalement fait tomber Kadhafi avec ses Rafales n’empêchera pas les Irakiens de se souvenir des liens plus qu’étroits qu’entretinrent pendant des décennies Washington et Bagdad et les Libyens d’avoir encore en tête les images de l’accueil que Sarkozy réserva à Kadhafi à Paris.
Les Egyptiens se souviennent toujours des embrassades que multiplièrent avec Moubarak aussi bien Mitterrand que Chirac ou que Sarkozy. Les Tunisiens se rappellent la fameuse phrase de Michèle Alliot-Marie annonçant que la France était prête à envoyer ses policiers pour aider Ben Ali à mater « la Révolution de jasmin ». Les Syriens revoient encore Assad hôte d’honneur de la tribune présidentielle, un 14 juillet, place de la Concorde.
On dira que la politique de l’Occident était guidée par « le réalisme ». Ce même réalisme voudrait que nous constations aujourd’hui que nous sommes dans le camp des vaincus.
Les foules arabes ont renversé « nos amis » parce qu’ils étaient des dictateurs mais aussi parce qu’ils prétendaient incarner « nos valeurs » : le développement économique, le progrès social, la laïcité. Nous n’avons pas voulu entendre les cris de ces manifestants. Ils ne réclamaient pas la démocratie. Ils exigeaient la tête de leurs despotes mais ils hurlaient « Allah ou akbar ! ». Ce qui veut dire « Dieu est grand ! » mais ce qui veut aussi, et surtout, dire : « A mort l’Occident ! A mort la civilisation judéo-chrétienne ! A mort la démocratie des néo-colonialistes et les Droits de l’Homme des Impérialistes ! »
A force de nous compromettre avec les dictateurs, nous avons aussi compromis, sans doute à tout jamais, la démocratie aux yeux de toutes ces populations. Alors, elles veulent autre chose et brûlent les photos de Ben Ali ou de Moubarak en même temps que le drapeau américain.
Il parait que, contrairement à ce qu’on raconte, Malraux n’a jamais dit : « Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas ». C’est dommage parce que notre siècle débutant (assez mal, il est vrai) semble bien se réfugier avec frénésie du côté des Dieux qu’on croyait oubliés. Rejetant l’Occident et sa démocratie et ne pouvant plus, sous peine de ridicule, se tourner vers le marxisme, quelques centaines de millions d’habitants de notre planète retrouvent leurs idoles de jadis.
Personne ne l’a remarqué mais la plus grande démocratie du monde, l’Inde, a été dirigée de 1998 à 2004 par un parti religieux extrémiste, le Bharatiya Janata Party, des hindouistes militants faisant la chasse aux musulmans et qui représentent aujourd’hui la plus grande force d’opposition du sous-continent.
Il ne faut donc pas s’étonner si le monde arabe bascule à son tour, aujourd’hui, dans le religieux et il est très vraisemblable que les pays musulmans comme le Pakistan, le Bengladesh, l’Indonésie, la Malaisie ou les Philippines vont en faire autant avant longtemps, comme d’ailleurs les pays africains du sud du Sahel.
Que les rives sud de la Méditerranée, l’Afrique noire, le Proche-Orient et une bonne partie de l’Asie deviennent islamistes pose, évidemment, un gigantesque problème pour nos pays et d’autant plus que ces fous de Dieu ont déjà des « avant-postes » chez nous, dans nos banlieues où l’on ne construit plus d’églises mais des mosquées.
Le XXème siècle avait été marqué par la confrontation entre « le monde libre » et le bloc communiste. Nous l’avons emporté parce que l’empire marxiste s’est effondré de lui-même. Il est clair que le XXIème siècle sera celui de l’affrontement entre ce monde libre et désormais vacillant et un Islam renaissant, triomphant et conquérant.
Il y a plus de trente ans, l’Occident, inconscient, avait applaudi à la chute du Chah d’Iran et à la victoire de l’ayatollah Khomeiny. Bien rares étaient ceux qui avaient alors eu la lucidité, pour ne pas dire le courage, d’affirmer que ce triomphe de l’Islamisme le plus radical risquait bien d’avoir des conséquences incalculables (et catastrophiques) pour le reste de la planète.
Aujourd’hui nos responsables et nos bons esprits nous disent que les peuples ont le droit de choisir leur destin, ce qui est vrai, que ce n’est pas grave s’ils adoptent la Charia, ce qui est faux, et que d’ailleurs l’Islam n’est pas incompatible avec la démocratie pour peu qu’il soit un tantinet tempéré, ce qui est absurde.
Nous continuons donc à vouloir nier l’évidence. La révolution arabe est une défaite pour nos démocraties mais, ce qui est bien plus grave encore, elle annonce la pire des confrontations. Et nous nous refusons toujours à l’idée qu’il puisse y avoir des conflits de civilisations…

