Il n’est sûrement pas facile d’être la « compagne » d’un candidat à la présidence de la République. A fortiori quand celui-ci est donné grandissime favori. Il faut être discrète sans pour autant se cacher. Il faut surtout se préparer à son éventuel futur statut car avec Hollande et Valérie Trierweiler, ce sera inédit. Nous n’avons jamais eu, jusqu’à présent, de… « Première concubine de France ». Quel rôle jouera-t-elle à l’Elysée et comment le protocole la présentera-t-il lors des voyages officiels à l’étranger ?
On doit reconnaitre que, depuis l’entrée en lice de François Hollande, Valérie Trierweiler s’en était plutôt bien sortie. Effacée mais ni trop ni trop peu. On pensait qu’elle devait ce savoir-faire à sa profession de journaliste.
Salariée depuis longtemps de Paris-Match (qui appartient à un grand ami de Nicolas Sarkozy) et de Direct 8 (qui appartient à un autre grand ami du président) on croyait qu’elle avait appris que la presse était libre, que la « peopolisation » était devenue la règle dans le monde politique, que, quand on voulait devenir un personnage public, on perdait tout droit à la vie privée et qu’il était toujours absurde de se mettre à dos la presse qui est, par définition, la plus forte.
Mais la tête et les chevilles gonflent sans doute aussi vite que les sondages. Et ne voilà-t-il pas que la péronnelle nous fait une colère, monte sur ses grands chevaux et se ridiculise !
Pourquoi ? Tout simplement parce que Paris-Match, le journal qui l’emploie, a osé faire sa « Une » avec sa photo, sous le titre « L’atout charme de François Hollande ». On avait déjà vu des titres plus désagréables.
N’importe qui de sensé se serait contenté de sourire en observant le ralliement sans pudeur de l’hebdomadaire sarkoziste qui prouvait ainsi qu’il ne lui avait pas fallu quinze jours (et quelques sondages) pour tourner casaque.
Mais Valérie Trierweiler s’y croit déjà et tient à faire savoir qu’avec elle la presse ne va pas rigoler. Succédant d’une certaine façon à la Montespan, à Mme de Maintenon, à la Pompadour, à la du Barry et à quelques autres, elle hurle au crime de… lèse-majesté. Elle écrit sur son site : « Quel choc de se découvrir à la « Une » de son propre journal ! Colère de découvrir l’utilisation de photos sans mon accord ni même être prévenue »
Mais pour qui se prend-elle ? Ne s’est-elle pas aperçue, en 23 ans de Paris-Match, que « son » journal avait pour habitude d’attirer ses lecteurs avec des photos glamour, souvent plus ou moins « volées ». Pourquoi n’a-t-elle pas démissionné quand Match a publié à la « Une » une photo de Cécilia et de son amant (ce qui était autrement plus désagréable pour Sarkozy qui a, d’ailleurs, obtenu la tête du directeur de Match). Veut-elle que, si jamais son « homme » devient chef de l’Etat, la publication de toute photo soit soumise à autorisation préalable ? A-t-elle l’intention de trainer en justice « son » journal pour l’avoir diffamée en affirmant qu’elle était « l’atout de charme » du candidat socialiste ?
Le grand public connaissait peu Valérie Trierweiler. Mais avec cette réaction particulièrement idiote, certains vont se mettre à redouter d’avoir une harpie à l’Elysée.
On veut croire que Hollande, décidément habitué aux femmes difficiles, aura assez d’autorité pour la remettre sur le droit chemin.

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