Il n’y a pas de « vote juif »
Tout le monde s’émerveille, ce matin, sous prétexte que Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont serré la main, hier soir, au cours du diner annuel du Conseil Représentatif des Institutions juives de France. Mais c’était la moindre des choses. Nous sommes (encore) dans un pays civilisé et, quelles que soient la détestation voire la haine que peuvent se porter deux adversaires politiques, il est parfaitement normal que, se croisant, ils se disent bonjour et se serrent la main. Les deux hommes se connaissent bien, depuis longtemps, et sont sans doute appelés à se revoir très prochainement dans des circonstances peut-être un peu différentes.
Ce qui est plus surprenant c’est cette habitude qui s’est instaurée et qui veut que tous nos hommes politiques se croient désormais obligés, surtout en période électorale, d’aller faire de la présence à ce diner du CRIF. Or, d’une part, en France, officiellement, tout le monde est hostile au communautarisme, quel qu’il soit, et, d’autre part, toutes les études un peu sérieuses prouvent qu’il n’y a, heureusement, pas de « vote juif » dans notre pays.
Les Juifs français (on devrait d’ailleurs dire les Français juifs) sont évidemment comme tous les autres Français. Certains sont « de droite », d’autres « de gauche » et on peut même imaginer qu’il y ait des centristes.
Aller faire de la « retape » au diner du CRIF est donc sans intérêt si ce n’est que certains candidats peuvent peut-être s’imaginer qu’en ne faisant pas cette apparition imposée ils se feront taxer d’antisémitisme.
Ce qui est déplaisant aussi c’est l’insistance avec laquelle, au cours de ces diners du CRIF, chacun de ces candidats se croit obligé de défendre Israël. Mis à part quelques groupuscules extrémistes et insignifiants, personne en France ne remet en question l’existence d’Israël et il est évident que, si l’Etat juif était un jour menacé, la France -quel que soit alors son gouvernement- se précipiterait à son secours. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, de pouvoir contester certains aspects de la politique du gouvernement israélien et de répéter qu’il n’y aura de paix véritable au Proche-Orient que le jour où les Palestiniens auront, eux-aussi, un Etat viable.
Certes, tout le monde comprend que les Français juifs aient un attachement viscéral avec l’Etat d’Israël. Mais réaffirmer, avec une telle insistance devant un tel public, que Paris a des liens tout particuliers avec l’Etat Juif est évidemment marginaliser cette communauté et faire de ces Français juifs des Français un peu à part. Tous les Français -et pas seulement les Juifs- sont attachés à la survie d’Israël. Il est maladroit de ne proclamer cette évidence que devant les institutions juives.
Il ne faut pas jouer avec le communautarisme. On ne récupère jamais aucune voix, on enferme cette communauté en marge de la communauté nationale et on exaspère les autres au point parfois de réveiller les instincts les plus méprisables et de susciter les pires réactions.
Le CRIF ne l’a jamais compris mais il est bien dommage que notre personnel politique soit tombé dans ce piège.
09 fév 2012 18:22 1. Flyin'Dutch
En effet, il n’y a pas de vote juif, il y a moins de 500.000 citoyens français de confession juive, même pas 1% de la population et ils n’ont pas forcément les mêmes opinions, les mêmes préoccupations. Pourquoi retrouve-t-on donc nos dirigeants à ce dîner tous les ans ? Simplement parce que le Crif est un lobby doté de moyens démesurés. Son intérêt n’est pas les Français juifs – dont la plupart ne lui demande rien – mais avant tout de mettre au pas la politique française pour le bénéfice d’Israël. La France n’en sortira pas grandie puisqu’elle n’est aux yeux du Crif rien d’autre qu’un pays antisémite et à la moindre contestation, ils n’hésiteront pas à nous reparler de Pétain, du Vel d’hiv, de Drancy… Cette récupération des morts, qui est au summum de l’indécence, est d’ailleurs le fer de lance de leur campagne anti-française. Le fond de leur propos est le suivant : les Juifs ne peuvent pas être Français, la France est pour eux un coupe-gorge, ils doivent regagner au plus vite Israël, leur vraie patrie d’où ont été exilés leurs ancêtres il y a 2000 ans. Que nos dirigeants aillent se prosterner devant une organisation qui ne cesse de nous cracher dessus me donne envie de vomir.
09 fév 2012 18:57 2. jean
Ils n’y vont pas pour les votes mais pour des fonds =)
Quand vous dite que: « si l’Etat juif était un jour menacé, la France se précipiterait à son secours », et quand c’est l’état Palestinien (ou ce qu’il en reste) qui se fait attaquer, on les regarde crever?
09 fév 2012 19:24 3. Patrick-Louis Vincent
Vous avez l’air étonné, M. Desjardins ! Moi pas. D’abord, Nicolas Sarkozy est juif. Donc, normal qu’il aille se faire adouber par cette organisation. Hollande fait de même. Il n’est pas juif, que je sache, mais il est pro-sioniste, tout comme le chef de l’état, tout comme DSK qui se demande chaque jour ce qu’il peut faire pour Israël, comme Valls qui a fait le même genre de déclaration.
Toute la classe politique parlementaire est acquise à Israël et prône une politique pro-sioniste.
Ce n’est du tout anodin, car, si vous êtes pour Israël, vous ne pouvez pas être l’allié de ceux qui veulent sa perte. C’est pourquoi, tous ces hommes politiques français sont contre l’Iran. Vous aurez remarqué que nos relations avec la Turquie se sont rafraichies. Normal, la Turquie se rapproche de plus en plus de l’Iran. Chaque jour, nous avons des déclarations de nature à diaboliser le régime syrien que l’on trouvait très bien il y a encore deux ans. Normal, la Syrie est un allié de l’Iran et un ennemi d’Israël.