21 Juil 2012 | Comments (16)

Le « sociétal » pour faire oublier l’essentiel

Personne ne sait dans quel état sera la France en 2017, à la fin du mandat de François Hollande, où en sera notre économie, c’est-à-dire le taux de chômage, notre compétitivité, notre balance commerciale, le niveau de vie des Français, notre dette, nos déficits. Et les premières semaines du quinquennat, avec le matraquage des riches (et des moins riches) et ce refus de couper dans les dépenses ne rend pas optimiste. Mais ce qui est sûr c’est que les homosexuels pourront se marier et adopter des enfants, que les agonisants pourront être achevés et que les étrangers pourront voter.
Rien ne dit que cela suffise à rendre heureux les Français qui ne sont pas tous homosexuels, mourants ou même étrangers. Mais cela permettra à notre pays de prendre, dans le domaine qu’on appelle « le sociétal », une sérieuse avance sur des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil qui sont en train de devenir les maitres de la planète.
Chacun son truc. Les uns produisent, innovent, jouent à fond la croissance pour élever leur niveau de vie, les autres préfèrent si ce n’est débattre du sexe des anges du moins remettre en cause ce qui fut longtemps la base de leur société où l’on ne mariait entre eux que les hétérosexuels, où la médecine avait pour vocation de lutter contre la mort et où seuls les citoyens avaient la parole dans les affaires de l’Etat.
On aimerait connaitre la réaction d’un Chinois, qu’il soit milliardaire ou esclave dans une usine, apprenant les grands thèmes de préoccupation de nos dirigeants.
Il est évident qu’il est plus facile de détruire pierre à pierre les fondements d’une société, a fortiori si elle est moribonde, que de reconstruire une économie. Cela ne coûte rien, cela fait plaisir à quelques petites minorités agissantes et, surtout, cela permet de distraire une opinion publique pour lui faire oublier l’essentiel.
On ignore le nombre exact d’homosexuels souhaitant vraiment se marier, d’incurables désirant vraiment la mort et d’étrangers n’ayant entrepris aucune démarche pour devenir français mais voulant vraiment voter. Cependant on sait qu’il y a 4,5 millions de chômeurs à la recherche d’un emploi et plus de 8 millions de nos compatriotes (13% de la population) qui vivent, ou plutôt tentent de survivre, sous la ligne de pauvreté (revenu mensuel inférieur à 795€).
Ce sont ces 4,5 millions de chômeurs et ces 8 millions de pauvres qui devraient être la seule préoccupation de nos responsables politiques. Tout le reste n’a strictement aucune importance même si l’on peut toujours discuter d’améliorations éventuelles du Pacs, des textes sur « la fin de vie » et des règles sur l’accueil des étrangers.
