Archives par moisavril 2012



La couleur du drapeau

Nicolas Sarkozy vient de nous affirmer que demain, 1er mai, les partisans de François Hollande défileraient « derrière le drapeau rouge » alors que les siens marcheraient « derrière le drapeau bleu, blanc, rouge ».
La couleur du drapeau a eu, parfois, une réelle importance dans notre histoire. Le Comte de Chambord n’a pas pu monter sur le trône parce qu’il s’était entêté à défendre le drapeau blanc.
Cela dit, aujourd’hui, alors qu’on nous impose un peu partout, à côté du drapeau français, le drapeau bleu à étoiles de l’Europe et qu’il faut bien reconnaitre qu’à gauche on arbore désormais plus souvent le drapeau tricolore que le drapeau rouge, l’argument avancé par le président-sortant parait désuet pour ne pas dire ridicule.
D’ailleurs, il faut remarquer qu’au cours de cette campagne présidentielle Hollande semble avoir chanté beaucoup plus souvent La Marseillaise que l’Internationale et que nombreux étaient les drapeaux tricolores agités par la foule de ses meetings.
Après avoir, au début de son quinquennat, tenté de jouer l’ouverture à gauche en embauchant des seconds couteaux socialistes du genre Kouchner, Besson, Fadela Amara ou Hirsch, Sarkozy en est vite revenu au clivage droite-gauche d’antan avec l’espoir de récupérer les voix de l’extrême–droite qui lui avaient été si utiles pour l’emporter en 2007 et qui s’étaient éloignées au fil des mois. Et, de son fameux discours de Grenoble jusqu’à sa campagne du premier tour, il n’a fait qu’en rajouter.
Le superbe score réalisé par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle aurait dû lui faire comprendre qu’il avait fait fausse route et que sa droitisation à outrance n’avait convaincu personne. D’abord, parce qu’il ne pouvait pas, avec les mêmes, recommencer en 2012 le coup de bluff qui lui avait réussi en 2007, ensuite, et peut-être surtout, parce que ces 18% de Français qui ont choisi Marine Le Pen sont, bien souvent, davantage des défavorisés, des chômeurs, des exclus, furieux du système, qu’il soit de droite ou de gauche, que foncièrement racistes ou xénophobes.
Ces 18% d’électeurs sont sans doute parmi les Français qui ont eu le plus à souffrir du quinquennat de Sarkozy. Ils n’ont pas pu « gagner plus en travaillant plus », ils ont basculé dans le chômage ou la précarité, leurs revenus ont diminué alors que tout augmentait, ils ont vu l’école, l’hôpital et tous les services publics se dégrader, l’insécurité s’aggraver dans leur lointaine banlieue et ils n’ont pas trouvé que la République du président « bling-bling » était devenue « irréprochable ». En votant Marine Le Pen, ils s’opposaient plus à Sarkozy et à « l’UMPS » qu’aux immigrés.
Dans l’ultime ligne droite, Sarkozy en remet encore une couche avec le drapeau et en évoquant « les frontières ». Non seulement c’est beaucoup trop tard mais, en plus, il continue à se tromper de clivage. La France ne se divise plus entre nationalistes et révolutionnaires, entre royalistes et républicains, entre Communards et Versaillais. Elle s’affole devant son effondrement.
Le 6 mai, il y aura, d’un côté, ceux qui se croient réalistes, qui acceptent la rigueur et l’austérité et se résignent à « reprendre Sarkozy pour cinq ans », et, de l’autre, ceux, sans doute un peu rêveurs, qui veulent encore croire en la croissance, en un sursaut possible, en la solidarité et sont prêts, parfois faute de mieux et souvent sans grande illusion, à « essayer Hollande pour un quinquennat » et le changement qu’il promet.
Jusqu’à présent, les sondages nous disent que les rêveurs sont plus nombreux que les réalistes. Et les drapeaux, rouges ou tricolores, sont en berne quand ils ne sont pas relégués au magasin des accessoires d’autrefois.

