Cécile Duflot, ministre de « l’Egalité des territoires » (sic !) et accessoirement du Logement (ce qui est plus sérieux) veut toujours dépénaliser le cannabis. Elle vient de le redire sur BFM en rappelant que c’était là une vieille revendication du parti dont elle est encore la secrétaire nationale, Europe-Ecologie-Les-Verts.
Que Cécile Duflot fume du cannabis est son problème mais qu’un membre du gouvernement affiche ostensiblement, sur un problème important, son désaccord avec le président de la République et le ministre de l’Intérieur qui, l’un et l’autre, pendant toute la campagne électorale, ont dit et répété qu’il n’était pas question pour eux d’inciter, de quelque manière que ce soit, à la consommation de drogues même dites « douces », est beaucoup plus regrettable.
Même si elle est actuellement en campagne électorale pour les législatives et qu’elle s’imagine plaire ainsi aux « bobos » de sa circonscription parisienne, il n’est pas sûr que l’ensemble des électeurs apprécient cette cacophonie gouvernementale.
Tout le monde se souvient qu’au milieu de toutes ses élucubrations, la candidate officielle de ce même parti à la présidentielle, l’inénarrable Eva Joly, avait aussi proposé de supprimer le défilé du 14 juillet. Si la ministre du Logement se croit obligée, maintenant qu’on lui a accordé sa petite récompense, de ressortir toutes les idées farfelues et provocatrices de ses copains, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.
Martine Aubry a, évidemment, fait -et sans doute en toute connaissance de cause- le pire des cadeaux empoisonnés à Hollande en signant le fameux accord PS-EELV avec Cécile Duflot. Car depuis, en échange des 2% de voix péniblement obtenus par Eva Joly, le pauvre Hollande se croit obligé de trainer le boulet vert.
Les Français ont déjà compris qu’ils allaient avoir droit, sans qu’on leur demande leur avis, au mariage des homosexuels et au vote des étrangers pour les élections locales. Ils sont en droit de se demander maintenant si, pour faire plaisir à la ministre du Logement, on va ouvrir des « drogueries » publiques au sens moderne du terme.
Les écologistes ont parfois de bonnes idées -notamment quand ils veulent sauver la planète, ce qui est loin d’être absurde- mais ils sont redoutables dès qu’ils sont au gouvernement, comme ces petites bestioles auxquelles on ne prête pas attention et qui finissent par tout polluer.
Ils savent parfaitement qu’un gouvernement plus ou moins responsable ne peut pas céder à tous leurs fantasmes. Alors ils font du troc.
Jean-Marc Ayrault est actuellement soumis à un invraisemblable marchandage. Il veut à tout prix avoir son aéroport international dans la grande banlieue nantaise. Le projet pharaonique est tout à fait contestable mais ce fut l’un des grands thèmes de sa dernière campagne municipale à Nantes. Les écologistes y sont, sans doute à juste titre, farouchement opposés. Et le troc a commencé. « Laisse-moi avoir mon aéroport auquel je tiens tant, semble dire Ayrault à Duflot, et je te sacrifie… le Canal-Nord Europe puisqu’il te déplait ».
Le canal à grand gabarit entre la Seine et le Benelux est, de toute évidence, un projet qui s’impose alors que le transport fluvial –moins polluant, moins dangereux, moins onéreux que la route ou le fer- connait un développement considérable en Europe et que la France a, dans ce domaine, un retard considérable à rattraper sur ses voisins.
Mais, sans qu’on comprenne bien pourquoi, les écologistes sont hostiles aux canaux. Ils avaient déjà réussi à obtenir l’abandon du projet de canal Rhin-Rhône qui s’imposait tout autant. Il est à redouter qu’ils n’obtiennent cette fois, en échange de l’aéroport d’Ayrault, totalement inutile, l’abandon de ce projet Seine-Nord, indispensable, ce qui serait une catastrophe.
Mais le troc va continuer. On veut espérer que François Hollande tiendra bon et qu’il ne décidera pas la fermeture de toutes nos centrales nucléaires avant… notre mort à tous. Cécile Duflot le sait parfaitement. Alors elle veut avoir quelque chose en échange pour ne pas trop perdre la face devant ses militants généralement barbus.
Veut-elle échanger le nucléaire contre le cannabis ? Hollande va-t-il se renier et céder pour que Duflot ne le persécute plus avec nos centrales ? Ce n’est pas impossible.
Cécile Duflot oublie simplement que, jusqu’à présent, le cannabis a fait beaucoup plus de dégâts en France que le nucléaire.

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