Les élections présidentielles sont une chose sérieuse puisqu’il y va tout de même de l’avenir de notre pays. Il n’empêche qu’un éclat de rire, de temps en temps, permet de détendre un peu l’atmosphère
Nous savons tous que nos candidats nous racontent d’importe quoi et l’histoire a souvent prouvé que plus c’était gros et mieux ça passait.
Personne n’a jamais fait la moindre attention à ce que pouvait dire Hervé Morin qui se débat un peu pitoyablement entre 0 et 1% dans les sondages, entre ses ambitions personnelles et ses visites clandestines à l’Elysée et au milieu de ses amis du Nouveau Centre qui le trouvent, à juste titre, un brin ridicule avec ses rêves présidentielles.
Eh bien on a tort de ne pas écouter davantage notre ancien ministre de la Défense.
En déplacement à Nice où il venait assister aux vœux de son copain Rudy Salles, député des Alpes-Maritimes, voulant à tout prix prendre la parole et voyant que l’auditoire était surtout composé d’anciens combattants, Morin s’est- lancé dans une audacieuse évocation du débarquement de Provence : « Vous qui avez les cheveux blancs, vous avez vu tout près d’ici le débarquement de Provence… etc., etc. »
Puis, un peu à bout d’arguments et désirant sans doute réveiller ces vieux messieurs qui commençaient sérieusement à s’endormir, il s’est carrément lancé : « Oui, vous qui avez vu le débarquement en Provence et moi qui ai vu le débarquement des Alliés en Normandie, nous avons vécu des épreuves drôlement plus difficiles que celles que nous avons à vivre aujourd’hui ». Les petits vieux se sont réveillés en sursaut !
Hervé Morin est né le 17 août 1961. Au mieux il a donc pu, éventuellement, assister, à l’âge de dix mois, aux manifestations célébrant le 18ème anniversaire du débarquement en Normandie.
Ce qui est amusant dans cette anecdote c’est de voir à quel point nos élus nous prennent pour des imbéciles. Cela dit, Morin est enfin entré dans la petite histoire et aura sûrement, grâce à cette petite vantardise, une place honorable dans l’anthologie de nos campagnes présidentielles.
Et quand on pense que pendant trois ans, en tant que ministre de la Défense, Morin a eu la haute main sur le secrétariat chargé des Anciens combattants.

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