30 Avr 2012 | Comments (16)

Il ne faut pas tirer sur un corbillard

Médiapart qui est parfois bien informé mais toujours très orienté nous affirme aujourd’hui, à huit petits jours du second tour de la présidentielle, que Nicolas Sarkozy a touché 50 millions d’€ de Kadhafi pour financer sa campagne de 2007.
Cela ressemble, bien sûr, à s’y méprendre à « une boule puante », même si l’accusation semble crédible. Le texte est signé par Moussa Koussa, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien grand responsable des services secrets de Kadhafi, et il évoque la présence, lors de la signature de l’accord, de Brice Hortefeux et du fameux Ziad Takieddine, l’intermédiaire franco-libanais proche de Sarkozy qu’on voit apparaitre dans toutes les affaires louches concernant le monde arabe et islamique. Takieddine vient de faire savoir qu’il n’était pas présent lors de la signature de cet accord mais que l’histoire lui parait « plausible ». C’est un peu ennuyeux.
Au début de la « crise » franco-libyenne, l’un des fils de Kadhafi avait déjà évoqué un financement de la campagne de Sarkozy par les fonds secrets libyens et certains avaient alors mieux compris pourquoi Sarkozy, à peine élu, avait éprouvé le besoin d’accueillir en héros le dictateur de Tripoli qui avait installé sa tente dans les jardins de Marigny et nargué l’Occident tout entier.
Naturellement, on ne connaitra sans doute jamais la vérité, pas plus sur ce financement libyen, en 2007, que sur les rétro-commissions pakistanaises, de 1995, qui auraient financé une partie de la campagne présidentielle de Balladur. Jusqu’à preuve du contraire et en tous les cas tant qu’il bénéficiera de l’immunité présidentielle -encore au moins quelques jours- Sarkozy doit être considéré comme « présumé innocent ».
L’ennui pour lui c’est que nombreux sont les électeurs qui le présument, depuis longtemps, capable si ce n’est coupable de toutes les turpitudes. Dans cette affaire, certains vont même jusqu’à trouver qu’il a, en plus, et sur les conseils avisés de Bernard-Henri Lévy, fait preuve d’une bien grande ingratitude envers son généreux bienfaiteur en le faisant supprimer… pour qu’il se taise.
Ce qui est sûr c’est que le président-candidat n’avait vraiment pas besoin de cela aujourd’hui.
En France, on a toujours tiré sur les ambulances. Maintenant, on tire sur un corbillard.
Et voici DSK, en personne, qui nous ressort la thèse du complot. Il ne nie pas avoir eu des « privautés inopportunes » avec la femme de chambre du Sofitel de New-York mais il affirme que ce sont des proches de Sarkozy qui ont voulu en faire toute une histoire…
Ce soir, Sarkozy et Hollande vont assister au même spectacle, la finale de la Coupe de France de football. Un club de grands professionnels, Lyon, contre un club de semi-amateurs, Quevilly. Au vu de la campagne qui s’achève, on pourrait se demander lequel des deux, du tenant du titre ou de son challenger grandissime favori, de Sarkozy ou de Hollande, est le professionnel et lequel est l’amateur.

28 Avr 2012 | Comments (14)

Entre l’effroi et l’inquiétude

Dominique de Villepin s’est, sans doute, un peu déconsidéré en jetant l’éponge dans la course à la présidentielle sous prétexte qu’il n’avait pas obtenu ses 500 parrainages. S’il ne les a vraiment pas eus, ce n’est pas brillant, s’il les a eus et qu’il a préféré, au vu des sondages, se « dégonfler », ce n’est pas glorieux.
Quoiqu’il en soit, il reste, ne serait-ce que par sa position de gaulliste social intransigeant, une voix qui se fait entendre au milieu de la médiocre cacophonie ambiante.
Après une période de silence pudique, il vient de publier dans Le Monde un article au titre éloquent : « La droite m’effraie, la gauche m’inquiète ».
Comme on pouvait s’y attendre, l’ancien Premier ministre qui avait déjà accusé Nicolas Sarkozy d’avoir « souillé le drapeau français de la tâche de la honte » éreinte le président-candidat. « La campagne du second tour, écrit-il, devient indigne (…) Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une (…) La dérive électoraliste qui s’est engagée est un processus incontrôlable et sans fin (…) Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu ! (…) Je ne supporte pas l’hystérie générale qui s’est emparée de l’élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par six millions d’électeurs en colère (…) C’est mon devoir de responsable politique d’assumer aujourd’hui l’exigence de mon héritage gaulliste en disant le poison mortel qui menace la droite : celui du reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité ».
Villepin a, hélas, raison. En courant plus que jamais après les voix de Marine Le Pen, Sarkozy fait une double erreur. Stratégique et morale. Non seulement, il va perdre plus de voix au centre qu’il n’en gagnera à l’extrême-droite mais, en plus, il va faire imploser la droite classique en lui faisant perdre son identité. Dans son affolement, ce n’est plus « Sauve qui peut » mais « Après moi, le déluge ».
D’abord, parce que les électeurs du Front National qu’il avait su séduire en 2007 et qu’il a abondamment trahis pendant cinq ans ne seront pas dupes de son énième et tardive volte-face. Ensuite, parce que, dans le gros de ses troupes, les nostalgiques du gaullisme, les fidèles du chiraquisme, les démocrates-chrétiens invétérés, les radicaux entêtés qui auraient tous préféré avoir un Juppé, un Villepin, un Borloo comme candidat et qui ne se ralliaient au président-sortant qu’en tordant le nez, ont maintenant, avec ses dernières dérives, un prétexte tout trouvé pour abandonner le navire lui-même justement à la dérive. Ils n’ont plus à se sentir solidaires d’une droite qui a basculé à ce point vers l’extrême-droite.
Cela dit, Villepin se dit « effrayé » par la droite et « inquiété » par la gauche. On pourrait plutôt dire le contraire. Au vu des derniers sondages, si on peut être « inquiet » pour l’avenir de la droite (qui aura cinq ans pour se reconstituer en chapelles cohérentes) on est « effrayé » par la victoire annoncée de la gauche qui aura, elle, soudain à affronter toutes les crises et qui continue à nous raconter, comme si nous étions en pleine croissance, qu’elle veut embaucher des fonctionnaires, créer des emplois aidés, serrer la vis aux riches et relancer l’économie.
Si Sarkozy qui n’a plus guère de chance nous parle de « rigueur », ce qui nous étoufferait davantage encore, Hollande qui semble déjà élu nous parle de « croissance » ce qui va nous ruiner plus encore.
Villepin termine son papier en écrivant : « Le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu’elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d’humanisme ». Autant dire qu’il ne votera pas pour Sarkozy. Et il ajoute « Parce que, en conscience, il faut bien choisir ». Autant dire qu’il votera pour Hollande.
Combien de Français (de droite) vont-ils en faire autant ? Sarkozy n’aura peut-être réussi qu’une seule chose : faire élire triomphalement un socialiste par une France très majoritairement de droite.

