Faute de pouvoir se régaler avec les sondages, nous en sommes réduits, ce samedi, à jouer tout seul.
Un ami fidèle de ce petit blog me met au défi d’oser donner « mes » chiffres. Ce n’est, bien sûr, qu’un jeu et il est pipé puisque nous sommes tous, autant que nous sommes, sous l’influence des instituts de sondages qui, depuis des mois, nous annoncent les résultats. Aucun d’entre nous n’a pu percer les cœurs et les reins des 45 millions de Français appelés aux urnes. Et si les instituts de sondages ont cru pouvoir se montrer péremptoires après avoir interrogé un petit millier d’électeurs soi-disant « représentatifs », il faut bien reconnaitre que chacun d’entre nous n’a pu que bavarder avec quelques dizaines de parents, d’amis ou de vagues relations. Autant dire que nous pourrions avoir bien des surprises demain soir.
Mais le jeu est amusant. Alors je parie (des haricots) qu’on va avoir Hollande à 28%, Sarkozy à 25%, Marine Le Pen à 16%, Mélenchon à 14% et Bayrou à 11%. Les 6% restants allant, dans l’ordre à Eva Joly, Poutou, Dupont-Aignan et Cheminade.
J’ai l’honnêteté d’a vouer qu’avant d’avancer mes chiffres j’ai fait la moyenne de tous les sondages parus cette semaine ce qui donne : Hollande : 28%, Sarkozy : 26,4%, Marine Le Pen : 15,75%, Mélenchon : 13,75%, Bayrou : 10,1%.
Je crois donc que Sarkozy fera un peu moins que prévu, Marine Le Pen, Mélenchon et même Bayrou un peu plus qu’annoncé.
Quoiqu’ait pu en dire et en redire Le Figaro, Sarkozy n’a pas fait une bonne campagne. Si, à chacun de ses grands meetings, il a pu galvaniser ses troupes (qui en avaient bien besoin), à chacune de ses apparitions il a exacerbé l’anti-sarkozisme régnant.
Certes, en cinq ans, ses amis sont passés du Fouquet’s au restaurant du Crillon (qui n’est pas non plus, quoi qu’en pense sans doute son ami Estrosi, « une brasserie populaire ») et il a, lui-même, troqué sa Rolex à 4.000 € contre une Patek à 55.000 €, mais il n’a, au cours de cette campagne, pas su nous présenter « un nouveau » Sarkozy qui aurait pu nous faire oublier le sortant.
Même morgue, mêmes promesses en l’air (sur les référendums, la chasse aux riches), même incohérences (sur la dette, la croissance, l’Europe, la finance), même démagogie (sur les chômeurs, l’immigration, la sécurité), mêmes tics d’épaules et de langage, avec toujours ce « je, je, je » insupportable.
On pourrait presque dire que Sarkozy a mal vieilli en cinq ans. A l’image de la France sur laquelle il a régné. Il ne mérite donc pas les 26,4% que lui accordent les sondages. Mes 25% sont très suffisants.
Cela dit, comme tout le monde et avec la même mauvaise foi, dès demain soir, j’affirmerai que les résultats du scrutin (qui n’auront, sans doute, rien à voir avec mes prévisions) sont parfaitement logiques et étaient, en tous les cas, évidemment prévisibles. Et on pourra alors commencer à s’amuser sérieusement avec le deuxième tour.

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