Personne n’a jamais pris Gérard Longuet pour une flèche. On pensait d’ailleurs qu’après avoir commencé sa carrière en faisant le coup de poing au milieu des groupuscules plus ou moins fascisants de la faculté de droit il l’avait terminée en réussissant à se faire relaxer dans une affaire pour le moins douteuse à propos de sa villa dans le midi restaurée par une entreprise… lorraine, travaillant pour le Conseil régional de… Lorraine… dont il était le président.
Mis à part ceux qui se souvenaient qu’il avait été le mari de la sœur de Bolloré (ce qui crée évidemment des liens) bien rares furent ceux qui comprirent pourquoi Sarkozy l’avait ressorti de son placard doré du Sénat pour en faire un ministre de la Défense.
Mais quand la soupe est bonne, il faut savoir dire merci au colonel. Totalement absent de tous les théâtres d’opérations depuis son entrée à l’Hôtel de Brienne, Longuet a cru devoir sortir de la naphtaline et du bois pour se joindre au chœur des petits soldats de la sarkozie qui ont entamé une bien difficile opération de reconquête du terrain.
Emboitant donc le pas de la cantinière Nadine Morano, le ministre de la Défense n’a rien trouvé de mieux, ce matin, que de comparer François Hollande au commandant du « Costa Concordia », le navire de croisières italien qui s’est échoué avec plus de 4.000 personnes à bord dont plus d’une vingtaine sont toujours portées disparues.
On appréciera et le tact et le sens de la mesure du bonhomme.
Certes, on compare fréquemment les Etats au milieu des tempêtes à des navires plus ou moins en perdition et les chefs d’Etat à des capitaines plus ou moins courageux.
Mais Longuet oublie une chose : ce n’est pas (encore) Hollande qui est aux commandes du navire France et si on peut être inquiet sur les capacités du candidat du PS (qui n’a encore jamais pris la mer) à commander un grand bâtiment en difficulté, ce n’est pas lui qui a jeté le paquebot sur les récifs de la récession et de la faillite. Hollande est encore à terre, c’est Sarkozy qui est au large et c’est lui qui a échoué, dans tous les sens du terme.
Après Accoyer qui nous a affirmé qu’une victoire de la gauche provoquerait des dégâts « aussi considérables qu’une guerre », Morano qui nous a déclaré que Hollande était « dangereux », Longuet compare ce même Hollande à un assassin des mers. L’UMP ne va plus pouvoir reprocher au candidat socialiste d’avoir laissé entendre que Sarkozy était un « sale mec » et les Français vont rapidement en avoir assez de ces pantalonnades de guignols qui s’étripent en place publique.
Une chose est sûre : on est content qu’aucune guerre ne se profile à l’horizon car avec un tel imbécile comme ministre de la Défense la victoire serait pour le moins incertaine. Elle n’est d’ailleurs pas garantie non plus pour Sarkozy avec de tels « maréchaux ». Alors, silence dans les rangs !

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