Archives par moismars 2012



Une hypothèse de moins en moins farfelue

Au café du commerce que sont devenus nos salons dits « parisiens » on discute, depuis plusieurs jours, d’un nouveau scénario qui ne faisait pas partie jusqu’à présent des hypothèses qu’on élaborait et qui ne manque pas d’intérêt.
Jusqu’à présent et avec le ton péremptoire qu’on leur connait, tous nos politologues nous affirmaient qu’avec l’instauration du quinquennat et des législatives se déroulant dans la foulée de la présidentielle le risque de la cohabitation était à tout jamais éliminé puisqu’après avoir donné la victoire à un candidat les électeurs ne pouvaient que lui donner une large majorité à l’Assemblée. Les élections législatives n’allaient donc plus être qu’une succession de raz-de-marée confirmant la présidentielle, vague bleue quand le président élu serait de droite, vague rose quand il serait de gauche.
L’étonnante situation d’aujourd’hui permet de mettre en doute ce scénario trop bien programmé. Aucun des deux favoris ne suscite l’enthousiasme. La droite trainera des pieds pour réélire Sarkozy, la gauche louchera vers Mélenchon et ne votera Hollande que par défaut. Ca change tout.
Quel que soit le vainqueur du premier tour, les reports de voix pour le deuxième tour exigeront des tractations délicates et parfois compromettantes. Quels cadeaux Sarkozy devra-t-il faire à Bayrou et à Marine Le Pen pour tenter de récupérer leurs voix ? Quelles concessions Hollande fera-t-il à Mélenchon et au même Bayrou pour séduire leurs électeurs ?
Plus personne aujourd’hui ne se risque à annoncer une écrasante victoire de Hollande au second tour. Mais que ce soit lui ou Sarkozy qui l’emporte, rien –et c’est une grande nouveauté-ne sera joué pour autant car pour prendre en main le pouvoir celui qui aura gagné les clés de l’Elysée devra encore obtenir une majorité à l’Assemblée.
Or, entre la présidentielle et les législatives le président devra nommer un gouvernement. Et c’est alors, et alors seulement, que les Français découvriront vraiment qui ils ont élu.
Il est évident que si Hollande, élu, nomme Martine Aubry à Matignon, Montebourg à la Justice, Valls à l’Intérieur et fait entrer deux ou trois communistes au gouvernement pour remercier Mélenchon de son ralliement, les électeurs qui, en votant pour lui, avaient cru avoir affaire à un social-démocrate de bon ton seront fous furieux et le lui feront payer au prix fort lors des législatives.
Mais il est tout aussi évident que si Sarkozy, élu, reprend les mêmes, les Juppé, Copé, Le Maire, Baroin, Kosciusko-Morizet et autres, tous ceux qui avaient finalement souhaité lui redonner une chance en croyant qu’il avait compris toutes ses erreurs du quinquennat et qu’il avait changé seront désespérés et qu’ils hésiteront avant de lui offrir une majorité bleue horizon à l’Assemblée.
Or, on ne voit pas où, ailleurs que chez leurs amis, aussi bien Hollande que Sarkozy pourraient se trouver une nouvelle équipe pour séduire les électeurs des législatives.
On veut croire que François Hollande et Nicolas Sarkozy ont déjà réfléchi à ce problème, qu’ils ont compris que la bataille ne se terminerait pas au soir du deuxième tour de la présidentielle et qu’ils ont déjà, l’un et l’autre, choisi celui (ou celle) qu’ils enverraient à Matignon pour gagner les législatives. Martine Aubry à Matignon ferait perdre la gauche tout comme Copé ferait perdre la droite.
Un quinquennat qui commencerait par une cohabitation n’est donc plus une hypothèse absurde. Mais ce ne serait sûrement pas la meilleure formule pour affronter toutes les catastrophes en perspective.

