Les Français semblent se passionner pour le long métrage que leur offre la présidentielle et nos hommes politiques font tous leur cinéma, certains allant même jusqu’à nous jouer leur numéro de claquettes. Le triomphe du film « The Artist » devrait donc les inspirer.
C’est très simple. Les auteurs de ce film ont eu l’audace incroyable d’en revenir aux fondamentaux du 7ème art. Pas de dialogues emberlificotés, pompeux ou prétentieux, pas de couleurs chatoyantes, agressives ou dégoulinantes. Du brut de décoffrage, en muet et en noir et blanc.
Ils ne nous ont pas sorti de recettes miracles, de plans fumeux, de promesses alléchantes ou d’effets spéciaux. Ils ont évité les rodomontades, les fanfaronnades, les petites phrases, les grands discours.
Mais s’ils ont été acclamés à Los Angeles c’est sans doute, aussi et surtout, parce qu’ils ont su frapper juste, toucher le cœur des professionnels d’Hollywood en rendant un fabuleux hommage à « l’âge d’or » du cinéma. Tout le monde est nostalgique de la grandeur passée qui s’est forcément enjolivée, idéalisée au fil des décennies. C’était l’époque où l’on osait, où l’on inventait, ou l’on prenait des risques. L’ère des épopées.
Au lieu de nous présenter leurs nanars habituels qui tiennent soit du péplum à grand spectacle soit du vaudeville sirupeux, avec claquements de portes, les cabots de notre scène politique hexagonale feraient mieux d’en revenir, eux aussi, aux fondamentaux, c’est-à-dire à quelques bonnes vieilles formules frappées au coin du bon sens et qu’on verrait apparaitre écrites noir sur blanc entre deux scènes. Comme par exemple : « Trop d’impôts tue l’impôt », « Le problème de la répartition serait grandement facilité si on avait davantage à partager », « La France est un pays d’une incroyable fécondité : on y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts », « Le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme, le socialisme c’est exactement l’inverse », voire même la phrase de Churchill : « Christophe Colomb fut le premier socialiste ; il ne savait pas où il allait, il ne savait pas où il était et il faisait tout ça aux frais du contribuable »
Certains de nos candidats se sont déjà mis au noir et blanc, les autres sont tout noirs, eux tout blancs, mais aucun n’a encore compris que la palme reviendra à celui qui en aura le moins dit et surtout s’il a eu le courage d’évoquer notre âge d’or.
Pour l’instant, nos artistes ne sont pas très bons…