28 Avr 2012 | Comments (9)

Bulletins blancs, élection blanche

Les membres de l’Académie française ont décidemment de la chance. Non seulement ils portent un superbe costume verdoyant mais, en plus, leur système électoral est bien meilleur que le nôtre, pauvres mortels que nous sommes. Ils peuvent voter blanc, comme nous, mais, chez eux, ça compte. Et, du coup, il peut y avoir des élections « blanches », c’est-à-dire sans élu. On ne viole pas les Immortels.
Si notre République adoptait le système de la Vieille Dame du Quai Conti, les choses seraient beaucoup plus faciles pour bien des électeurs, dimanche en huit. Et notamment pour tous ceux –sans doute plus nombreux qu’on ne le dit- qui ne veulent ni de Sarkozy ni de Hollande. Les premiers parce qu’ils ne supportent plus physiquement le président sortant, parce que son quinquennat n’a tout de même été qu’une suite d’échecs, de reniements, de volte-face et que son ultime virage « à droite toute » le rend, au choix, méprisable ou détestable. Les seconds parce que voter à gauche leur soulève le cœur en leur rappelant trop de très mauvais souvenirs et que l’idée de mélanger leur voix à celles des derniers communistes de la planète les révulse. Or, hélas, tant qu’il ne sera pas pris en compte, le vote « blanc » ressemble à une sorte de lâcheté.
Hier, les Académiciens n’ont pas fait preuve de lâcheté mais de dignité. Ils avaient à choisir le successeur de Pierre-Jean Rémy et le candidat « vedette » n’était autre que Patrick Poivre d’Arvor.
La candidature de ce journaliste « bidonneur » (la fausse interview de Fidel Castro, entre autres) et « écrivain » plagiaire (sa biographie d’Hemingway, entre autres) était, bien sûr, stupéfiante mais elle était aussi révélatrice de l’état actuel de notre petit monde littéraire.
Les « déclinologues » ont raison d’évoquer nos taux de croissance et de chômage, les déficits de nos comptes et de notre balance commerciale pour démontrer notre déclin mais que PPDA et Gonzague Saint-Bris (pour le siège de Jean Dutourd) osent se présenter à l’Académie est une preuve supplémentaire et évidente de la dégringolade de notre pays.
On peut rigoler de l’Académie française qui, de Michel Droit à Valéry Giscard d’Estaing, a souvent accordé l’immortalité à des plumes qui n’étaient pas forcément les meilleures, mais la Coupole reste tout de même une institution qui symbolise plus ou moins l’esprit, la culture française et son rayonnement à travers la monde.
La « Noble Compagnie » a déjà dû aller chercher un Chinois, François Cheng, une Algérienne, Assia Djebar, et un Libanais, Amin Maalouf, pour faire son plein, faute de candidats « de souche » à la hauteur. Mais qu’elle reçoive maintenant des candidatures de pitres du petit écran et des cocktails parisiens les plus faisandés devient épouvantable.
Heureusement, les bulletins blancs permettent à nos académiciens de n’avoir pas à choisir entre le grotesque et l’insignifiant. Poivre d’Arvor n’a obtenu que 2 voix (on aimerait bien savoir qui) et on veut espérer que Saint-Bris n’en aura pas plus. L’élection d’hier a donc été déclarée « blanche » les autres candidats n’ayant guère fait mieux que le « biographe » d’Hemingway.
On se demande ce que donnerait le 2ème tour de notre présidentielle si les Français pouvaient, eux aussi, d’un bulletin blanc, faire valoir leur refus des deux candidats. Ce serait comme à l’Académie, on reporterait l’élection, deux fois, trois fois, jusqu’au jour où nous aurions enfin trouvé le candidat de notre choix…