30 Mar 2012 | Comments (6)

Présidentielle, sondages et sexualité…

Les Français commençant visiblement à en avoir assez des sondages quotidiens qui, tout en reconnaissant qu’il y a toujours une marge d’erreur de 3%, donnent un demi-point de plus à l’un et un point de moins à l’autre, l’Ifop vient de réaliser un sondage qui sort de l’ordinaire et a le mérite d’être rigolo même si, comme pour tous les sondages, on peut en contester les résultats.
L’Ifop a demandé aux électeurs de droite, du centre, de gauche, d’extrême-droite et d’extrême-gauche non plus pour qui ils allaient voter mais… quelle était leur sexualité.
Les résultats de cette enquête (publiés par Libération, ce matin) sont très révélateurs et, somme toute, peu surprenants à une exception près toutefois.
Les électeurs de François Bayrou ont, en moyenne, 5,9 rapports sexuels par mois, ceux de Nicolas Sarkozy 6,7, ceux de François Hollande 7,6, et ceux de Jean-Luc Mélenchon 7,7. L’enquête ne semble pas avoir porté sur les électeurs d’Eva Joly, de Dupont-Aignan, de Nathalie Artaud ou de Philippe Poutou, ce qui ne veut pas dire qu’ils n’aient aucune vie sexuelle.
Personne ne s’étonnera que les centristes, souvent hésitants et timorés, arrivent en queue de peloton et on peut deviner, surtout en ce moment, pourquoi les électeurs de l’UMP sont moins attirés par la fornication que ceux du PS ou a fortiori du Front de gauche. On comprend soudain aussi pourquoi certains, à gauche, regrettent encore l’absence de DSK dans la compétition.
Mais ce gout pour le sexe ne semble pas nouveau puisqu’à la question « Combien avez-vous eu de partenaires au cours de votre existence ? » les électeurs de l’UMP en avouent « 7 » alors que ceux du PS en revendiquent « 9 ». On « baise » donc moins à droite qu’à gauche. Sauf que…
La grande surprise vient des électeurs du Front National qui battent tous les records : 8 fois par mois et 10 partenaires.
Du coup, politologues été sexologues s’y perdent un peu. Les performances n’augmentent donc pas de la droite à la gauche mais plutôt du centre vers les extrêmes, des partisans modérés du « ni-ni » aux protestataires prêts à tout casser, toutes couleurs confondues. De Bayrou à Mélenchon et plus encore à Marine Le Pen. Des réalistes aux utopistes.
Certains en viennent alors à se souvenir que les spécialistes de la sexologie rappellent qu’on ne peut jamais tenir le moindre compte des statistiques basés sur le témoignage des individus, chacun se vantant plus ou moins de ses performances.
Les gens de gauche et plus encore ceux d’extrême-droite seraient donc tout simplement plus vantards que les autres…

30 Mar 2012 | Comments (5)

11.200.000 pauvres en France !

A force de suivre à la loupe les sondages quotidiens et d’écouter à longueur d’émissions les débats sur le terrorisme, la viande halal, l’euthanasie ou le mariage des homosexuels, on finirait par oublier l’essentiel.
L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, organisme officiel, sérieux et –malheureusement- totalement crédible, vient de nous rappeler brusquement à la réalité.
Dans son rapport publié aujourd’hui, il nous apprend qu’il y a 11.200.000 Français « touchés soit par la pauvreté monétaire, soit par des privations matérielles sévères, soit par une très faible intensité de travail ». En clair et au-delà de cette terminologie toute administrative, cela veut qu’il y a, dans notre pays, plus de 11 millions de nos compatriotes qui crèvent plus ou moins de faim, qui vivent dans des habitations souvent insalubres, qui ne peuvent pas se soigner comme il faudrait et dont les gosses n’ont sans doute aucun avenir.
C’est, évidemment, totalement inadmissible dans un pays qui est encore la cinquième puissance économique de la planète. On ne peut plus dire qu’« il fait bon vivre en France ». En tous les cas, pas pour tout le monde.
Et encore ces chiffres épouvantables datent-ils de 2009 et l’Observatoire redoute « une augmentation sensible du nombre des pauvres au cours de ces trois dernières années » en raison de la crise qui frappe tout particulièrement « les femmes, chefs de famille monoparentale et leurs enfants, les hommes isolés et dépourvus de qualifications professionnelles et les femmes seules et âgées ».
En 2009, derniers chiffres connus donc, 8.200.000 Français vivaient avec moins de 954 € par mois et 2.000.000 avec moins de 640 € par mois. 13,5% de la population étaient ainsi sous le seuil de pauvreté.
Pendant sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy s’était engagé à « réduire d’un tiers la pauvreté en France » au cours de son quinquennat. Cette pauvreté n’a fait qu’exploser depuis son entrée à l’Elysée et l’Observatoire remarque qu’aujourd’hui même ceux qui ont un emploi peuvent se trouver sous cette terrible ligne de pauvreté, ce qui est évident puisque nous avons 4,5 millions de chômeurs et 11,2 millions de « pauvres ».
Ces chiffres sont, bien sûr, les pires de tout le bilan que peut présenter le président sortant et candidat. Le reste –la dette, la sécurité, l’immigration, la viande halal, la chasse aux milliardaires- devient insignifiant et dérisoire en face de cette misère qui envahit et ravage le pays. Et si ces 11 millions de pauvres accusent évidemment le président-candidat, ils devraient aussi « interpeller », comme on dit, les autres candidats.
Or, pas un seul de nos « grands » candidats n’a évoqué ce drame. C’est révélateur de l’immense fossé qui s’est creusé entre notre classe de politicards ambitieux et les réalités du pays.
On nous dira que ces « pauvres », croupissant dans leur misère et leur désespoir, ne votent pas et n’ont donc strictement aucun intérêt. Lors de la dernière présidentielle, en 2007, il y a eu 16,03% d’abstentionnistes. Etaient-ils tous des pauvres ? Aujourd’hui, il y a, d’après les sondages, 14% d’électeurs qui choisissent Mélenchon. Sont-ils tous des « bobos », comme on nous l’affirme ?
Il faudrait peut-être se méfier. Sans parler d’une morale qui devrait exiger de tous nos dirigeants qu’ils mettent tout en œuvre pour lutter contre cette immense pauvreté, il n’est pas impossible qu’un jour ces « damnés de notre pays » ne relèvent tête. On finirait presque par le souhaiter.

