Il y a quelque chose de mystérieux quelque part que le citoyen lambda qui n’a pas fait l’ENA a du mal à comprendre.
Depuis des mois, pour ne pas dire des années, on lui répète que nos pays sont en faillite, nos banques ruinées et notre économie dans le gouffre. Et voilà que soudain, au petit matin, on lui dit, de Bruxelles, que le miracle est arrivé, que nous sommes sauvés, que l’Europe va renflouer nos Etats et nos banques et même nous permettre de relancer la croissance.
Contrairement à ce que pensait le citoyen lambda, l’Europe n’est donc pas un club vacillant de pays plus ou moins ruinés. L’Europe est une autre planète, bien loin de la notre, richissime et généreuse qui, attendrie par tous nos malheurs, va accourir à notre secours. Ou alors, autre hypothèse, on voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Ce ne serait pas la première fois.
Où va-t-on trouver tous ces milliards que ces dirigeants plus ou moins en guenilles se disent prêts à distribuer à la volée ? Sous les sabots de quel cheval ?
On se souvient de l’histoire que racontait Sacha Guitry. Un jour, son banquier l’appelle pour lui dire qu’il est dans le rouge au-delà du tolérable et, sans s’émouvoir, Guitry lui répond froidement : « Ne vous inquiétez pas, cher ami, je vais vous faire un chèque ».
L’Europe aux pays presque tous ruinés va se faire des chèques à elle-même. Ils seront forcément en bois. Nos dirigeants qui s’indignent du surendettement des ménages font bien pire que ces malheureux smicards. Mais cela leur permet de se féliciter entre eux et de gagner du temps dans cette course vers l’abîme.
Reconnaissons-leur qu’on ne voyait pas très bien ce qu’ils pouvaient faire d’autre que de coller à la va-vite ces rustines et se mettant à pratiquer à haute dose la cavalerie.
Hollande peut se dire satisfait. On va faire semblant de faire un (tout) petit quelque chose pour la croissance et semblant de jouer la solidarité.
Mais avec quel argent ?

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