Si l’on rapproche ces éléments de la possible attaque d’Israël contre les installations nucléaires de l’Iran, vous voyez que ces visites au Crif ne sont pas que des visites de courtoisie. Il s’agit d’assurer cette organisation sioniste du soutien inconditionnel de la France dans le cas d’un conflit armé entre Israël et l’Iran.
Pour nous engager aux côtés d’Israël, il n’y aura pas grand monde, dans les partis politiques, pour s’y opposer, tant les juifs sont très nombreux dans leurs instances dirigeantes, aussi bien à gauche, qu’à droite. Car, les juifs ont une particularité que n’ont pas les autres français. Ils se cooptent. C’est pourquoi, bien que ne représentant que moins d’1% de la population, ils sont surreprésentés dans les instances dirigeantes des partis politiques (Moscovici bras droit d’Hollande, tiens, tiens !), mais aussi dans les médias (Dassault au Figaro, Rotschild à Libération, Pierre bergé au Monde ; Olivennes à Europe 1 ; idem chez les présentateurs : Pujadas, Marie Drucker, Namias, et j’en passe – avant c’était Schoenberg, épouse de Boorlo, sans oublier Anne Sinclair, épouse de DSK).
Tout est en place, politiquement parlant, pour que, le jour où Israël sera en guerre, il n’y ait aucune voix discordante.
Alors non, M. Desjardins, la visite des deux principaux candidats au Crif n’est pas anodine. C’est un acte d’allégeance, qui va engager la France et les Français, dans les mois qui viennent, sur un terrain très glissant.
09 fév 2012 19:25 4. roudoudou
je ne peux pas croire M Desjardin que vous soyez naif à ce point.
vous connaissez forcément le pouvoir du lobby sioniste, à quel point il vomit la France et sans doute aussi le peuple français.
mitterand l’a reconnu à sa façon, raymond barre aussi, sans parler de de gaulle.
on a encore vu récemment un troupeau des plus fourni de nos sublimes parlementaires aller ramper devant le crif dans ce qui, à d’autres époques pas si lointaines, aurait pu être considéré comme de l’intelligence avec une puissance étrangère. Mais bien sur tant que la populace ne bronche pas , tous ces braves gens se croient intouchables, bien au dessus du bas peuple dont ils se foutent éperdument.
quant au coup de l’état palestinien, ça suffit l’imposture, on voit bien que sur le terrain rien n’est fait pour aboutir à l’émergence d’un état viable, et c donc en toute logique qu’obama, le métis sublime, a refusé de reconnaitre le machin mité faisant office de territoire palestinien.
Assez d’hypocrisie, la coupe est pleine, sur ce sujet comme sur bien d’autres.
cordialement
10 fév 2012 2:15 5. diego
Tiens je croyais que la France était un pays laïque !!!!! Que vont faire nos éminences dans un diner d’une association confessionnelle, championne du lobby sioniste ?
Je plussois le post de PLV. Toute la politique étrangére de la France depuis Sarkozy est alignée sur les intérêts des US. Nous sommes devenus des suplétifs des américains. L’intervention en Libye s’est faite entre autre à la demande de BHL américanophile et sioniste si il en est.Les médias français sont acquis à la cause sioniste. En ce qui concerne l’intox des médias sur la Syrie je vous conseille, Mr Desjardins de lire ce qu’écrit Thierry Meyssan, qui donne un autre son de cloche, que celui de la bienpensance. Ce que je trouve triste et regrettable, c’est que les français sont intoxiqués par les médias et ne cherchent pas à s’informer par eux mêmes.
10 fév 2012 2:30 6. diego
J’ajoute que les juifs français ou français juifs comme vous le dites représentent à peu près 1% de la population mais comme l’écrit PLV on les trouve dans les endroits stratégiques tel les médias et le show bizz. Qui n’a pas entendu les Darmon et autres gochos vomir sur la droite…
10 fév 2012 16:42 7. Patrick-Louis Vincent
« Qui n’a pas entendu les Darmon et autres gochos vomir sur la droite… »
Ah, celui-là, un véritable enfoiré. C’est moi qui le dis, c’est lui !
10 fév 2012 17:26 8. bertgil
Tout à fait d’accord avec PLV et roudoudou
Il y a bien entendu un vote juif en France, en faveur de l’umps .Ces deux partis sont des inconditionnels d’israel.Je
doute que le peuple français aille au secours d’Israel si celui ci avait des problémes.
Israel est un Etat belliqueux fort des soutiens des EU et de l’Europe.
16 fév 2012 13:40 9. luc nemeth
combien de temps encore va-t-il falloir supporter des affirmations aussi grotesques que celle de Patrick-Louis Vincent, le 09 fév 2012 à 19:24, selon laquelle… « Nicolas Sarkozy est juif » ? On ne saurait mieux tromper le lecteur : le seul rapport que ce sinistre personnage entretient avec cette « origine » est du côté d’un grand-père maternel juif-honteux, et qui était déjà honteux avant même que ne vienne s’ajouter un mariage avantageux… Quant à la branche paternelle, et même en laissant de côté le départ précipité de Hongrie des Nagy-Bocsa en 1944 -je dis bien 1944 et non… 1948, comme a tenté de le faire croire la presse française, en jouant sur la seule personne du père : il s’agit de la vieille droite catholique hongroise, dont l’antisémitisme était en bien des cas le principal cheval de bataille.