29 Mar 2012 | Comments (8)

Quand Delanoë honore les staliniens

L’île Saint Louis est, évidemment, l’un des lieux privilégiés de la capitale. Tout est parfait, les façades des immeubles du XVIIème siècle, la Seine qui roucoule avec ses péniches, la vue sur Notre-Dame et le Panthéon, l’accordéoniste de la passerelle et même, par beau temps, les glaces de Berthillon. C’est Paris dans ce que notre capitale a de plus beau.
Or, ce matin, promenant mon chien, j’ai découvert, stupéfait, que Bertrand Delanoë avait, hier, éprouvé le besoin de baptiser la pointe ouest de l’île du nom de… Louis Aragon. Cette pointe de l’île est l’endroit le plus délicieux, c’est ici qu’on a l’impression que l’île Saint Louis tente de doubler sur la droite l’île de la Cité et que tous les touristes viennent se prendre en photo.
Personne ne conteste qu’Aragon ait été un grand écrivain. « Les cloches de Bâle », « Les beaux quartiers », « Aurélien », « La semaine sainte » et plus encore « Les yeux d’Elsa » font partie des beaux textes du siècle dernier.
Mais, aux yeux de l’Histoire, Aragon restera surtout comme le plus fanatique, le plus acharné, le plus fou de tous nos intellectuels égarés dans le culte de Staline, « le petit père des peuples », et l’adoration de l’Union soviétique, avec son goulag, son KGB, ses famines organisées, son odieuse tyrannie. Lui qui traitait tous les anti-communistes de « crapules » et de « salauds » a été la pire des crapules et le pire des salauds en se faisant, jusqu’à la mort, un propagandiste délirant de cette horreur que fut le marxisme à la sauce stalinienne
Membre du Comité central du Parti communiste, Prix Lénine, auteur de « Hourra l’Oural », de cinq volumes intitulés « Communistes », de « Elégie à Pablo Neruda » et de « Introduction aux littératures soviétiques », Aragon a souvent rejoint dans l’ignoble les Céline (lui aussi grand écrivain), Brasillach, Chack, Rebatet, Béraud et autres Maurras.
Il est parfaitement scandaleux que le maire de Paris ait ainsi voulu honorer la mémoire d’un homme qui avait si souvent déshonoré la France et l’intelligence. Mais il est vrai que ce même maire de Paris avait déjà, il y a trois ans, voulu honorer la mémoire de Marie-Claude Vaillant-Couturier, autre vaillante stalinienne, en donnant son nom au quai de la rive droite qui fait désormais face à la place Aragon. Ici, la Seine coule maintenant entre deux des figures les plus caricaturales de ce que fut le stalinisme français. Et personne, pas même le moindre conseiller municipal UMP de Paris, n’a protesté.
Ce samedi Delanoë va faire distribuer 200.000 tracts dans tout Paris demandant aux Parisiens de voter pour Hollande, avec sans doute « le bonjour de Staline ».