27 Avr 2012 | Comments (16)

UMP-FN: l’alliance contre-nature

Il est un brin ridicule, aujourd’hui, de se dire gaulliste. Nous avions, pour cette présidentielle, deux prétendants qui osaient encore évoquer le Général, le premier, Dupont-Aignan, n’a pas atteint les 2%, le second, Villepin, n’a même pas pu être candidat.
Il est tout aussi ridicule de continuer à présenter le Front National comme un ramassis de nostalgiques de Pétain ou de l’OAS.
En France, nous avons l’habitude de nous jeter le passé au visage mais il faudra bien, un jour, reconnaitre que la Résistance, la Collaboration, l’Algérie française appartiennent à l’histoire de plus en plus oubliée du siècle dernier.
Il n’empêche que voir aujourd’hui celui qui se prétend, par moments, l’héritier de de Gaulle faire des sourires, des risettes, des avances à ceux qui, quoi qu’on en dise, sont les héritiers de la famille politique qui voulait assassiner le Général a quelque chose de choquant pour ne pas dire scandaleux.
L’abime qui séparait les deux camps dépassait, en effet, les drames de l’époque. Les uns ne voulaient pas seulement libérer la France alors que les autres idolâtraient le vieux Maréchal, les autres ne voulaient pas seulement garder l’Algérie alors que les uns, sachant que l’ère des colonies était terminée, souhaitaient construire une France moderne. Au de-là des « péripéties » (le mot est faible) du temps, les uns et les autres avaient deux conceptions radicalement différentes de l’homme, de la société, de la politique, du pays.
De Gaulle et Pétain sont oubliés depuis belle lurette, l’Algérie française aussi, mais reste cette cassure fondamentale entre ceux qui croient aux Droits de l’homme, à la générosité, au rôle social de l’Etat et ceux qui prônent toujours « Travail, famille patrie » (comme vient de le faire Sarkozy) sans même savoir que c’était là la devise de Vichy.
Uniquement préoccupé par les petits jeux électoraux, Sarkozy n’a jamais compris que la droite dont il se revendiquait se devait, avant tout, pour rester fidèle à elle-même, d’être « humaniste » en vantant la liberté, l’égalité et, éventuellement, la fraternité. Du coup, aujourd’hui, c’est Hollande qui peut jouer les « humanistes ».
Au lieu de faire de la politique au sens le plus noble du terme, le président-sortant fait ses petits comptes d’apothicaire. 27,06% + 18,03 = 45,09%. Il additionne des parapluies avec des machines-à-coudre, des salsifis avec des potirons. Même si, d’après un dernier sondage, plus de 60% des parapluies (ou des salsifis) se disent prêts à se retrouver avec les machines-à-coudre (ou les potirons) pour éviter une débâcle qui semble annoncée, on est loin du compte. Et d’autant plus qu’il risque fort d’y avoir bien des désertions chez les salsifis et plus encore chez les potirons.
Le défaut de Sarkozy est d’avoir toujours méprisé la politique et les électeurs. Pour lui, la politique n’a jamais été qu’un jeu, comme le poker-menteur, et les citoyens une piétaille qu’on pouvait manipuler à plaisir. Hier, il pratiquait l’ouverture à gauche et crachait sur l’extrême-droite qui lui avait pourtant permis d’être élu, aujourd’hui, il trouve le Front National parfaitement « compatible avec la République » et veut entendre le cri de désespoir lancé par ceux qui se sont réfugiés chez Marine Le Pen.
Toujours aussi « bling-bling » (voir la Patek à 55.000 €), Sarkozy devient de plus en plus « zigzag » et après avoir acheté le silence de Borloo, de Boutin et de Morin, est prêt, pour une platée de voix, à vendre son âme à celle qu’il dédiabolise chaque jour davantage.
Les Français vont-ils accepter cette alliance parfaitement contre-nature ? Il est vrai que personne ne s’étonne que François Hollande ait été rejoint par les communistes de Mélenchon. Mais ceux-là marchent la main dans la main depuis bien longtemps alors que c’est la première fois que la droite demande à l’extrême-droite de lui faire la courte-échelle.
On va, encore, regretter Chirac qui, lui, avait su se montrer intransigeant avec les grands principes et on comprend qu’il ait annoncé son intention de voter Hollande. Il parait, d’après Le Monde, que Bernadette qui avait sa procuration l’aurait tout de même fait voter pour Sarkozy. On est toujours trahi par les siens…

