800.000 € ! Ca fait beaucoup d’argent. Arrivé à mon âge et à ces sommes-là, on est obligé de convertir en francs pour bien comprendre. Ca fait plus de 5 millions de francs. Le prix d’un bel appartement de trois/quatre pièces dans un quartier relativement élégant de Paris.
C’est ce que va gagner -tous les mois- un joueur de football britannique en venant taper dans un ballon au Paris Saint Germain.
On a beau nous raconter qu’il est (ou a été) le meilleur joueur du monde, qu’il a un pied droit fabuleux et qu’il est une icône à travers tous les stades de la planète, on est tout de même un peu choqué. Ca fait combien de Smic ? A peu près huit cents. Ce type, à lui tout seul, va gagner tous les salaires d’une entreprise de huit cents ouvriers. Ou si on préfère ce type va gagner, chaque mois, ce qu’un smicard mettrait soixante-six ans à gagner.
On se dit que notre société marche sur la tête et que c’est du pain bénit pour Mélenchon et tous ceux qui veulent « tout foutre en l’air ».
Sauf que… le football est devenu, depuis très longtemps, un business. Que les matchs attirent des dizaines de milliers de spectateurs dans les stades et des dizaines de millions de téléspectateurs et que les chaînes de télévision qui ne sont pas des entreprises philanthropiques paient des fortunes pour pouvoir retransmettre les quatre-vingt-dix minutes de ces rencontres.
Le football est une poule dont œufs ronds comme des ballons sont en or massif. Personne ne peut donc s’étonner que ceux qui driblent, qui shootent et qui envoient la balle dans la lucarne aient leur part du gâteau. Sans les footballeurs, les matchs perdraient rapidement de leur intérêt.
Les Qataris, nouveaux propriétaires du PSG, sont des malins. Ils ont compris qu’en faisant monter les enchères pour s’offrir au prix fort ces gladiateurs des temps modernes, on attirait le chaland et donc les médias et donc la publicité et qu’en fin de saison, avec en plus la vente de quelques t-shirts, ils s’y retrouveraient très largement.
Au fond ce qui est gênant dans cette affaire c’est moins le salaire délirant que va toucher la « star » que l’importance économique qu’ont prise ces vingt-deux joueurs qui tapent dans un ballon.
Ce ne sont pas les Qataris qui s’offrent David Beckham. C’est nous, amateurs (ou non) de football, consommateurs de n’importe quoi, dévoreurs de publicité, cibles des annonceurs et donc victimes de notre propre société, qui nous nous le payons.
Il parait qu’à la fin de l’Empire, les Romains qui commençaient à manquer de pain étaient prêts à payer des fortunes pour aller aux jeux voir des gladiateurs.
Nous avons quatre millions de chômeurs, il y a huit millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté, nous allons perdre notre triple A, mais nous offrons 800.000 € par mois à David Beckham pour le voir taper dans un ballon de son fameux pied droit…

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