28 Mar 2012 | Comments (6)

Le Grand Prix de l’Elysée

Finalement, on comprend la passion des turfistes qui, dans les tribunes d’Auteuil ou de Longchamp, trépignent de joie ou hurlent de désespoir en voyant le tocard remonter le peloton, l’outsider aborder le dernier virage en tête ou le crack refaire son retard.
La course à l’Elysée est devenue un spectacle national et on en viendrait presque à oublier qu’il s’agit tout de même du destin du pays. On surveille les sondages, on attend les petites phrase, on épie les coups bas. Qu’importe que le chômage ait encore augmenté (d’ailleurs, selon Sarkozy, il n’a pas augmenté puisque… sa hausse a baissé !) l’essentiel est que le président-candidat ait gagné 0,5% dans les intentions de vote.
Soyons sport, la remontée de Sarkozy dans ces sondages est stupéfiante. Il y a trois mois, on nous affirmait qu’il avait de grandes chances d’être éliminé dès le premier tour par Marine Le Pen. Cela paraissait logique. Le bilan de son quinquennat était épouvantable et sa personnalité était devenue insupportable pour beaucoup de Français depuis des mois.
Aujourd’hui, un sondage de l’Ifop le met en tête au premier tour, avec 28,5%, devant Hollande, 27%, Marine Le Pen, 15,5%, Mélenchon, 13%, et Bayrou, 11,5%. Ce qui veut dire –si on considère que les électeurs de Marine Le Pen et de Bayrou sont « de droite »- que la droite recueille 55,5% des intentions de vote. Or, selon ce même sondage de l’Ifop, au second tour, Hollande l’emporte par 54% contre 46% au candidat de droite. Ceux qui auront voté au premier tour pour la candidate du Front Nationale ou le candidat de MoDem ne se rallieraient pas en masse à celui de l’UMP alors que ceux qui auront préféré Mélenchon rejoindraient comme un seul homme le candidat du PS. On s’en doutait.
A 27 jours de l’arrivée, la course est passionnante à observer.
Les troisièmes couteaux patinent. Marine Le Pen n’a, évidemment, pas le talent de son père. En voulant dé-diaboliser le Front National, elle lui a fait perdre de son « charme ». En « gauchisant » son semblant de programme économique, elle a dérouté certains de ses électeurs. Bayrou, lui, fatigue. Il pensait naïvement que cette troisième tentative serait la bonne, en fait, on l’a trop vu et on lui en veut presque d’avoir eu souvent raison avant les autres. Quant à Eva Joly, à 2%, elle fait payer cher aux Ecologistes de l’avoir choisie comme candidate.
C’est « le poulain de l’année » qui restera comme la révélation de la course, Mélenchon. Personne n’aurait jamais parié un sou sur cet ancien apparatchik du PS, reconverti dans l’extrême gauche et allié aux survivants du parti communiste. Et voici qu’il devance d’une large encolure le candidat du centre. Mais il est le seul à avoir compris que, dans un pays qui compte 8 millions de gens vivant sous la ligne de pauvreté, il n’est pas absurde d’affirmer qu’il faut « tout balancer ».
Reste que les spectateurs n’observent plus désormais que les deux étalons de tête. L’un a été décevant pendant cinq ans, l’autre l’est depuis trois mois.
Sarkozy sait que la France est majoritairement à droite, il se persuade que les Français sont légitimistes, il pense que son adversaire est « nul » et il veut maintenant espérer que les drames de Montauban et de Toulouse vont faire oublier le terrible handicap de son bilan et réactualiser les thèmes qui lui sont chers (et qui lui ont déjà rapporté gros) de l’immigration et de l’insécurité. Rien n’est moins sûr. Un autre sondage, publié aujourd’hui, rappelle encore que, pour les Français, les deux grands thèmes de préoccupation sont le pouvoir d’achat et le chômage.
Hollande sait que beaucoup d’électeurs ne supportent plus Sarkozy et en ont assez de la droite au pouvoir depuis dix ans. Après avoir fait la course en tête sans trop se fatiguer, il a compris, maintenant que l’autre l’a rattrapé, qu’il va lui falloir accélérer sérieusement dans les derniers mètres. Mais a-t-il encore le souffle nécessaire ?
La course d’endurance va se jouer au sprint. Le tout est de savoir lequel des deux va s’effondre avant le poteau.

27 Mar 2012 | Comments (11)

Non, Hollande n’est pas le président sortant !

Que les candidats à l’élection présidentielle se servent, dans leurs polémiques, d’un fait divers particulièrement atroce survenu en pleine campagne électorale est inévitable mais absurde.
Personne ne peut réellement reprocher à nos services de sécurité de n’avoir pas mis hors d’état de nuire Mohamed Merah avant qu’il ne commette ses tueries et personne ne peut reprocher aux hommes du RAID d’avoir abattu cet assassin au cours d’un assaut pendant lequel plus de 300 projectiles ont été tirés.
Ce qui est stupéfiant c’est que Nicolas Sarkozy se serve de ce drame de Toulouse et de Montauban pour attaquer François Hollande et lui reprocher son laxisme en matière de lutte contre l’insécurité et le terrorisme.
Certes, la gauche a, quand elle était au pouvoir, souvent fait preuve d’angélisme, de « naïveté » a même avoué Jospin, et a toujours préféré la prévention à la répression. Mais la gauche n’est plus au pouvoir depuis dix ans et Sarkozy semble oublier que c’est lui qui est au pouvoir et que c’est donc à lui, et à lui seul, qu’on pourrait reprocher tous les dysfonctionnements que l’affaire Merah aurait brusquement mis au grand jour : absence de politique d’intégration des enfants de l’immigration, échec de la lutte contre la petite délinquance, échec de la politique de réinsertion en milieu carcéral, échec de la surveillance des groupuscules islamistes, échec de la lutte contre les trafics d’armes, etc.
Merah avait 23 ans. Il avait donc 13 ans quand Sarkozy est devenu ministre de l’Intérieur. Autant dire que ce petit délinquant, issu de l’immigration, et qui a basculé dans le fanatisme le plus fou était « un enfant de Sarkozy ».
Le président-candidat reproche aujourd’hui à son adversaire et à la gauche en général ne n’avoir jamais voulu voter les innombrables lois sécuritaires que la droite a proposées au cours de ces dix ans. C’est vrai. Mais il omet de préciser que toutes ces lois ont été bel et bien adoptées par le Parlement malgré l’opposition de Hollande et de ses amis. Si on peut donc éventuellement reprocher à l’opposition d’avoir fait de… l’opposition, on peut surtout accuser Sarkozy et ses amis de n’avoir pas su faire appliquer ces lois, voire même d’avoir voulu submerger l’opinion d’un déluge de textes écrits à la va-vite et bien souvent inapplicables.
A écouter Sarkozy, hier à Rueil-Malmaison, on avait l’impression d’entendre un candidat fustigeant le bilan d’un adversaire qui, au pouvoir, n’aurait jamais su faire preuve du courage nécessaire pour assurer la sécurité des Français.
En 2007, Sarkozy s’était fait élire en se présentant comme « l’homme de la rupture » qui allait sauver la France en rompant avec toutes les mauvaises habitudes du régime précédent. Personne n’avait voulu être désagréable au point de lui faire remarquer qu’il faisait, précisément, partie de ce régime précédent.
Cette fois, il se présente en adversaire résolu de tous ceux qui sont, selon lui, responsables de la situation actuelle du pays et il les désigne clairement à la vindicte populaire : ce sont les socialistes. Quelqu’un aura-t-il l’audace de faire remarquer que le président sortant, responsable de tous nos malheurs, n’est pas… François Hollande.
On savait que Sarkozy avait un culot fou, mais à ce point !

