Les ennuis commencent déjà pour François Hollande. Après la rupture de l’axe Paris-Berlin provoquée par le refus du nouveau président français de s’incliner devant les exigences de rigueur de la chancelière allemande, voici que la Grande-Bretagne s’y met aussi.
Le Premier ministre britannique vient de déclarer, en marge du sommet du G20, que son pays était prêt à dérouler « le tapis rouge » devant les riches français qui souhaiteraient s’exiler chez lui pour fuir les mesures fiscales préparées par le gouvernement français.
D’abord, on peut s’étonner que David Cameron ait éprouvé le besoin de faire une telle déclaration, bien peu « cordiale » et encore moins diplomatique. Quelle mouche l’a piqué ? On sait que l’Angleterre a déjà bénéficié de trois immigrations françaises. A la révocation de l’Edit de Nantes, à la Révolution et en 1981. Il espère donc une quatrième arrivée de Français fortunés. Il est vrai que son pays en aurait bien besoin. Mais cela ne se dit pas avec un tel cynisme.
Ensuite, il y a une totale incohérence dans ce tir de barrage germano-britannique contre le socialiste français. Angela Merkel lui reproche de ne pas vouloir appliquer à la lettre ses diktats d’austérité et David Cameron lui reproche d’augmenter les impôts.
Enfin, cette « sortie » incongrue de l’Anglais prouve deux choses. D’une part, que l’Europe est bel et bien désormais cassée en deux avec, au nord, les protestants rigoureux, travailleurs et donneurs de leçons, et, au sud, les catholiques dépensiers, soi-disant paresseux et appelant à l’aide. Et, d’autre part, que les capitales européennes sont inquiètes, voire furieuses, qu’un pouvoir socialiste se soit installé à Paris. On pourrait, à la limite, les comprendre, mais elles n’ont pas le choix. Elles devraient d’ailleurs se demander si l’austérité poussée à l’extrême ne fait pas le lit de la gauche.
Un nouvel axe Berlin-Londres va remplacer l’axe Paris-Berlin. Hollande n’a plus avec lui que « les bras cassés » grecs, portugais, espagnols et italiens. Chef des « éclopés » et, en plus, socialiste, le président français risque de se retrouver bien désarmé.
Mais, au-delà des péripéties du jour, cette auberge espagnole qu’est l’Europe à 27 n’a-t-elle pas toujours été marquée par toutes ces contradictions entre « Gens du nord » et Méditerranéens ?

Mots-clefs : , ,