Tous les experts sont d’accord : 2012 va être une année épouvantable.
Le chômage va encore augmenter et dépasser largement la ligne symbolique mais fatidique des 10%. De nouvelles usines vont fermer, les plans de licenciements vont se multiplier. Cela veut dire qu’au cours de tous ces mois prochains des dizaines de milliers de Français vont, à leur tour, sombrer dans la précarité et aller frapper, eux aussi, à la porte des Restos du cœur
La France va, évidemment, perdre son triple A. Ce qui veut dire que, pour emprunter, ne serait-ce que pour payer les intérêts de sa dette abyssale, ses taux d’emprunt vont encore augmenter. C’est la spirale infernale. Nous nous endettons de plus en plus pour payer notre dette qui ne fait donc que se creuser.
Le gouvernement ne semble pas avoir compris que l’austérité c’était mettre à la diète une économie sous-alimentée, couper la deuxième jambe d’un unijambiste, étouffer un agonisant. Jamais aucune entreprise en difficulté ne s’est sauvée en faisant des économies, en réduisant son personnel et sa production. La seule chance de sortir la tête de l’eau a toujours été d’innover, de produire plus, de retrouver des clients pour retrouver le chemin de la croissance. Ce n’est pas en se ratatinant, en se repliant sur soi-même, en faisant le dos rond pour attendre que ça se passe qu’on a la moindre chance d’échapper à la tempête.
Que la situation ne soit guère meilleure ailleurs n’est pas une consolation pour les Français qui, affolés et impuissants, assistent à cette mort programmée qui, à bien des égards, ressemble à un suicide collectif.
Au milieu de ce tsunami qui nous submerge, il va y avoir les élections présidentielles. En principe, cela pourrait être une chance de tout remettre à plat, de changer l’équipage du navire en perdition, de trouver un nouveau cap. Or, à quatre mois de l’échéance, que voit-on à l’horizon ? Rien ni personne.
Nicolas Sarkozy, le responsable si ce n’est le coupable du désastre, voudrait bien voir son CDD renouveler pour cinq ans encore. Il va sans doute nous raconter qu’il a changé, qu’il a compris, qu’il a été victime des aléas de la conjoncture internationale et nous promettre, comme la dernière fois, « la rupture » mais, cette fois, avec lui-même et ses mauvaises habitudes.
Les sondages, pour l’instant, ne lui donnent pas la moindre chance. C’est, plus que jamais, « Sortez, le sortant ! » Il risque donc fort d’être « viré » à la fois pour incompétence notoire et pour incompatibilité d’humeur avec les Français.
Mais on ne peut pas dire qu’en face il y ait pléthore d’hommes providentiels pour prendre la relève.
Avant d’apprendre qu’il était un obsédé sexuel, les Français avaient pensé que le directeur général du FMI pourrait être l’expert de la situation. Un « incident » au Sofitel de New-York nous a permis de l’échapper belle. Mais François Hollande, son suppléant, légitimé par des primaires, n’arrive visiblement pas à se débarrasser de ses oripeaux d’ancien premier secrétaire du PS pour endosser les habits d’un présidentiable. A force de se vouloir consensuel, il est fade, insipide, sans couleur ni saveur. Autant dire inexistant, en trainant derrière lui le boulet d’un programme écrit par les idéologues d’une autre planète, ignorant tout de notre désastre planétaire.
De sondage en sondage, il se fait déplumer même s’il reste encore le grand vainqueur annoncé pour le second tour. Mais l’enthousiasme n’y est pas. Candidat par défaut, il ne serait élu président que par défaut. 47% des Français ne veulent d’ailleurs ni de lui ni de l’autre.
Restent alors les petits, les sans grade, les sans parti, les sans argent. Les Bayrou, les Villepin, les Morin, les Mélenchon, les Chevènement. Ils ont des ambitions, parfaitement légitimes, celles de dire leurs quatre vérités aux Français, mais n’ont guère d’autres espoirs que de faire battre le ténor aphone de leur propre camp.
Et puis, cerise sur le gâteau, il y a Marine Le Pen. Les sondages commandés par l’Elysée lui accordent 16%, mais certains autres sondages qui semblent plus crédibles lui donnent 20%. Dix ans plus tard, presque jour pour jour, la fille pourrait donc parfaitement réaliser, le 22 avril 2012, l’exploit qu’avait réussi son père le 21 avril 2002. Elle n’aurait, bien sûr, strictement aucune chance de l’emporter au second tour, mais son succès relatif démontrerait à quel point les Français sont excédés par tous ceux qu’ils considèrent désormais comme des guignols malfaisants.
Il n’est pas besoin d’avoir une boule de cristal pour prévoir que cette année 2012 s’annonce mal. Nous serons chômeurs, ruinés, cocus et pas contents.
Mais on peut toujours rêver et sourire en se souvenant du mot d’un humoriste : « Les prévisions sont toujours difficiles, surtout quand il s’agit de l’avenir ».

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