25 Mar 2012 | Comments (9)

Entre « un nul » et « un plombé »

Selon « Le Monde Magazine » de cette semaine, Nicolas Sarkozy est convaincu qu’il va gagner cette élection présidentielle… « parce que Hollande est nul ».
A Nice, entre deux discours de campagne, le président-candidat a déclaré textuellement à Philippe Ridet, le journaliste du Monde : « Je vais gagner et je vais même te dire pourquoi. Il n’est pas bon et ça commence à se voir. Hollande est nul. Il est nul, tu comprends ? Royal, on peut en dire ce qu’on veut, mais elle avait du charisme ». Et Sarkozy d’ajouter : « Bien sûr, tu gardes ça pour tout » espérant évidemment que sa petite phrase venimeuse serait répétée au plus tôt..
On peut imaginer que Hollande pense, lui aussi, qu’il va l’emporter et, lui aussi, parce que Sarkozy est nul ou du moins parce qu’il a été nul tout au cours de son quinquennat et qu’il est donc « plombé » selon le mot qu’on lui prête.
Or, s’il est toujours bon de croire qu’on va gagner, il est généralement dangereux de sous-estimer son adversaire. En l’occurrence, ici, l’un des deux, au moins, fait inévitablement une grave erreur. L’un des deux est forcément plus nul que l’autre.
En fait, les deux hommes n’évoquent sans doute pas la même « nullité » chez leur adversaire. Pour Sarkozy, Hollande est nul comme candidat et les débuts de sa campagne, floue et hésitante, tendraient à le prouver. Pour Hollande, Sarkozy est nul comme président et ce quinquennat qui s’achève l’a sans doute amplement démontré.
Mais, en principe, les électeurs choisissent un candidat et non pas un président, ce qui, malheureusement, n’est pas du tout la même chose.
Ce sont toujours les « animaux de campagne » qui l’emportent. Chaban, Barre, Balladur auraient, peut-être, été d’excellents présidents. Ils ont été des candidats déplorables et donc ont été balayés. Giscard et Chirac ont mené de très bonnes campagnes en 1974 et en 1995. Ils l’ont emporté mais n’ont pas forcément laissé un souvenir impérissable comme présidents.
A priori, Sarkozy devrait être bien meilleur que Hollande tout au cours de ce petit mois de campagne qui leur reste. Sarkozy a une résistance à toute épreuve, sait battre les estrades et bénéficie encore –même s’il le nie farouchement- de tout l’appareil de l’Etat pour parcourir la France dans tous les sens et rameuter les foules, avec l’aide des préfets, et les médias, avec l’aide de ses amis fortunés. Il a surtout un culot fou de camelot pour raconter n’importe quoi, attirer les chalands et séduire l’électeur. Il l’avait prouvé en 2007.
Hollande, lui, n’a ni le tonus ni le culot de l’autre. Il est, d’ailleurs, convaincu, depuis le début de la pré-campagne, que la victoire va lui tomber toute cuite dans le bec, grâce au rejet dont est victime son adversaire. Il ne cherche pas à gagner car il est persuadé que l’autre va perdre. Et ça lui suffit. Il lui faut donc simplement éviter la moindre erreur, le moindre dérapage et attendre tranquillement dans son fauteuil de pouvoir accéder au trône.
D’où une campagne, en effet, assez nulle, un programme flou et même souvent équivoque, des discours plutôt consensuels qui ne peuvent soulever l’enthousiasme que des militants de base les plus convaincus.
L’un sait qu’il a tout à perdre et donc se démène comme un beau diable. L’autre pense qu’il a déjà tout gagné et ne veut plus bouger une oreille. On a un sortant-candidat qui fait feu de tout bois et un « déjà-président » tapi sur ses estrades.
Mais le candidat qui joue les lapins bondissants, qui sait qu’il est le meilleur en campagne et qui ironise sur la faiblesse de tortue de l’autre, a un cruel handicap. Il n’est pas vierge. Avant d’être candidat, il est le président sortant. Il ne peut donc pas, comme l’autre, « le nul » en campagne, promettre n’importe quoi et, aussi talentueux soit-il en campagne, il se traine « le boulet de son bilan », selon la formule de Fabius.
Un « nul en campagne » contre un « plombé par son bilan », le combat est forcément faussé et le choix va être difficile pour les électeurs. Hollande avait traité Sarkozy de « sale mec », Sarkozy traite Hollande de « nul », ils ont eu tort l’un et l’autre.
Cela dit, « le nul » garde encore une confortable avance sur « le sale mec » et on attend de voir les prochains sondages pour savoir si le drame de Montauban et de Toulouse aura modifié sensiblement le classement.