On peut d’ailleurs déjà imaginer que, dès que la situation se dégradera encore –c’est-à-dire dans peu de temps-, François Hollande et ses amis donneront raison à Cécile Duflot et à Najat Vallaud-Belkacem et nous ouvriront de grands débats (avec commissions et rapports à la clé) sur la dépénalisation des drogues dites « douces » et l’interdiction de la prostitution, deux « combats » que ces deux jeunes femmes ont déjà évoqués.
En s’attaquant à tous ces dossiers, la gauche nous dit qu’elle entend « faire progresser la société ». Elle oublie, d’abord, que les lois n’ont jamais fait progresser la société qui avance à son rythme sans demander la moindre autorisation aux législateurs qui ne peuvent qu’entériner, modestement, ces lentes évolutions. Or, aujourd’hui, la société française dans son ensemble se refuse à accepter le mariage homosexuel, l’euthanasie, le vote des étrangers, et la dépénalisation des drogues et ne croit pas une seconde qu’un texte puisse mettre fin au « plus vieux métier du monde ». Les Français ont d’autres soucis en tête.
Mais, ensuite, la gauche joue là à l’apprenti-sorcier en voulant détruire les dernières bases de notre société, la famille, la lutte pour la vie, les règles de la démocratie, le refus des « paradis artificiels ».
François Hollande nous avait dit que la jeunesse était sa priorité. Pense-t-il vraiment que les jeunes Français qui ne savent plus ce que c’est que d’être français et qui considèrent qu’ils n’ont aucun avenir dans leur pays seront soudain rassurés parce que les homosexuels pourront se marier, qu’on accélèrera la mort des vieux et des incurables, que n’importe qui pourra voter et que le cannabis sera en vente libre ?
La jeunesse de 2012 n’est pas soixante-huitarde. Elle est au chômage et angoissée par l’avenir. Elle ne rêve pas de vivre en communauté sur le Larzac, en élevant des moutons et en fumant des pétards. Elle a peut-être tort mais elle veut du travail, de l’argent, un logement, pouvoir fonder une vraie famille et une société cohérente qui préfère les bonnes vieilles lois de la nature à toutes les fantasmagories des idéologies passées et dépassées.
Hollande a été élu parce qu’il promettait « le changement ». Mais il semble qu’il y ait eu un malentendu sur ce mot de « changement ». La majorité des Français voulaient changer de président, bien sûr, mais aussi changer un système qui creuse les injustices, enrichit les riches, appauvrit les pauvres, stérilise le pays et laisse de plus en plus de monde, à commencer par les jeunes, sur le bord de la route. Ils ne voulaient pas changer de société.
Le titre donné à Montebourg est un peu ridicule mais il est vrai que « le redressement productif » devrait être le seul objectif de l’équipe au pouvoir.
En jouant avec « le sociétal », les socialistes veulent amuser la galerie, choquer le bourgeois et gagner du temps. Or, la galerie n’a plus envie de s’amuser, il n’y a plus de bourgeoisie et il n’y a surtout pas de temps à perdre.

