Ils sont décidemment incorrigibles. Ils continuent à nous prendre pour des gogos et le mot est faible. « Ils » ce sont les membres de l’entourage de Nicolas Sarkozy, les responsables de l’UMP et les hommes de Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur.
Hier, le président de la République voulait visiter un chantier de construction dans l’Essonne et rencontrer des ouvriers. C’était naturellement son droit le plus strict, même si certains mauvais esprits pouvaient se demander s’il s’agissait d’une visite du chef de l’Etat auprès de la classe ouvrière ou d’une opération un brin démagogique d’un candidat en campagne qui ne s’est pas encore déclaré mais qui multiplie les déclarations.
Malheureusement, hier, il faisait un froid épouvantable à Mennecy comme partout dans l’Essonne et donc, comme toujours en pareille circonstance, tous les chantiers de construction du département étaient fermés et tous les ouvriers avaient reçu ordre de rester chez eux.
L’apprenant, l’Elysée a alors demandé à l’entreprise de construction en question de faire venir précipitamment et pour la durée de la visite présidentielle tous les ouvriers et d’en rameuter le plus possible de tous les chantiers de la région. L’UMP s’y est mise aussi ainsi que les services du ministère de l’Intérieur en faisant venir, eux, de simples militants déguisés en ouvriers.
Devant la meute de photographes et de cameramen convoquée, Nicolas Sarkozy, grelotant, a donc pu passer quelques instants à serrer la main d’ouvriers, en très grande majorité Africains, qui grelotaient eux aussi mais qui, en plus, rigolaient. Certains d’entre eux travaillant d’habitude à l’autre bout du département.
Europe 1 ayant révélé l’affaire ce matin, l’Elysée n’a pas démenti. « Nous avons simplement voulu donner la possibilité d’être présents à tous ceux qui ont, par le passé, ou auraient à l’avenir à travailler sur ce chantier » a déclaré froidement le service de presse de la présidence de la République sans se rendre compte du ridicule.
Comment les amis de Nicolas Sarkozy peuvent-ils encore faire venir des figurants et organiser des claques pour applaudir le président alors qu’ils se sont déjà fait pincer à plusieurs reprises, pour ce genre d’imposture, dans l’Orne et à Carcassonne notamment ?
Comment n’ont-ils toujours pas compris que personne n’était dupe et qu’il y aurait toujours un journaliste pour demander à un de ces figurants ce qu’il faisait là ?
Les fausses promesses ne marchant plus, les fausses foules d’admirateurs non plus, il va falloir en venir aux faux électeurs. Vieille idée déjà utilisée par certains amis du président.
Nicolas Sarkozy a affirmé que cette campagne se ferait sur le thème de « la vérité ». Ca commence mal !

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