24 Mar 2012 | Comments (4)

La question sans réponse

On continue de s’interroger sur Mohamed Merah, l’assassin de trois parachutistes et de trois enfants juifs avec leur enseignant, finalement abattu par le Raid lors de l’assaut de son appartement.
La seule question qui se pose vraiment, la seule intéressante, est de savoir pourquoi et comment un petit délinquant toulousain, d’origine algérienne, a pu devenir un fanatique religieux et un tueur en série. La question est d’autant plus préoccupante qu’on sait qu’il y a en France des dizaines de milliers de petits délinquants, d’origine maghrébine, qui, se sentant (et étant) totalement exclus de notre société, se tournent, avec haine contre nous, vers un Islam de plus en plus radical.
On nous dit que Mohamed Merah qui, entre deux vols à la tire, fréquentait les boites de nuit et buvait de l’alcool en draguant les filles, aurait rencontré l’Islam en lisant le Coran dans sa prison. C’est un peu mince. Bien des gens lisent le Coran sans devenir, heureusement, pour autant des criminels. Mais il est vrai que nos prisons (où les enfants de l’immigration sont surreprésentés, comme tous les autres « défavorisés ») sont des lieux de prédilection pour le recrutement des fanatiques de l’Islam. Elles sont en tous les cas une étape décisive vers l’exclusion puisqu’elles marquent au fer rouge indélébile tous ceux qui y sont passés.
Sortant de prison, Merah a tenté de s’engager dans l’armée puis dans la Légion étrangère. Voulait-il acquérir une formation de tueur ou souhaitait-il s’intégrer, s’assimiler à la France, son pays, « par le sang versé », comme on dit à la Légion ? On ne le saura jamais. Nouvel échec.
C’est alors que, peut-être sous l’influence de son frère, ou d’autres loubards de son quartier, ou d’anciens codétenus de sa prison, il s’est « auto-radicalisé », selon l’expression utilisée par les policiers. Qu’est-ce que cela signifie ? Sans doute que, de plus en plus haineux contre la société, contre la France, il a trouvé dans certaines pages du Coran, dans certains prêches de prédicateurs extrémistes de la région, sur certaines images d’actualité de la télévision, des justifications à sa fureur et un alibi pour devenir un assassin de militaires et d’enfants juifs, c’est-à-dire, à ses yeux, un héros de l’Islam, des banlieues et de tous les exclus.
Il a, par ses propres moyens, gagné l’Afghanistan pour participer à la guerre que les Talibans et Al Qaïda ont déclarée à l’Occident. Il semble qu’il n’ait pas été recruté. Alors il est revenu « chez lui » bien décidé à mener seul ce combat contre la civilisation judéo-chrétienne.
C’est là un parcours programmé : intégration ratée, délinquance, prison, réinsertion ratée, haine de la société, récupération par le fanatisme, fascination de la violence.
Certains affirment qu’il aurait alors fallu le mettre hors d’état de nuire avant qu’il ne commette l’irréparable. Mais la France est un Etat de droit et le fanatisme religieux, la haine contre la société et la sympathie pour des groupes terroristes ne sont pas des délits punissables par la loi. Sinon ce seraient des dizaines de milliers de jeunes, issus de l’immigration, qu’il faudrait, sans doute, mettre sous les verrous pour éviter que quelques-uns d’entre eux ne risquent de sombrer dans la folie meurtrière.
Sarkozy voudrait maintenant faire poursuivre ceux qui se rendent dans des camps d’entrainement au Pakistan ou en Afghanistan. Mais il ignore sans doute qu’on trouve, aussi, désormais, de tels camps dans la plupart des pays musulmans d’Asie centrale, au Yémen, au Soudan, dans les pays du Sahel et qu’il n’est pas impossible que, demain, ces fous de Dieu ne s’entrainent au maniement des armes dans nos banlieues de non-droit.
Merah possédait des armes de guerre interdites. Mais à chaque descente de police dans certains quartiers, on découvre de tels arsenaux. Les armes de guerre, venues souvent de l’ex-Yougoslavie, circulent maintenant dans toutes nos banlieues, comme le prouvent, chaque jour, des faits divers crapuleux.
La vraie question posée par ce drame est donc sans réponse. On ne voit pas comment, dans un Etat de droit, on pourrait empêcher un futur terroriste, solitaire, fanatisé jusqu’à la pire des folies et qui ne s’est pas encore manifesté dans le crime, de se mettre à tirer et de tuer des innocents qu’il a choisis pour cibles.
Les autres questions -Avait-il des complices autres que son frère ? Le Raid aurait-il pu le capturer vivant ? etc.- sont sans grande importance.
Nous savons que nous avons désormais affaire à une guerre de religion et même de civilisation et que nos ennemis se dissimulent, comme des poissons dans l’eau, au sein d’une communauté parfaitement pacifique pour l’instant mais qu’il nous est impossible, par essence même, d’intégrer réellement.

