Que Valérie Trierweiler ait viré sèchement Julien Dray du pot de fin de campagne qui se donnait au QG de François Hollande n’est, bien sûr, qu’anecdotique.
Julien Dray est désormais très encombrant. L’ancien complice de Mélenchon, devenu collectionneur de montres de grand luxe, soutien de Ségolène Royal puis de Dominique Strauss-Kahn, est une caricature de la gauche caviar qui se croit tout permis, donne des leçons à tout le monde et ne survit qu’en faisant de la provocation.
Sa dernière « audace » -inviter DSK à son anniversaire, avec tout le gratin du PS, dans un sexe shop de la rue Saint Denis transformé en bar un peu louche- relevait des coups d’éclat dont il est coutumier. Mais pour beaucoup ce fut la goutte d’eau de trop.
N’étant pas invité au raout du QG du nouveau président, il s’y est tout de même présenté la bouche en cœur. Valérie Trierweiler (qu’il avait maintes fois trainée dans la boue avec sa délicatesse habituelle) s’est alors précipitée et lui a déclaré devant la foule médusée et ravie : « Tu n’as rien à faire ici. Sors immédiatement ! ».
Que la présence de Dray ait été malvenue est évident. Mais la compagne de François Hollande aurait, bien sûr, dû demander à n’importe qui -et même au premier garde du corps venu- de raccompagner Dray à la porte. Ce n’était pas à elle de faire le service de d’ordre et de virer les importuns.
Elle sait parfaitement que tout le monde l’observe depuis qu’elle est devenue « la première dame de France ». On lui reconnait une certaine élégance, un certain charme (très bourgeois), une distinction un peu froide. Mais elle se traine déjà la réputation d’être une ambitieuse qui ne veut pas qu’on la prenne pour « une potiche » (elle l’a déclaré elle-même à la presse britannique). Elle ne sait donc pas que les institutions de la République n’ont jamais donné d’autre rôle à l’épouse (voire à la compagne) du président que celui, précisément, de potiche décorative.
Or, ce qui aggrave tout, il se trouve que son compagnon de président a, lui, la réputation d’être un mou facilement influençable par son entourage. Il ne faudrait donc pas que, devant le gentil sourire de François Hollande, les Français en viennent rapidement à se dire que c’est elle qui prend les initiatives, qui décide des nominations, qui porte la culotte et tient le pouvoir. Ils finiraient, en plus, par croire que François Hollande a un fâcheux penchant pour les femmes un peu difficiles à vivre. Après Ségolène, Valérie…
Cécilia avait joué un rôle catastrophique au début du quinquennat de Sarkozy, en organisant les fêtes mais surtout en éloignant les têtes qui lui déplaisaient et en promouvant ses courtisans les plus obséquieux.
On va rapidement voir, avec la nomination du gouvernement, si l’ancienne journaliste politique de Paris-Match qui ne veut pas être « une potiche » a l’influence qu’on peut redouter auprès de son compagnon et si elle pense vraiment qu’elle a, elle aussi, été élue par les Français. L’incident avec Dray est, un peu, de mauvais augure.
On veut espérer que le nouveau président de la République saura aussi bien remettre à sa place la femme qu’il aime qu’Angela Merkel qu’il n’aime pas. Mais ça commence mal et, avec trois incidents de ce genre, Valérie Trierweiler pourrait rapidement devenir impopulaire.

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