Restons calmes!
Nicolas Sarkozy a été chahuté hier dans les rues de Bayonne par quelques jeunes socialistes et une poignée d’indépendantistes basques. Ce n’est pas un drame national. Restons calmes !
Quand on a l’habitude de faire venir par cars entiers ses partisans de toute une région pour être acclamé, on doit admettre que d’autres puissent venir vous huer, vous siffler, vous conspuer. C’est la règle du jeu.
Au théâtre, ceux qui ont payé leur place ont le droit d’applaudir quand ils sont contents du spectacle et de jeter de tomates (ce qui ne se fait plus beaucoup, vu le prix des légumes) quand ils trouvent les acteurs par trop mauvais. On peut imaginer que les jeunes de Bayonne ont payé leur place en allant pointer à Pole-Emploi et qu’ils ne trouvent pas le président-sortant convainquant dans ce « remake » de candidat promettant un monde nouveau.
Cela dit, toutes les chaînes de télévision nous présentant, depuis hier soir, un Sarkozy réfugié dans un bistrot protégé par les CRS casqués et un Hollande triomphant dans un meeting devant des dizaines de milliers de supporters, nous avions presque l’impression que la partie était jouée et, en tous les cas, que toutes ces chaines de télévision avaient déjà retourné leur veste et rallié, avec armes et bagages et sans pudeur, le camp du vainqueur qu’elles désignaient elles-mêmes.
Les amis de Sarkozy ont eu, évidemment, tort d’affirmer que ces chahuteurs bayonnais mettaient en péril la démocratie. Quand Hollande a été « enfariné » par une folle ou quand Montebourg et sa compagne ont été (un peu) agressés à la sortie d’un restaurant du XVIème, personne n’a affirmé que la République était menacée.
C’est sans doute la réaction de Sarkozy lui-même qui est la plus malheureuse. Il a accusé Hollande d’avoir instauré un climat de violence dans le pays en ayant annoncé une « épuration » des grands corps de l’Etat.
Certes, le candidat socialiste a bel et bien fait savoir que, s’il était élu, il reviendrait sur certaines nominations récentes dans la haute administration. Sarkozy, comme tous ses prédécesseurs (et comme tous ses successeurs, ne nous faisons aucune illusion) a casé ses copains, ses fidèles, ses affidés dans des postes clés de l’Etat. Et comme le proche avenir devient de plus en plus incertain pour tous ces courtisans, les nominations se précipitent un peu. Classique. Comme serait classique la « placardisation » de tous ces suppôts du camp du vaincu. On a connu ça en 1981, en 1995 et même en 2007. Ca peut s’appeler « une purge » mais en aucun cas « une épuration ».
Il est très dommage que le président de la République n’ait toujours pas appris qu’en France il y a des mots qu’il ne faut utiliser qu’avec modération. Et ce n’est pas parce qu’il a entrepris une politique de… « collaboration » avec la chancelière allemande qu’il peut accuser son adversaire de préparer une « épuration ». Il semble d’ailleurs oublier que l’épuration en question a été menée par les Gaullistes dont il se réclame plus ou moins. Veut-il alors présenté le sarkozisme comme ce qu’a été le régime de Vichy ?
Une chose est sûre, les Français en ont assez qu’on leur ressorte en permanence ces références à un passé lointain, aussi douloureux fut-il. Guéant vient d’accuser Marine Le Pen d’être nationale-socialiste, Sarkozy évoque l’épuration, mais quand vont-ils enfin nous parler de la France du XXIème siècle ?
02 mar 2012 14:15 1. Flyin'Dutch
« Mais quand vont-ils enfin nous parler de la France du XXIème siècle ? »
Le 3 janvier 1973, Pompidou, qui avait été directeur général de Rothschild a fait passer une loi en catimini par son ministre des finances, un certain Valéry Giscard d’Estaing, qui oblige l’État a emprunter aux banques à des taux pharaoniques alors qu’il pouvait avant se financer lui-même à taux zéro.
Quarante ans après l’éviction du Général au profit du cartel bancaire mondial, cette phase des quarante piteuses qui a succédé aux trente glorieuses semble nous montrer que la France du XXIème siècle ne sera rien d’autre qu’une province fédérée de l’Europe supranationale qui dissout l’identité des peuples, s’approprie les pouvoirs régaliens et offre sur un plateau les services publics aux multinationales qui font monter les prix et baisser la qualité. Alors ces crêpages de chignons entre nos « élites », je n’y vois rien de plus que du grand-guignol.
02 mar 2012 14:37 2. bentolila
Les Ethylotest obligatoires dans les voitures à compter du premier juillet prochain. Ils nous saoulent….
Non Lulu les pinces à épiler ne sont pas obligatoires dans les 4 L…
02 mar 2012 22:17 3. NINI 86
Cuisine électorale – Voilà maintenant Nicolas Sarkozy essuyant un bombardement d’oeufs à Bayonne…Déjà, début février, à Lille, François Hollande avait eu droit à une projection de farine.Encore quelques ingrédients et d’ici le premier tour,un de nos candidats à la présidendielle aura droit à un entartage en bonne et due forme.Il faut dire qu’en politique, les opposants ont toujours eu de l’imagination pour développer l’art de la protestation culinaire.Les tomates, évidemment, mais aussi le lait, grande spécialité des agricukteurs en colère.
C’est logique: la France, après tout, c’est le pays des droits de l’homme et de la bonne bouffe.Et puis à force de nous en faire avaler des vertes et des pas mures, ils est compréhensible que les électeurs victimes d’indigestion rendent de temps en temps la monnaie de leur pièce culinaire à ceux qui les courtisent.C’est aussi ça la cuisine électorale.
04 mar 2012 20:29 4. Chaneul
« Il est très dommage que le président de la République n’ait toujours pas appris qu’en France il y a des mots qu’il ne faut utiliser qu’avec modération »… Forcément, c’est un inculte ! Sa seule culture, c’est l’argent !
« …mais quand les politiques vont-ils enfin nous parler de la France du XXIème siècle. » Mais jamais, surtout pas !
Parler de la place de la France dans l’Europe et dans le monde ? Quelle Horreur ! Nous sommes trop stupides et puis
comme les politiques ont vendu la souveraineté de la France à l’Europe, ils auraient trop peur que les Français se révoltent… Le réveil sera brutal mais dormez tranquille, les petits, ils s’occupent de tout…