24 Mar 2012 | Comments (15)

Un drame inespéré ?

Le drame de Toulouse et de Montauban était inespéré pour Nicolas Sarkozy.
Ne pouvant évidemment pas se servir du bilan de son quinquennat pour tenter de se faire réélire, le président sortant avait décidé d’interpréter un « remake » de sa campagne de 2007, en reprenant « les deux mamelles » qui lui avaient porté chance : l’insécurité et l’immigration qu’il liait d’ailleurs l’une à l’autre facilement.
Or, il semblait jouer à contre temps. Les deux sujets n’étaient plus à l’ordre du jour. Pire même, Sarkozy choquait une bonne partie de l’opinion en brandissant les épouvantails de la peur aussi bien celle des loubards que celle de l’étranger.
Claude Guéant, qui avait été chargé de lancer l’offensive, était rapidement devenu la risée si ce n’est la bête noire des Français, en ressortant la panoplie des arguments qui sentaient le réchauffé, le karcher et la racaille, le voile intégral, la polygamie et les prières dans la rue. L’idée d’organiser un référendum pour restreindre les droits des étrangers avait fait un flop. Tout comme la surenchère sur Marine Le Pen à propos de la viande halal.
D’une élection présidentielle à l’autre, les Français avaient changé d’inquiétudes. Non pas qu’ils se soient soudain sentis protégés contre toutes les formes de délinquance (l’insécurité n’avait fait que s’accroitre tout au cours du quinquennat) ni qu’ils se soient mis à apprécier l’absence de toute politique d’immigration (les clandestins n’avaient fait qu’augmenter pendant ces cinq mêmes années) mais le chômage, la précarité et la baisse du pouvoir d’achat, voire même la dette du pays étaient devenus leurs toutes premières préoccupations, leurs seules angoisses. Or, c’était là, bien sûr, des sujets redoutables pour Sarkozy.
Mohamed Merah en assassinant trois parachutistes et trois enfants et un enseignant juifs a peut-être brusquement changé la donne. La menace terroriste, le fanatisme religieux et, par là même, le problème de l’immigration sont soudain réapparus à la une de l’actualité du pays. Et pour certains, Sarkozy avait donc eu raison de vouloir nettoyer au karcher de tous leurs loubards toutes nos banlieues pourries, d’interdire le voile intégral et les prières dans la rue, de s’en être pris à la polygamie et à la viande halal.
Toujours sous le coup de l’émotion parfaitement légitime, personne n’a encore eu l’idée de reprocher au président qui termine son mandat de n’avoir rien fait d’autre, pendant ces cinq ans, que des moulinets et des fanfaronnades aussi bien contre l’insécurité que contre l’immigration.
Mais ayant fait de la lutte contre la délinquance, la criminalité, le terrorisme et les clandestins sa « marque de fabrique », l’ancien « premier flic de France » (qu’il est resté) apparaît comme étant l’homme de la situation alors pourtant que les événements ont révélé ce qui pourrait bien être des failles et des dysfonctionnements, puisque nos services de sécurité ne surveillaient pas de près un type qui avait fait des séjours chez les Talibans afghans et que le RAID n’a pas pu s’emparer de lui vivant.
L’avantage que pourrait retrouver Sarkozy c’est que, sur ce plan là, François Hollande, avec sa réputation de brave type spirituel mais mollasson et d’apparatchik un brin poussiéreux, souffre d’un cruel déficit de crédibilité. Quand la patrie est en danger, il vaut mieux avoir plus ou moins la réputation d’être un fasciste que d’être un curieux mélange de Guy Mollet et de Mitterrand.
Seulement la patrie n’est pas en danger. Elle a été bouleversée par les crimes odieux d’un voyou reconverti, à son compte et en solitaire, en guerrier d’Allah pour se venger d’une société qu’il s’était mis à haïr. Mais, dans un mois, le jour du premier tour de scrutin, les Français auront sans doute déjà oublié ce « fait divers » aussi hors du commun soit-il.
Cela dit, il est évident que d’ici là, Sarkozy va tenter de s’affubler de la tenue du chef d’Etat, presque chef de guerre, capable de protéger la France et les Français de tous les dangers. Hollande pourra-t-il faire face ?
Bernadette Chirac qui a toujours été une artiste du coup de pied de l’âne vient d’affirmer que le candidat socialiste n’avait pas « le gabarit d’un chef d’Etat », reprenant pratiquement les aimables propos de Martine Aubry. Toute la question est là : qui a « le gabarit » ?
C’est la première fois qu’on emploie ce mot-là. C’est d’autant plus intéressant que, jusqu’à présent, bien des électeurs pensaient que c’était Sarkozy qui avait prouvé qu’il n’avait pas « le gabarit ».
Mohamed Merah aurait-il donné à Sarkozy « le gabarit » nécessaire ?

