C’est fou ! Il y en a qu’il faudrait immédiatement enfermer dans un asile avec une camisole de force. On a, d’abord, envie d’éclater de rire mais, très vite, on se dit que c’est dramatique, épouvantable.
On en arrive à mettre en doute la démocratie et le suffrage universel quand on pense que ces gens-là ont été élus, qu’ils ont à gérer des millions d’euros, qu’ils sont plus ou moins responsables de la vie quotidienne de milliers de Français, qu’ils peuvent procéder à des mariages et qu’ils ont même le droit de parrainer des candidats à l’élection présidentielle.
Jusqu’à présent Nogent-sur-Marne était un peu connue pour ses guinguettes des bords de l’eau et le souvenir de son petit vin blanc de jadis. Mais, grâce à son maire, cette gentille petite ville de la banlieue parisienne va sûrement entrer dans le livre des records et par la petite porte, celle du ridicule.
Jacques Martin, le maire du bled, a, en effet, décidé de faire élever une statue de… Carla Bruni-Sarkozy au cœur de sa ville. Et, aux dernières nouvelles, il serait encore libre de ses mouvements.
Le dit Martin avait proposé à son conseil municipal d’élever une statue à la gloire des « plumassières » qui avaient fait autrefois la gloire de Nogent. En pleine période d’austérité pourquoi ne pas dépenser 82.000 € pour honorer la mémoire de ces braves femmes, généralement d’origine italienne, qui savaient, parait-il, traiter mieux que personne les plumes d’autruche pour agrémenter les chapeaux des belles dames. Au lieu de prévenir immédiatement les services psychiatriques d’Ile-de-France, les conseillers municipaux de Nogent avaient voté le projet.
Mais M. le Maire ne leur avait pas tout dit. La statue de 2 mètres de haut devait représenter une plumassière au travail mais Martin avait choisi comme modèle pour la-dite plumassière… la première dame de France, l’épouse du président de la République, Carla Bruni en personne. On peut difficilement faire mieux dans le genre flagornerie délirante.
Le plus stupéfiant de l’histoire est que Carla Bruni ait accepté le rôle que ce fou furieux lui proposait et qu’elle ait longuement posé devant l’artiste qui avait décroché la commande, une certaine Elisabeth Cibot.
Comment se fait-il qu’à l’Elysée pas un seul des innombrables conseillers en communication, en étude des sondages, en rapports avec la presse n’ait fait remarquer que depuis les disparitions d’Eva Péron, en Argfentine, d’Imelda Marcos, aux Philippines, et d’Elena Ceausescu, en Roumanie, il n’était plus d’usage de statufier (au sens exact du terme) les épouses des chefs d’Etat. Même Idi Amin Dada ou Bokassa n’ont pas osé le faire.
A la présidence de la République on se contente de déclarer que « Mme Sarkozy était jadis un modèle professionnel » et qu’« il lui arrive encore d’accepter, mais désormais bénévolement, de remplir cette fonction ».
Qui a dit que nous étions devenus une République bananière ? Il sera intéressant de voir les résultats de Nogent lors de la prochaine présidentielle et des législatives. Actuellement c’est Marie-Anne Montchamp qui tient la circonscription, une ancienne villepiniste qui a accepté de trahir pour un sous-portefeuille en sarkozie. Si les Nogentais avaient un peu le sens du ridicule, ils devraient la balayer

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