Notre personnel politique perd totalement les pédales. Les exemples sont de plus en plus nombreux depuis quelque temps. Mais le dernier en date est stupéfiant.
Ségolène Royal veut poursuivre en justice VSD sous prétexte que cet hebdomadaire, faisant sa « une » sur un sondage révélant les personnalités qui « agacent » le plus les Français (et qui la classait largement en tête), a publié sa photo sous un titre assez joliment trouvé… « Les têtes à claques ».
La dame du Chabichou et de la « bravitude » estime qu’elle est, du coup, victime de « harcèlement moral » (sic !), d’« atteinte à sa dignité de mère de famille, de tels propos étant particulièrement odieux pour des enfants, même adultes » (re-sic !) et d’« injure publique à l’égard de ses fonctions d’élue qu’elle exerce avec dignité et honnêteté, ces propos étant de nature à porter atteinte à sa réputation locale et internationale » (re-re-sic !).
On appréciera « les enfants, même adultes » et « la réputation locale et internationale » qui laisse entendre que la brave dame ne se fait plus aucune illusion sur sa réputation « nationale ».
On rêve, naturellement, au grand procès que pourrait faire l’ancienne candidate à la présidence de la République contre l’hebdomadaire populaire. Des experts débattraient longuement pour savoir si la partie civile a, ou non, effectivement « une tête à claques » et les avis seraient peut-être partagés. La défense plaiderait la bonne foi et, qui sait, la liberté de la presse. Des témoins de moralité se succéderaient à la barre. Puis, le jury qu’on souhaiterait « populaire » se retirerait pour décider « en son âme et conscience » s’il a, ou pas, « l’intime conviction » que la présidente de la région Poitou-Charentes a « une tête à claques ».
Ce qui est sidérant dans l’affaire (qui n’est tout de même pas l’affaire Dreyfus, ni même celle de Karachi ou celle du Médiator) ce n’est pas qu’une élue de la République se permette ainsi de mettre en cause la sacro-sainte liberté d’expression (garantie par la Déclaration des Droits de l’homme) et le droit à l’humour, cher aux héritiers de Voltaire, de Beaumarchais et de Paul-Louis Courrier (il est vrai de moins en moins garanti aujourd’hui dans notre pays) mais qu’elle ne se rende même pas compte qu’en faisant preuve d’une telle absence du sens du ridicule, elle se ridiculise totalement et donne à la « une » de VSD une publicité inespérée pour la direction de l’hebdomadaire.
Nous sommes, sans doute, un certain nombre à ne pas lire, chaque semaine, VDS et sans les menaces et les communiqués incendiaires et vengeurs de Ségolène Royal, nous n’en serions pas tous, ce matin, à nous dire qu’en effet… elle a « une tête à claques ».
Comment peut-elle être idiote au point de vouloir poursuivre en justice VSD ? Et quand on pense que, le 6 mai 2007, 16.790.440 Français voulaient remettre entre ses mains le destin de la France !
Certains disent qu’en démocratie on a les élus qu’on mérite. Ce n’est pas vrai. Quels que soient nos défauts, nous mériterions souvent beaucoup mieux que ce que nous avons. En tous les cas, il y a des claques qui se perdent.

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