25 Avr 2012 | Comments (21)

Sarkozy ne va pas l’emporter au Paradis

Nicolas Sarkozy a donc décidé –comme on pouvait s’y attendre- de faire sa campagne du deuxième tour « à droite toute ». Quand on n’a obtenu que 27,18% des voix, derrière un socialiste à 28,63%, et que la candidate du Front National en a recueilli 18%, c’est évidemment tentant.
Dès aujourd’hui, il s’est donc lancé, sans vergogne ni pudeur, dans cette opération de séduction des électeurs de Marine Le Pen, en reprenant à son compte les slogans et les thèmes traditionnels de l’extrême-droite.
Soyons justes, le président-candidat n’a énoncé que des vérités premières. Que la France ait des racines chrétiennes, personne ne le conteste. Que l’immigration non contrôlée menace nos traditions et notre culture, c’est une évidence. Que l’Europe soit devenue une passoire, tout le monde le dit. Qu’il y ait trop d’assistés dans notre pays et qu’ils coûtent trop cher, c’est vrai.
On peut d’ailleurs évoquer d’autres vérités toutes aussi premières. La France est un pays foncièrement laïc, la France a toujours été un pays ouvert à l’immigration, l’Europe est, évidemment, l’avenir, il y a trop de chômeurs, trop de défavorisés, trop d’exclus, trop d’injustice dans notre pays.
Au fond, la droite et la gauche se distinguent par le choix qu’elles font entre ces vérités premières qui ne sont contradictoires qu’en apparence et qui révèlent, en réalité, toutes les difficultés d’une politique cohérente et constructive.
Il est parfaitement vrai que Clovis se soit fait baptiser, mais il est vrai, aussi, que la France a choisi la séparation de l’Eglise et de l’Etat, que les Maghrébins et les Africains chamboulent un peu nos traditions mais les Italiens, les Polonais, les Espagnols, eux aussi accueillis avec bien des réticences, ont fini par devenir des Français à part entière, que l’Europe avec ses lois, ses normes, ses diktats est devenue insupportable, mais elle est indispensable à l’heure de la mondialisation, qu’il y a trop d’allocations en tous genres mais c’est l’honneur d’un grand pays que de venir en aide aux plus malheureux des siens.
En se mettant à caresser dans le sens des poils uniquement une frange de l’électorat et sans lui apporter si ce n’est la moindre contradiction du moins quelques éléments de réflexion, Sarkozy donne –et ce n’est, hélas, pas nouveau- une image détestable de la France qu’il semble appeler de ses vœux. Une France tournée vers son passé lointain, refermée sur elle-même, étriquée, égoïste, cruelle. Une France qui pue la chaisière, qui veut casser du bougnoule, s’entourer de barbelés et de miradors et laisser crever sur le bord du chemin tous ceux qui ont raté le train de la réussite.
Or, la France qu’aime la plupart des Français c’est ce n’est pas celle de Louis-Philippe ou de Pétain, de Barrès ou de Maurras, mais celle de Voltaire, des Droits de l’homme, des Soldats de l’An II, de Victor Hugo, de la Résistance ou de Camus.
Sarkozy n’a rien compris. En choisissant les slogans (souvent justifiés) de l’extrême-droite pour tenter de s’attirer les bonnes grâces de 17,90% de l’électorat (qui sont bien loin de lui être acquis), il fait honte à la majorité du « peuple » qu’il prétend représenter. Il ne comprend pas qu’en face de la crise économique et sociale actuelle et de la crise de conscience sans précédent que traverse le pays, les Français rêvent d’une France humaniste qui aurait retrouvé toute sa grandeur, tout son prestige, toute sa générosité, toute sa raison d’être.
C’est tout de même un comble que celui qui s’est longtemps présenté comme un héritier du gaullisme manque de souffle au point de laisser un socialiste représenter les valeurs de l’humanisme. Sarkozy va, peut-être, grignoter quelques voix à l’extrême-droite mais il ne va sûrement pas l’emporter au Paradis.

