Le QG de campagne de Dominique de Villepin dans le 6ème arrondissement de Paris a été cambriolé l’autre nuit.
Des bureaux voisins ayant été, eux aussi, cambriolés, on peut naturellement imaginer que les malfrats cherchaient simplement de l’argent ou des bijoux et ignoraient qu’ils visitaient les locaux d’un candidat à la présidence de la République. Mais n’importe quelle barbouze travaillant pour une officine politique aurait fait la même chose, précisément pour détourner les enquêteurs.
En attendant les résultats de l’enquête policière (que nous n’aurons sans doute jamais) on peut tout de même s’étonner de ce cambriolage et se demander si certaines petites crapules n’auraient pas agi sur ordres.
Le QG de Villepin se trouve, au fond d’une cour, au deuxième étage d’un immeuble moderne occupé uniquement par des bureaux. Personne ne pourrait imaginer trouver de l’argent liquide ou des œuvres d’art dans un tel bâtiment. Mais certains pouvaient espérer trouver « un trésor » dans ces locaux : la liste des maires ayant promis de parrainer Villepin qui « rame » un peu actuellement pour recueillir ses fameuses 500 signatures indispensables pour se présenter à l’élection.
On sait qu’aujourd’hui tous les coups sont permis et que pour le président sortant le seul espoir d’accéder à un rang honorable est d’éliminer ses adversaires avant la compétition. La chance lui a souri avec l’affaire DSK qui était le plus redoutable. Puis, il a acheté, sans doute pour un plat de lentilles, le désistement de Borloo. Chevènement semble s’être découragé de lui-même. Actuellement, l’UMP est mobilisée pour terrifier les élus locaux afin qu’ils n’apportent pas leur parrainage à Marine Le Pen.
Villepin, malgré ses 1 ou 2% dans les sondages actuels reste gênant. Sarkozy ayant décidé de « droitiser » à outrance sa campagne avec sa chasse aux chômeurs, aux étrangers et aux homosexuels, Villepin qui incarne le gaullisme social et l’humanisme de bon aloi, qui, au lieu de reprocher aux chômeurs leur paresse, propose « un revenu citoyen » qui, au lieu de s’attaquer aux immigrés, multiplie les propositions en faveur des quartiers de non-droit et qui s’est même dit favorable au mariage gay, pourrait bien grignoter quelques points supplémentaires au cours des 70 jours qui nous séparent du premier tour.
L’ancien Premier ministre a peu de chances de devenir en deux mois l’homme providentiel qu’il pense pouvoir incarner pour réunir tous les Français, mais il peut parfaitement se transformer en une sorte de statue du commandeur pour fustiger sans pitié tous les dérapages démagogiques et souvent détestables auxquels Sarkozy va se livrer dans l’espoir de récupérer l’électorat d’extrême-droite. On comprend alors que certains aient eu, peut—être, envie d’apprendre quels étaient les petits élus locaux qui avaient eu l’impudence de lui promettre leur parrainage.
L’affaire du Watergate (un cambriolage du QG du parti démocrate à Washington) a coûté à Nixon la Maison-Blanche…
Mais les Américains sont beaucoup plus sensibles que nous aux petites saloperies quotidiennes de la vie politique.

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