Il y a des gens incorrigibles, même après avoir reçu la pire des corrections.
Personne ne reprochera à Nicolas Sarkozy de prendre quelques jours de repos, bien mérités, après un quinquennat mouvementé et même trop souvent agité et à l’issue d’une campagne perdue mais au cours de laquelle il s’est battu et débattu comme un beau diable. Mais pourquoi diable a-t-il choisi d’aller à Marrakech et de se faire inviter par le roi en personne dans un de ses plus beaux palais ?
Il n’a donc toujours pas compris qu’il s’était trainé comme des boulets le Fouquet’s et le yacht de Bolloré pendant tout son quinquennat ; il a oublié que Michèle Alliot-Marie avait dû démissionner du Quai d’Orsay parce qu’elle avait accepté des invitations d’amis de Ben Ali.
On ne peut tout de même pas croire qu’il en soit maintenant réduit à jouer les squatters chez des amis assez riches pour lui offrir une luxueuse hospitalité pendant quelques jours de soleil. Il touche son salaire de président pendant encore six mois et son épouse a, parait-il, tous les moyens de lui offrir les meilleurs palaces de la planète.
On dira qu’il peut désormais mépriser l’opinion publique plus encore que lors de son règne. Pendant cinq ans, il a fait avec délectation des pieds-de-nez à la France « d’en bas », assumant parfaitement le titre de « président des riches » que lui avait attribué l’opposition. Maintenant il peut s’offrir le luxe de tirer la langue à tous ceux qui pensent qu’à moins d’être DSK ou Pierre Bergé on peut aller ailleurs qu’à Marrakech pour bronzer un peu et qu’en tous les cas on ne va jamais se goberger aux frais, non plus de la République mais d’un souverain contesté, fut-il chérifien.
Dommage ! Mitterrand et Chirac étaient, après avoir quitté l’Elysée, devenus, l’un et l’autre, les hommes les plus populaires de France. Sarkozy qui fut encore plus impopulaire qu’eux pendant son mandat n’aspire visiblement pas à redorer son image.

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