24 Avr 2012 | Comments (13)

Visions d’horreur

Les Français ont maintenant deux semaines pour choisir. En tous les cas, les 44% d’entre eux qui n’ont voté ni pour Hollande ni pour Sarkozy au premier tour vont devoir se déterminer.
Ils vont écouter les deux finalistes, observer leurs opérations de charme, leurs contorsions, les risettes, les promesses à demi-mots et à gros sabots qu’ils feront, l’un et l’autre, pour séduire le chaland encore hésitant. Ils vont même peut-être relire (ou lire) leur programme.
Mais, en fait, ils vont surtout se souvenir des images du passé. Des visions d’horreur !
Voter Sarkozy c’est continuer à voir sur le devant de la scène Copé, Nadine Morano, Xavier Bertrand, Guéant, Brice Hortefeux, Besson et les autres.
Voter Hollande c’est voir arriver Martine Aubry à Matignon, Ségolène Royal sur le perchoir, Montebourg place Vendôme et deux ou trois communistes autour de la table du Conseil des ministres.
Dans un cas, on se retrouve au Fouquet’s (ou au Crillon), dans l’autre c’est comme un remake de 1981.
On nous raconte que les électeurs de Marine Le Pen et de Mélenchon ont voulu exprimer « leur souffrance » et leur volonté de « changement ». Mais Hollande leur proposait « Le changement maintenant » et Sarkozy « Une France forte ».
En fait, il semble surtout que ces 29% de mécontents aient crié leur refus de redonner le pouvoir à des artistes de série B, sans talent, qui, depuis des décennies, ânonnent le même texte éculé d’un piètre mélo aux énormes ficelles et au dénouement prévisible.
On ne voit pas pourquoi un électeur qui a choisi Marine Le Pen dimanche donnerait sa voix, dimanche en huit, à Sarkozy ou à Hollande qu’il conspue, tous les deux, depuis longtemps en les mettant, tous les deux, dans le même sac « UMPS ». Ni d’ailleurs pourquoi un électeur qui a voté, le 22 avril, pour Mélenchon se mettrait, le 6 mai, à voter Hollande qu’il considère comme « un social traitre ».
Les deux lascars vont, pendant deux semaines, nous faire la danse du ventre, des voiles et de Saint Guy, l’un au rythme de l’Internationale, l’autre à la cadence (prémonitoire) du Chant du Départ.
Leur seule chance est d’aviver le rejet dont l’autre a à souffrir. L’un va nous répéter qu’avec l’autre ce sera « le retour des Bolchéviques ». L’autre va nous affirmer qu’avec l’un ce sera « le triomphe des Deux cents familles ». Mais rares sont les électeurs qui savent ce qu’ont été les Bolchéviques ou les Deux cents familles.
En fait, les lepénistes et les mélenchonistes veulent simplement que Sarkozy et sa clique, Hollande et sa bande ainsi que tous ceux qui ont dirigé la France ces trente dernières années « dégagent »avec leur politique d’austérité, de chômage et de soumission aux marchés et à l’Europe. Ils rêvent d’« un printemps français ». Ils ne l’auront pas.
Il n’est pas impossible que l’abstention revienne à la mode jusqu’aux élections législatives où les triangulaires et même des quadrangulaires pourraient bien fleurir en guise de jasmin…

23 Avr 2012 | Comments (11)

Rien n’est gagné pour l’un, rien n’est perdu pour l’autre

Nous savions tous que François Hollande, 28,63%, allait devancer Nicolas Sarkozy, 27,08%, lors de ce premier tour de la présidentielle. Les « experts » nous disent que c’est la première fois qu’un président sortant n’arrive pas en tête au premier tour. Ils semblent oublier que jamais un président sortant n’avait été rejeté avec une telle violence par une large majorité de l’électorat, à la fois pour son bilan et pour sa personnalité.
Les vraies surprises de ce premier tour sont ailleurs : c’est, d’abord, le superbe score obtenu par Marine Le Pen, 18,10%, et, ensuite, le résultat pour le moins décevant de Jean-Luc Mélenchon, 11,13%. Nous avions été victimes à la fois des sondages et du microcosme parisien qui, depuis des semaines, nous affirmaient que la candidate du Front National pataugeait un peu et que celui du Front de gauche, révélation de cette campagne, allait, par son seul talent, monter sur la 3ème marche du podium.
En réalité, en dé-diabolisant un tantinet son parti et en bénéficiant d’une crise sans précédent, Marine Le Pen a battu tous les records de son père et, malgré ses effets de manche, Mélenchon n’a pu entrainer derrière lui que les habituels électeurs du parti communiste et des groupuscules plus ou moins trotskistes. Bref, l’extrême-droite continue sa progression et l’extrême-gauche stagne toujours.
Mais cette double surprise change évidemment la donne pour le second tour puisque tout va se jouer avec les fameuses « réserves de voix » sur lesquelles les deux finalistes doivent compter. Or, ces réserves ne sont pas celles que nous annonçaient les sondages.
Quand on donnait 16% à Mélenchon cela faisait pour Hollande, avec les quelques % d’Eva Joly, de Poutou et de Nathalie Artaud, un « stock » d’environ 20%. Autant dire que la partie était déjà gagnée pour lui. En voyant, hier soir, la relative déconfiture de Mélenchon, Hollande a vu ses réserves fondre de 5%. Il est passé de 28+20=48 à 28+15=43. Ca change tout.
A contrario, le succès de Marine Le Pen est une bien bonne nouvelle pour Sarkozy qui jusqu’à présent manquait cruellement de réserves. Toutes les études affirment que 60% des électeurs de Marine Le Pen se reporteront sur Sarkozy au deuxième tour. Cela veut dire, en gros, 12% de plus.
On arrive donc (sur le papier) à 43% pour Hollande et 39% pour Sarkozy. Un écart de 4%. Restent les 9,1% de Bayrou. S’ils se portent majoritairement sur Sarkozy, ce qui est vraisemblable, celui-ci l’emporte arithmétiquement. CQFD ! Rien n’est gagné pour l’un, rien n’est perdu pour l’autre
Les politologues nous disaient qu’en se droitisant à outrance, Sarkozy jouait la mauvaise carte. Qu’il allait définitivement perdre le centre sans pour autant gagner quoi que ce soit à l’extrême-droite puisque ces électeurs le penistes (qui l’avaient fait élire en 2007) n’avaient pas oublié qu’il les avait « trahis » tout au cours de son quinquennat.
Mais Sarkozy a fait un autre pari. Convaincu que le centre ne pourrait jamais voter pour le candidat de gauche, il a mené toute sa campagne en ne pensant qu’au deuxième tour avec une seule obsession : récupérer les voix s’étant portées sur Marine Le Pen.
Il lui fallait donc à la fois tout faire pour que Marine Le Pen obtienne le plus beau des scores et ne rien faire pour heurter ces électeurs qui lui seraient indispensables.
En reprenant à son compte un certain nombre de thèmes chers à la famille Le Pen, sur la sécurité, l’immigration, l’Europe et la finance, Sarkozy a participé à la dé-diabolisation du FN et a refait des sourires appuyés à cet électorat d’extrême-droite. Il a permis à Marine Le Pen de dépasser les 18% au premier tour et peut désormais espérer en récupérer une bonne partie au deuxième.
Mais la majorité des 9% de Bayrou va-t-elle accepter de mêler ses voix à celles de Marine Le Pen ?
Ce matin, les instituts de sondages qui se sont tellement trompés pour ce premier tour, nous affirment que Hollande va gagner au second tour par 54% contre 46% à Sarkozy. On se demande comment ils ont bien pu faire leurs calculs.