20 Juil 2012 | Comments (12)

Montebourg veut bouffer du… Lion

On savait qu’Arnaud Montebourg n’avait pas toujours le sens du ridicule. Il semble qu’il n’ait pas non plus celui des réalités. Nommé ministre du « redressement productif », il souhaite visiblement faire ses preuves et, avec une naïveté confondante, il s’imagine qu’étant « au pouvoir » il a le moindre pouvoir sur les cruelles lois de l’économie.
Il veut faire rendre gorge à la direction de PSA et à la famille Peugeot. Comme un juge d’instruction, il convoque dans son bureau le patron de PSA et Thierry Peugeot, les accuse de tous les maux et veut les traîner si ce n’est en justice du moins dans la boue pour avoir fomenté un plan de licenciement massif et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois.
L’avocat qu’il est aime les effets de manche. Blum s’en prenait aux 200 familles, plus modeste, lui, s’en prend à la famille Peugeot qui symbolise, sans doute, à ses yeux l’abominable capitaliste totalement incompétent et qui se goberge sur les malheurs de ses salariés. Il veut bouffer du… Lion
Montebourg ignore que la France est encore un pays un tout petit peu libéral où les entreprises privées ne sont pas aux ordres de l’Etat (fut-il socialiste) et même s’il est arrivé à l’Etat d’aider financièrement ces entreprises.
On nous parle d’une « partie de bras de fer » entre le ministre et Peugeot et on ajoute que « c’est le pot de fer contre le pot de terre ». Oui, mais il faut alors préciser que le pot de terre c’est Montebourg avec ses rodomontades et que le pot de fer contre lequel il va immanquablement se fracasser ne s’appelle pas Thierry Peugeot mais la mondialisation, c’est-à-dire en clair la compétitivité.
Les patrons de Peugeot-Citroën ont, peut-être, commis des erreurs stratégiques, lancé à contretemps certains modèles, attaqué de mauvais marchés. Montebourg peut, puisqu’il n’a pas peur du ridicule, leur faire beaucoup de reproches et même leur faire la leçon en tentant de leur apprendre comment on doit fabriquer et vendre des voitures.
Mais ils pourront alors lui demander comment et pourquoi, au cours des trois seules dernières années, plus de 900 usines ont fermé en France mettant plus de 100.000 salariés sur le carreau. Ces 900 usines n’appartenaient pas toutes à d’affreux milliardaires incompétents.
Le drame de PSA est moins imputable à la direction du groupe qu’au système français qui a détruit notre industrie. Il faudra bien un jour qu’on le reconnaisse et qu’on en tire les conclusions qui s’imposent.
Au lieu de vouloir jouer les sans-culottes en mettant les patrons à la lanterne, Montebourg ferait mieux de faire savoir à François Hollande et à Jean-Marc Ayrault que, si on veut avoir une petite chance de redresser la production française, ce ne sera ni en trainant les patrons honnis devant le tribunal populaire de l’opinion, ni en massacrant les classes dites « aisées » à coup de nouveaux prélèvements, ni en réduisant le pouvoir d’achat de 9 millions de salariés et la compétitivité des PME (par la re-fiscalisation des heures supplémentaires) mais bien en libérant les entrepreneurs, seuls créateurs d’emplois et de croissance, de toutes les contraintes que des décennies de socialisme rampant leur ont imposées.
Montebourg nous raconte qu’il veut empêcher PSA de licencier. C’est absurde. Il ne pourrait le faire que s’il pouvait trouver, en France ou à travers le monde, de nouveaux clients pour la C3 ou pour la 308.
Jospin avait déclaré : « L’Etat ne peut pas tout ». On le lui avait beaucoup reproché mais il avait parfaitement raison. D’ailleurs, dans le domaine économique, on lui demande surtout d’en faire le moins possible. On ne lui demande que de ne plus empêcher les entrepreneurs d’entreprendre. Or depuis des décennies cet Etat a surtout mis les entrepreneurs les pieds dans le béton.