23 Mar 2012 | Comments (6)

Sarkozy ignore toujours notre Constitution

Comme toujours après ce genre de drame, certains posent des questions et d’autres y vont de leurs petits commentaires. C’est parfaitement légitime. Encore faudrait-il que les questions sur Mohamed Merah, l’assassin de Toulouse et de Montauban, ne soient idiotes et que les commentaires sur les circonstances de sa mort ne relèvent pas trop de la querelle politicarde.
Alain Juppé qu’on avait connu mieux inspiré et qui semble, depuis quelque temps, ne plus savoir quoi inventer pour gêner Nicolas Sarkozy qu’il prétend soutenir, se demande s’il n’y aurait pas eu des « failles » dans nos services de renseignements à propos de ce loubard de banlieue multirécidiviste et repéré pour avoir fait deux séjours en Afghanistan.
Naturellement, après coup, on peut s’indigner que ce type n’ait pas été arrêté et mis hors d’état de nuire avant qu’il ne commette ses crimes. Toujours après coup, on se dit que tout permettait d’imaginer qu’un jeune délinquant musulman ayant fréquenté les Talibans et leurs amis d’Al Qaïda ne pouvait qu’assassiner trois parachutistes et massacrer quatre juifs. Comment l’avoir laissé en liberté ?
On s’étonne cependant qu’un ancien Premier ministre de la République comme Alain Juppé ignore qu’en France on ne jette pas en prison un homme sous prétexte qu’il serait un adepte du fanatisme religieux et qu’il aurait des sympathies avec certains groupes extrémistes étrangers.
L’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme est formel : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public ». Or, jusqu’au 11 mars, assassinat du premier parachutiste à Toulouse, les opinions religieuses de Mohamed Merah ne troublaient pas l’ordre public. Et s’il était, en effet, fiché et interdit aux Etats-Unis, en France, on ne pouvait même pas reprocher à ce Français de faire partie d’un groupe terroriste.
Nicolas Sarkozy qui prétend se refuser à toute instrumentalisation de ce drame, voudrait, en pleine campagne électorale, faire adopter de nouveaux textes qui permettraient de faire trainer en justice et donc en prison tous ceux qui se connecteraient à des sites islamistes ou qui auraient été dans des camps d’entrainement islamistes. Marine Le Pen n’aurait sans doute pas trouvé mieux.
Qu’un candidat à l’élection présidentielle dise n’importe quoi est sans importance. Nous y sommes habitués. Mais qu’un président de la République, même à un mois de la fin de son mandat, ignore qu’il existe dans notre pays un Conseil constitutionnel (dont il fera peut-être partie prochainement) qui s’opposera évidemment à de tels textes totalement liberticides est plus étonnant.
De l’autre côté de l’échiquier, il y en a un autre qui aurait, lui aussi, mieux fait de se taire. C’est Jean-Pierre Chevènement qui n’est pas non plus un imbécile. L’ancien ministre de l’Intérieur qu’il est (mais il l’a peut-être oublié) vient de déclarer que la mort de Mohamed Merah était « un échec », reprochant ainsi aux hommes du GIGN de n’avoir pas réussi à s’emparer du tueur vivant.
Il est évident qu’il aurait été préférable de pouvoir interroger et surtout traduire en justice cet assassin. Mais cet homme voulait devenir un martyr et gagner le paradis d’Allah. Chevènement devrait savoir que, par définition, personne n’a jamais pu capturer vivant un kamikaze.
Curieusement, personne n’a posé la seule question qui s’impose. Pourquoi, après l’assassinat des trois parachutistes à Toulouse et à Montauban, n’a-t-on pas immédiatement renforcé la protection de tous les sites dits « sensibles » de la région toulousaine (établissements juifs, mosquées, etc.) ce qui aurait, peut-être, permis d’éviter le massacre devant l’école juive ? C’est sans doute là la seule erreur que l’on puisse reprocher à nos services de sécurité qui, pour le reste, ont tout de même réussi à retrouver rapidement celui qui était devenu l’ennemi public numéro 1.
Quant au chef de l’Etat-candidat, il faut bien constater qu’une fois de plus, en improvisant n’importe quoi et en faisant des coups de menton, il a sorti de son chapeau des idées certes démagogiques mais totalement inapplicables. On ne pourra jamais mettre en prison des terroristes « potentiels » dont le seul crime aurait été d’avoir passé des vacances dans les montagnes afghanes.
Après cinq ans à l’Elysée, Nicolas Sarkozy ignore toujours notre Constitution.

23 Mar 2012 | Comments (10)

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