23 Avr 2012 | Comments (11)

Faites vos jeux, rien ne va plus !

Faute de pouvoir se régaler avec les sondages, nous en sommes réduits, ce samedi, à jouer tout seul.
Un ami fidèle de ce petit blog me met au défi d’oser donner « mes » chiffres. Ce n’est, bien sûr, qu’un jeu et il est pipé puisque nous sommes tous, autant que nous sommes, sous l’influence des instituts de sondages qui, depuis des mois, nous annoncent les résultats. Aucun d’entre nous n’a pu percer les cœurs et les reins des 45 millions de Français appelés aux urnes. Et si les instituts de sondages ont cru pouvoir se montrer péremptoires après avoir interrogé un petit millier d’électeurs soi-disant « représentatifs », il faut bien reconnaitre que chacun d’entre nous n’a pu que bavarder avec quelques dizaines de parents, d’amis ou de vagues relations. Autant dire que nous pourrions avoir bien des surprises demain soir.
Mais le jeu est amusant. Alors je parie (des haricots) qu’on va avoir Hollande à 28%, Sarkozy à 25%, Marine Le Pen à 16%, Mélenchon à 14% et Bayrou à 11%. Les 6% restants allant, dans l’ordre à Eva Joly, Poutou, Dupont-Aignan et Cheminade.
J’ai l’honnêteté d’a vouer qu’avant d’avancer mes chiffres j’ai fait la moyenne de tous les sondages parus cette semaine ce qui donne : Hollande : 28%, Sarkozy : 26,4%, Marine Le Pen : 15,75%, Mélenchon : 13,75%, Bayrou : 10,1%.
Je crois donc que Sarkozy fera un peu moins que prévu, Marine Le Pen, Mélenchon et même Bayrou un peu plus qu’annoncé.
Quoiqu’ait pu en dire et en redire Le Figaro, Sarkozy n’a pas fait une bonne campagne. Si, à chacun de ses grands meetings, il a pu galvaniser ses troupes (qui en avaient bien besoin), à chacune de ses apparitions il a exacerbé l’anti-sarkozisme régnant.
Certes, en cinq ans, ses amis sont passés du Fouquet’s au restaurant du Crillon (qui n’est pas non plus, quoi qu’en pense sans doute son ami Estrosi, « une brasserie populaire ») et il a, lui-même, troqué sa Rolex à 4.000 € contre une Patek à 55.000 €, mais il n’a, au cours de cette campagne, pas su nous présenter « un nouveau » Sarkozy qui aurait pu nous faire oublier le sortant.
Même morgue, mêmes promesses en l’air (sur les référendums, la chasse aux riches), même incohérences (sur la dette, la croissance, l’Europe, la finance), même démagogie (sur les chômeurs, l’immigration, la sécurité), mêmes tics d’épaules et de langage, avec toujours ce « je, je, je » insupportable.
On pourrait presque dire que Sarkozy a mal vieilli en cinq ans. A l’image de la France sur laquelle il a régné. Il ne mérite donc pas les 26,4% que lui accordent les sondages. Mes 25% sont très suffisants.
Cela dit, comme tout le monde et avec la même mauvaise foi, dès demain soir, j’affirmerai que les résultats du scrutin (qui n’auront, sans doute, rien à voir avec mes prévisions) sont parfaitement logiques et étaient, en tous les cas, évidemment prévisibles. Et on pourra alors commencer à s’amuser sérieusement avec le deuxième tour.