19 Juil 2012 | Comments (15)

L’anti-sarkozisme n’est pas une politique

L’anti-sarkozisme a permis à François Hollande de se faire élire président de la République. Mais rien ne dit que ce même anti-sarkozisme puisse servir de politique pendant tout le quinquennat. C’est un peu court. Or, on a bien l’impression que la gauche au pouvoir n’a qu’une seule idée en tête : « détricoter » systématiquement tout ce qui a pu être fait entre 2007 et 2012 par ses prédécesseurs.
Alors que ni Chirac ni Sarkozy n’avaient osé supprimer les 35 heures instaurées par Jospin et Martine Aubry, Hollande veut annuler le recul du départ à la retraite à 62 ans, le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partis à la retraite et les quelques allégements fiscaux décrétés par Sarkozy.
Pourtant, tout le monde reconnait que, dans le monde d’aujourd’hui, la retraite à 60 ans est une aberration, qu’il y a beaucoup trop de fonctionnaires dans le pays et que la France est écrasée d’impôts. Certes, Sarkozy a eu tort de s’attaquer à l’âge de la retraite alors que la réforme (qui s’imposait) n’aurait dû tenir compte que de la durée des cotisations ce qui aurait été infiniment plus juste. Il a eu tort aussi de s’en prendre à toute la fonction publique alors qu’il y a, évidemment, des ministères où l’on manque de personnel et d’autres où les ronds-de-cuir sont pléthoriques. Et il est vrai que certains des allégements fiscaux qu’il a décidés semblaient bien souvent favoriser les « privilégiés ».
Mais en supprimant d’emblée la défiscalisation des heures supplémentaires, le nouveau pouvoir prouve surtout qu’il veut régler des comptes.
9 millions de Français bénéficiaient de cette mesure. Ce n’étaient ni de gros capitalistes ni de grands patrons mais de modestes salariés, bien souvent payés au SMIC, et qui pouvaient ainsi un peu arrondir leurs fins de mois difficiles en travaillant, quand c’était possible, deux ou trois heures de plus par semaine. 9 millions de « braves gens » qui, pour la plupart, ont sans doute voté François Hollande. Ils doivent, ce matin, commencer à déchanter.
Moscovici et Cahuzac nous affirment qu’inciter, par la défiscalisation, les patrons à recourir aux heures supplémentaires leur permet de ne pas avoir à embaucher. Rien ne le prouve. Les patrons donnent quelques heures supplémentaires à leurs salariés quand il y a un petit surplus de travail, de commandes à honorer. Pour embaucher, il faudrait qu’ils soient sûrs de l’avenir, ce qui n’est le cas pour personne aujourd’hui, ou alors qu’une nouvelle réglementation leur permette de licencier plus facilement en cas de retournement de la situation.
Les socialistes semblent toujours convaincus que pour faire baisser le chômage il suffit de partager le travail. C’était déjà ce qu’avait cru naïvement Léon Blum en instaurant les 40 heures, en 1936, et le chômage avait aussitôt explosé. Hollande et ses amis de la rue Solferino continuent à croire que les 35 heures et la retraite à 60 ans ont permis de créer des emplois. Ils ignorent sans doute que nous avons plus de 4,5 millions de chômeurs. Ils ne veulent toujours pas reconnaitre une loi évidente de l’économie : moins on travaille et moins il y a de travail.
Re-fiscaliser les heures supplémentaires ne va pas créer des emplois. Les patrons, de plus en plus inquiets de l’avenir, continueront à recourir aux heures supplémentaires quand ils en auront besoin. Mais, en les payant davantage, ils vont évidemment perdre encore un peu de leur pauvre compétitivité. Et leurs salariés vont encore perdre un peu de leur pouvoir d’achat.
On dira que la défiscalisation de ces heures supplémentaires n’était qu’un pis-aller, une « astuce » pour essayer de faire gagner un peu plus aux plus défavorisés en les faisant travailler un peu plus. C’est vrai mais c’était déjà ça.
Hollande prône le « redressement productif » de la France. C’est une très bonne idée. Mais ce n’est pas en s’attaquant, par anti-sarkozisme primaire, aux quelques « niches » qui permettaient aux uns de produire un peu plus et aux autres de mettre un peu de beurre dans les épinards qu’on va redresser la production.
On attend une grande réforme de la fiscalité, une remise à plat du Code du Travail et du système de protection sociale, des mesures concrètes pour réveiller l’innovation. Hollande ne doit plus s’attaquer au sarkozisme, il doit s’attaquer au « mal français », c’est-à-dire, en fait, beaucoup plus à l’héritage de la gauche qu’à celui de la droite qui, depuis 50 ans, s’est bien souvent contentée d’entériner la politique de ses adversaires.
Personne n’ose le dire mais « le mal français » c’est un socialisme rampant depuis un demi-siècle, avec trop d’impôts, trop de lois, trop de fonctionnaires, l’assistanat généralisé et un Etat collectiviste et ventripotent. Ce qu’on espère de ce président socialiste ce n’est pas seulement « qu’il la joue simple, modeste et normale », mais qu’il libère la France de cette idéologie totalement passéiste qui l’a conduite à la ruine.
L’ennui, c’est que ce président qui se dit « normal » est tout de même socialiste. Ce qui n’est pas « normal » dans ce monde du XXIème siècle.

