Il y a toujours quelque chose de réjouissant à voir un nouveau ministre qui, à peine nommé, s’imagine qu’il est vraiment ministre et qu’il a donc un semblant de pouvoir. Il prend alors aussitôt une initiative qu’il pense judicieuse et, comme il n’a rien compris au schmilblik, il se fait taper sur les doigts et se fait virer.
C’est ce qui vient d’arriver à Nicole Bricq. Le 16 mai dernier, elle avait été nommée ministre de l’Ecologie. On s’était demandé pourquoi. Si ce n’est qu’Hollande n’avait, évidemment, pas voulu mettre un écologiste comme ministre de l’écologie et qu’il était allé chercher cette sénatrice socialiste de Seine-et-Marne, ancienne chevénementiste, ancienne strauss-kahnienne, ancienne ségoléno-royaliste, dont l’unique titre de gloire jusqu’alors était d’avoir, dans une vie précédente, battu, lors des législatives de 1997, un certain… Jean-François Copé.
Le lendemain de son arrivée dans son superbe bureau de ministre, la brave dame, sans doute encore toute émue et voulant évidemment se faire bien voir par la faune et la flore écologistes, avait, au nom de la protection de la nature, suspendu le permis de forage attribué à Shell, Total et Tullow au large de la Guyane. Un superbe projet puisque les experts estiment que ce gisement renferme au moins 700 millions de barils, sans doute plus.
Mme le Ministre ne savait pas que le préfet de Guyane venait, le jour même et sur ordre de Matignon, de publier l’arrêté officialisant ce permis. Elle n’avait surtout pas compris –et c’est là la bonne nouvelle- qu’Hollande n’était pas assez fou pour se croire tenu par les accords PS-Europe-Ecologie-les-Verte, signés par Martine Aubry et Cécile Duflot. En échange des 2% d’Eva Joly, il a donné un maroquin à Cécile Duflot mais il ne va tout de même pas faire fermer toutes nos centrales nucléaires et en revenir à la lampe à huile, à la marine à voile et à l’élevage des moutons sur le Larzac.
Ce gisement de pétrole au large de la Guyane permettrait à la France d’avoir « son »pétrole (environ 10% de notre consommation). Christophe de Margerie, le patron de Total, n’a même pas eu à téléphoner à François Hollande…
Nicole Bricq se retrouve au Commerce extérieur où elle va devoir essayer de vendre nos Airbus qui consomment beaucoup et polluent encore davantage. Un minimum de dignité aurait pu la pousser à démissionner. Mais la place est bonne même dans un placard.
C’est Delphine Batho, ancienne copine de Mazarine à Henri IV, ami de Julien Dray à SOS-Racisme et à laquelle Ségolène Royal avait donné son siège de député des Deux-Sèvres en 2007 qui lui succède. Elle était ministre déléguée à la Justice et ne supportait pas sa ministre de tutelle, Christiane Taubira, ce qu’on peut comprendre.

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