Il y a maintenant quelque chose de (presque) attendrissant chez Nicolas Sarkozy. Quand on le regarde, on pense, non pas au superbe animal qui, à la fin de la chasse à courre, au moment de l’hallali, au milieu des marais, épuisé, fait face à la meute (il n’y a pas de meute) mais à la mouche qui, après avoir horripilé tous les convives, est bêtement entrée dans une bouteille de vin à peu près vide et se débat et agite ses ailes et tente de remonter jusqu’au goulot et n’y arrive pas.
Les fins de règne sont toujours un peu tristounettes, celle-ci devient pitoyable. La mouche se débat toute seule au fond de sa bouteille. Toutes ses tentatives pour sortir du piège échouent, les unes après les autres. La « règle d’or », oubliée. Le couple franco-allemand qui devait sauver l’euro, l’Europe et la planète toute entière, en instance de divorce. Les plans d’austérité, insuffisants, déjà dépassés.
Alors, affolé, le président ressort des vieux « trucs » auxquels personne ne croit plus depuis belle lurette. La TVA dite « sociale » (qui augmenterait pratiquement tous les prix à la consommation). Personne n’en veut, bien sûr. Mais il va tout de même essayer de la vendre aux syndicats lors d’un grand sommet social. Ils vont lui rire au nez quand il va se présenter en homme de dialogue, de concertation, toujours à la recherche du consensus. Il a oublié qu’il leur avait claqué la porte au nez lors de la réforme des retraites. Eux ne l’ont pas oublié. Et ce n’est pas maintenant, alors que le quinquennat est fini et que le sortant est déjà sorti aux yeux de beaucoup, qu’ils vont vouloir lui faire une fleur.
Il ressort alors du placard l’idée de taxer les transactions financières. Pas très nouveau non plus. Et tout aussi défendable que la « règle d’or » ou la TVA sociale. Seulement voilà, on ne moralise pas tout seul le monde de la finance, la planète des boursicoteurs, l’univers des banquiers. Même en se mettant soudain à appeler Jeanne d’Arc à l’aide. Tout comme il lui faudrait le soutien des syndicats pour réformer la TVA, il lui faudrait la bénédiction de toutes les bourses, au moins européennes, pour taxer les transactions. Or, il est seul au fond de sa bouteille.
Certains diront que Sarkozy aura au moins fait preuve d’énergie tout au cours de son quinquennat et jusqu’au dernier jour. La mouche aussi se débat jusqu’à la noyade finale.
La campagne commençant vraiment, il est vraisemblable que plusieurs candidats vont rappeler au « sortant » certaines de ses promesses, de ses formules à l’emporte-pièce, voire de ses galéjades et de ses fanfaronnades de 2007. Oublions le trop fameux « travailler plus pour gagner plus », le non moins fameux « je veux un république irréprochable », voire le « j’irai chercher la croissance avec les dents » pour ne retenir que le « je souhaite être jugé sur mes résultats ».
Ce sera sans doute le seul de ses vœux qui sera exaucé.
Cela dit, entre nous, nous jouons les malins mais nous devons aussi reconnaître que nous n’avons, pour l’instant, pas grand-chose d’autre à nous mettre sous la dent. Or il faudra bien choisir un nom à mettre dans l’urne.

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