17 Juil 2012 | Comments (21)

Clemenceau avait raison

Clemenceau disait souvent : « Quand on veut enterrer un problème on crée une commission ». Il avait raison. Depuis l’époque du « Tigre », on a créé tant de commissions de tout et de n’importe quoi que, sur ce plan-là, la France ressemble à un immense cimetière dans lequel, sous les pierres tombales de toutes ces commissions, gisent d’innombrables problèmes toujours pas résolus.
Ne soyons cependant pas injustes. Une commission permet de caser quelques copains mis en chômage technique par les électeurs, voire de vieux complices que l’âge et les circonstances poussaient vers des maisons de retraite. En leur accordant, aux uns et aux autres, aux frais de la République, un peu de beurre pour mettre dans leurs épinards, un bureau, quelques secrétaires, voire une voiture de fonction, on renvoie un ascenseur tombé en panne depuis longtemps et on fait semblant de croire qu’ils peuvent encore servir à quelque chose même s’ils n’ont, bien souvent, jamais servi à rien.
On ne le sait pas toujours mais il y aurait en France, actuellement, quelque chose comme… 697 commissions qui couteraient en gros 28 millions d’euros par an au contribuable. Il y a, par exemple, « la Commission sur l’initiative française pour les récifs coralliens », « la Commission d’indemnisation des dégâts de gibiers », « la Commission du calcul intensif », « la Commission du bien-être des gens de la mer », « la Commission de la néologie en matière juridique », etc., etc. Cela tient à la fois de Courteline, d’Ubu et de Kafka.
Alors qu’il nous a promis de faire des économies (et des augmentations d’impôts), François Hollande vient de créer une commission de plus : « la Commission pour la rénovation de la vie publique ». Comme le dit l’homme de la rue : « Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir ! ».
Cette commission a pour but de « proposer des mesures de moralisation de la vie publique et des règles de déontologie ». Elle étudiera donc la question du non-cumul des mandats, celle du statut pénal du président de la République, celles des modes de scrutin mais aussi les questions de la simple morale à laquelle nos élus ne devraient pas déroger.
Il est, en effet, important de savoir –enfin !- si oui ou non les élus de la République peuvent taper dans la caisse, recevoir des pots-de-vin ou des rétro-commissions, pistonner leurs amis, caser leur famille dans des postes juteux. On attend avec impatience les réponses à toutes ces questions que ne semble jamais s’être posé un certain nombre de ténors et de seconds-couteaux de notre personnel politique.
Le président a nommé Lionel Jospin à la tête de cette commission, dix ans après la défaite cuisante et mémorable de l’ancien Premier ministre à la présidentielle de 2002. C’est ce qui s’appelle « ressortir un pote du placard ». Jospin a laissé l’image d’un parpaillot rigoureux, « l’austère qui se marre », ce qui peut laisser croire que, sur le plan de la moralité, il est au-dessus de tout soupçon. On ne va tout de même pas lui reprocher d’avoir accusé la droite d’avoir été dreyfusarde ni lui demander comment il a bien pu s’offrir sa belle maison de l’île de Ré.
Pour faire bonne mesure, Hollande lui a accolé Roselyne Bachelot qui s’est surtout illustrée en trahissant Chirac auquel elle devait tout, puis, plus récemment, Sarkozy en crachant dans la soupe au fil d’un petit bouquin vengeur, mais aussi en embauchant son propre fils à son propre cabinet et, elle la pharmacienne de profession, en faisant acheter par l’Etat à un laboratoire qu’elle connaissait bien des millions de vaccins totalement inutiles.
On peut imaginer que cette commission étudiera aussi le statut de la compagne du chef de l’Etat.
Jospin, Bachelot et leurs acolytes ont quatre mois pour répondre à toutes ces questions et nous dire, par exemple, si Valérie Trierweiler peut encore envoyer des tweets vengeurs…

16 Juil 2012 | Comments (7)

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