Christine Boutin a la rancune tenace. Elle voulait se présenter contre Sarkozy et espérait recueillir 3 ou 4% pour lui faire mordre la poussière. Elle ne lui a toujours pas pardonné de l’avoir virée sèchement du gouvernement (où elle faisait fonction de ministre du logement) en 2009. Mais comme elle a compris qu’elle ne dépasserait guère les… 0% que lui accordent actuellement les sondages, elle a trouvé beaucoup mieux pour torpiller le président sortant. Elle se rallie à lui.
C’est ce qu’on pourrait appeler « le baiser de Boutin ». C’est épouvantable pour Sarkozy. Car la gentille petite chrétienne explique, naturellement, abondamment et avec délectation, les raisons de son ralliement.
A la croire, elle n’a pas vendu son âme au diable. C’est le diable qui l’a rejointe. « Nicolas Sarkozy, déclare-t-elle froidement, a rejoint les valeurs que je porte depuis trente ans ». Elle a lu et relu la longue interview que Sarkozy a accordée au Figaro Magazine et elle applaudit à l’énorme coup de barre à droite du président. Satisfecit qui devrait ouvrir les yeux de tous ceux qui n’ont pas encore compris que Sarkozy entendait mener sa campagne en se présentant plus « réac » que jamais et en développant tous les thèmes chers à l’extrême-droite.
Candidate, Christine Boutin qui avait obtenu 1,19% des voix lors des présidentielles de 2002, ne représentait strictement rien avec son parti croupion d’enfants de chœur, le Parti Chrétien Démocrate. Ralliée à Sarkozy, elle devient un repoussoir de plus.
On sait depuis longtemps que ces présidentielles vont se jouer essentiellement sur le rejet de Sarkozy par les Français qui ne supportent plus le personnage, qui ne lui pardonnent pas son bilan et qui ne vont sans doute guère apprécier sa nouvelle « droitisation ». Christine Boutin en rajoute une couche.
Son ralliement, contre une promesse (très vague) de quelques sièges aux prochaines législatives, va, peut-être, apporter ses 0% au candidat Sarkozy mais il va sûrement valoir un petit plus aux adversaires du même Sarkozy. Nombreux déjà étaient les Français qui ne voulaient plus de Sarkozy mais le couple Sarkozy-Boutin avec ses « valeurs communes » va en faire fuir d’autres.

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