Le professeur Philippe Juvin vient d’être nommé chef du service des urgences de l’Hôpital Georges Pompidou et cela provoque un certain émoi dans le milieu hospitalier parisien.
Personne ne conteste les compétences professionnelles de Juvin qui a été longtemps chef du service des urgences de l’Hôpital Beaujon mais il se trouve que Juvin est aussi député européen (UMP), aussi maire (UMP) de La Garenne-Colombes et a été aussi vice-président (UMP) du Conseil général des Hauts-de-Seine ce qui laisse entendre, bien sûr, qu’il est un proche, très proche de Nicolas Sarkozy.
Juvin n’est pas le premier grand patron à cumuler les postes hospitaliers et les mandats électoraux. On se souvient de Cabrol, de Cugnec, de Dubernard et aujourd’hui encore Bernard Debré est chef de service à Cochin et député du XVIème et Jean Bardet, chef de service à Saint Antoine et député du Val d’Oise, pour ne citer que les plus connus.
Ce qui est un peu gênant dans la nomination de Juvin c’est que son prédécesseur à l’Hôpital Georges Pompidou, le docteur Alain Davido, ne devait quitter son poste qu’à sa retraite, en novembre prochain, c’est-à-dire six mois après la présidentielle. Il n’y avait donc aucune urgence aux urgences de Pompidou. Pourquoi cette précipitation à nommer « l’ami du président » à moins de soixante jours de la présidentielle ?
C’est la question que posent, en s’indignant, la Confédération des Praticiens des Hôpitaux et le Mouvement de Défense de l’Hôpital Public, deux organisations représentatives qu’on situe généralement à gauche.
Ces confrères de Juvin devraient se réjouir plutôt que de s’indigner. Quand on case précipitamment et sans pudeur les copains c’est qu’on trouve que cela commence à sentir terriblement le roussi. Juvin n’est d’ailleurs pas le seul copain de Sarkozy à avoir bénéficié ces temps-ci d’une belle promotion.
Certains diront que ça s’est toujours fait. C’est vrai. Mais d’autres ont la naïveté de trouver que « ça ne se fait pas ». Ils sont démentis par les faits.

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