Médiapart qui est parfois bien informé mais toujours très orienté nous affirme aujourd’hui, à huit petits jours du second tour de la présidentielle, que Nicolas Sarkozy a touché 50 millions d’€ de Kadhafi pour financer sa campagne de 2007.
Cela ressemble, bien sûr, à s’y méprendre à « une boule puante », même si l’accusation semble crédible. Le texte est signé par Moussa Koussa, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien grand responsable des services secrets de Kadhafi, et il évoque la présence, lors de la signature de l’accord, de Brice Hortefeux et du fameux Ziad Takieddine, l’intermédiaire franco-libanais proche de Sarkozy qu’on voit apparaitre dans toutes les affaires louches concernant le monde arabe et islamique. Takieddine vient de faire savoir qu’il n’était pas présent lors de la signature de cet accord mais que l’histoire lui parait « plausible ». C’est un peu ennuyeux.
Au début de la « crise » franco-libyenne, l’un des fils de Kadhafi avait déjà évoqué un financement de la campagne de Sarkozy par les fonds secrets libyens et certains avaient alors mieux compris pourquoi Sarkozy, à peine élu, avait éprouvé le besoin d’accueillir en héros le dictateur de Tripoli qui avait installé sa tente dans les jardins de Marigny et nargué l’Occident tout entier.
Naturellement, on ne connaitra sans doute jamais la vérité, pas plus sur ce financement libyen, en 2007, que sur les rétro-commissions pakistanaises, de 1995, qui auraient financé une partie de la campagne présidentielle de Balladur. Jusqu’à preuve du contraire et en tous les cas tant qu’il bénéficiera de l’immunité présidentielle -encore au moins quelques jours- Sarkozy doit être considéré comme « présumé innocent ».
L’ennui pour lui c’est que nombreux sont les électeurs qui le présument, depuis longtemps, capable si ce n’est coupable de toutes les turpitudes. Dans cette affaire, certains vont même jusqu’à trouver qu’il a, en plus, et sur les conseils avisés de Bernard-Henri Lévy, fait preuve d’une bien grande ingratitude envers son généreux bienfaiteur en le faisant supprimer… pour qu’il se taise.
Ce qui est sûr c’est que le président-candidat n’avait vraiment pas besoin de cela aujourd’hui.
En France, on a toujours tiré sur les ambulances. Maintenant, on tire sur un corbillard.
Et voici DSK, en personne, qui nous ressort la thèse du complot. Il ne nie pas avoir eu des « privautés inopportunes » avec la femme de chambre du Sofitel de New-York mais il affirme que ce sont des proches de Sarkozy qui ont voulu en faire toute une histoire…
Ce soir, Sarkozy et Hollande vont assister au même spectacle, la finale de la Coupe de France de football. Un club de grands professionnels, Lyon, contre un club de semi-amateurs, Quevilly. Au vu de la campagne qui s’achève, on pourrait se demander lequel des deux, du tenant du titre ou de son challenger grandissime favori, de Sarkozy ou de Hollande, est le professionnel et lequel est l’amateur.

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