21 Avr 2012 | Comments (7)

La 3ème marche du podium

Dans toutes les compétitions sportives, le podium compte trois marches. Médaille d’or, médaille d’argent, médaille de bronze. Pour le premier tour de la présidentielle, il n’y a que deux marches, réservées aux finalistes du deuxième tour. C’est un peu dommage.
A moins que tous les sondages ne se soient totalement trompés, on sait quels seront, dimanche, ces deux sélectionnés : Hollande et Sarkozy. A part en 2002, avec Chirac et Le Pen, et en 1969, avec Pompidou et Poher, la finale a toujours vu s’affronter les représentants des deux « grands » partis du pays.
Il sera, bien sûr, intéressant de voir si Hollande confirme, dès le premier tour, l’écrasante suprématie que lui ont accordée les sondages ou si Sarkozy a réussi, mieux que prévu, sa remontée.
Mais le plus révélateur sera le classement des éliminés. Qui remportera la médaille de bronze, la 3ème place ? Marine Le Pen, Mélenchon ou, pourquoi pas, Bayrou ? D’abord, cela permettra, avec un rapide calcul des reports de voix prévisibles, d’imaginer les résultats du second tour, ensuite et surtout cela donnera une image relativement exacte de l’ambiance du pays.
On sait déjà que ces trois larrons représentent plus de 40% des intentions de vote. La candidate du Front national et celui du Front de gauche avec, chacun, plus ou moins 15%, le candidat du MoDem avec au moins 10%. Ce n’est évidemment pas flatteur pour les deux ténors qui caracolent en tête. Jamais « les seconds couteaux » n’ont attiré autant de sympathie.
Jamais surtout les extrémistes n’ont atteint de tels scores. Si Jean-Marie Le Pen a réussi, entre 1974 et 2007, à passer de 0,62% à 10,44% (avec sa fameuse « pointe » à 16,86% en 2002), à l’extrême-gauche, les révolutionnaires de service -Arlette Laguiller et Krivine en 1974 et la même Arlette Laguiller et Besancenot en 2007- ne sont passés, pendant ces mêmes trente-trois années, que de 2,24 à 5,41%.
Il est vraisemblable que Marine Le Pen fera un score meilleur que celui de son père en 2007 (si ce n’est en 2002) et il est plus que probable que Mélenchon recueillera infiniment plus de suffrages que n’en ont jamais obtenus Laguiller, Krivine ou Besancenot. Suffrages auxquels il faudra ajouter les miettes obtenues par Poutou ou Nathalie Arthaud.
Naturellement, on nous dira que Marine Le Pen a son fonds de commerce hérité de papa et que Mélenchon a du talent. C’est un peu court. Si 8 à 9 millions de Français choisissent maintenant des candidats qui veulent « tout foutre en l’air » c’est qu’il y a désormais un vrai problème dans ce pays, problème que le vainqueur de la finale, Hollande ou Sarkozy, ne pourra pas régler, quelles que soient les concessions, avouées ou honteuse, qu’il aura pu faire pour récupérer ces voix de révoltés au deuxième tour.
Tout(e) battu(e) qu’il (ou elle) sera, celui (ou celle) qui arrivera en troisième position dimanche soir pourra parler fort et, pour peu que les deux finalistes se retrouvent dans un pochoir de poche, vendre au prix fort les voix qu’il (ou elle) aura engrangées. Hollande veut faire croire qu’il ne fera aucune concession à Mélenchon. On peut en douter. Sarkozy, lui, a déjà, et depuis longtemps, multiplié les signes de bonne volonté vers Marine Le Pen ou du moins son électorat.
D’habitude, au premier tour, les candidats rassemblent leur camp et ne se mettent à ratisser large qu’au second tour. Cette fois, pendant toute la campagne, Hollande a joué les centristes rassurants et Sarkozy la droite dure et énergique. Maintenant Hollande va devoir séduire la gauche de la gauche et Sarkozy à la fois l’extrême –droite et le centre.
Mais attendons dimanche…

20 Avr 2012 | Comments (7)

Page suivante »