Archives par moisdécembre 2011



Bonne année !

C’est la journée de tous les vœux et quand on tient un blog, aussi modeste soit-il, après avoir offert les siens à ses proches, on a envie d’en offrir aussi à ces « amis inconnus » qui, depuis des mois, vous font la gentillesse de vous lire, de vous contester et parfois même de vous corriger une faute d’inattention pour ne pas dire d’orthographe.
Aujourd’hui, on ne se retrouve plus sous les platanes et sur les bancs de la place du village pour discuter du bout de gras ou de l’avenir de l’humanité. Mais, grâce à l’internet, on peut se rencontrer et se dire ce qu’on a sur le cœur, en travers de la gorge ou sur l’estomac et en débattre en toute liberté sans toutefois en venir aux mains. C’est ce que, sous le parrainage de Beaumarchais, nous faisons ici. Alors, forcément, ça crée des liens.
Avec Houzi, Drazig, Diego, Patrick-Louis, Alain, Jean, Imprécator, Roqueplo, Môa, Abenaton et quelques autres, sans nous connaitre, l’un vivant à Shanghai et l’autre en Amérique latine, nous avons pris l’habitude de passer, presque chaque jour, un petit quart d’heure ensemble. Ca fait du bien et ça… soulage. Nous sommes rarement d’accord, sauf sur une chose : nous ne supportons plus qu’on nous raconte n’importe quoi, que les bateleurs d’estrade, les professionnels de la politicaille, les experts en tout et en n’importe quoi, les « organes » de presse complaisants nous serinent à satiété d’évidentes contre-vérités en nous prenant pour des jobards incultes.
On dira que nous sommes des râleurs invétérés. C’est vrai. Certains m’ont même accusé d’être un « sarkophage » impénitent. Peut-être. Mais il faut bien reconnaitre que si « la pensée unique » et « le politiquement correct » nous condamnent, les événements, eux, nous donnent-hélas- raison. Depuis quelque temps, avec ceux qui nous gouvernent, les pessimistes (que nous sommes) sont évidemment les plus lucides.
Nous ignorons encore les vœux que va formuler ce soir le président de la République. Pour la cinquième année de suite, il va, sans doute, nous promettre que tout va s’arranger pour peu qu’on lui fasse confiance et qu’on se serre encore davantage la ceinture. Mais on peut parier, sans être grand clerc, que son vœu le plus cher, pour lui si ce n’est pour nous, sera d’être réélu. La place est bonne. Quand un bateau coule, il vaut toujours mieux être sur la passerelle que, comme nous, dans la soute. Sans être encore candidat, Nicolas Sarkozy va donc se souhaiter un renouvellement de son CDD.
Il ne semble pas que ce soit ce vœu-là que la grande majorité des Français formule aujourd’hui, même si beaucoup de nos compatriotes, ne voulant pas choisir entre la chèvre et le choux, pour ne pas dire entre la peste et le choléra, n’ont pas trouvé, la semaine dernière, dans leurs petits chaussons le candidat de leur rêve et que, du coup, ils ne croient plus au Père Noël.
Alors pour cette Saint Sylvestre, soyons réalistes, c’est-à-dire modestes, et souhaitons-nous, entre amis de ce blog, de simples petits bonheurs personnels (un peu de soleil, quelques bonnes bouteilles, des rires d’enfants) et surtout pas trop d’ennuis quotidiens. Ce qui est pratiquement sûr c’est que, puisque nous aimons, parait-il, râler, cette année 2012 s’annonce, pour nous, sous les meilleurs auspices.
Bonne année à tous.

31 Déc 2011 | Comments (15)

Boulogne-Billancourt, ville maudite?

Il y a des villes qui n’ont vraiment pas de chance. Prenez par exemple Boulogne-Billancourt. Pendant des décennies, elle fut l’angoisse de tous les gouvernements, de droite ou de gauche. Dans les couloirs du pouvoir on répétait : « Attention, il ne faut pas désespérer Boulogne-Billancourt ».
C’était à l’époque des « Trente glorieuses ». Tout allait bien dans le pays, il n’y avait pas de chômage, notre industrie fonctionnait à plein, c’était la croissance et chacun s’enrichissait ou du moins voyait sa situation s’améliorer.
Mais à Boulogne-Billancourt, il y avait la Régie Renault, c’est-à-dire la CGT et l’île Seguin, avec ses dizaines de milliers d’ouvriers, était le fief de nos staliniens les plus militants. Il ne fallait donc pas les désespérer.
Renault n’est plus une régie depuis longtemps et a quitté Boulogne-Billancourt, l’île Seguin va peut-être devenir un lieu culturel ou un parc d’attractions et plus vraisemblablement une friche industriel et la CGT a perdu ses militants comme notre industrie automobile a perdu ses clients. Tout est rentré dans l’ordre (des choses). Ce coin de la « banlieue rouge » de jadis est devenu un fief de la sarkozie. On pensait les Boulonnais heureux de se faire oublier.
Et voilà qu’on apprend que « le premier flic de France », l’âme damnée du président, Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire « l’homme le plus détesté de France », par fonction mais aussi grâce à ses innombrables dérapages verbaux a jeté son dévolu sur Boulogne-Billancourt pour s’y faire élire, sans aucun problème, député en juin prochain, au lendemain de présidentielles qui s’annoncent pour le moins incertaines. Après la CGT, Guéant !
On ne reprochera pas à un homme du pouvoir de souhaiter acquérir une légitimité par les urnes et on comprend que ce fidèle d’entre les fidèles du président sortant cherche déjà à se recaser, lui qui connait mieux que personne tous les sondages et toutes les enquêtes des RG.
Ce vieux préfet (de 67 ans !) aurait-il des ambitions démesurées ? Quand on rumine dans le bureau de la place Beauvau, on sait que nos trois derniers présidents de la République, Mitterrand, Chirac et Sarkozy, ont été ministres de l’Intérieur ainsi que deux des actuels candidats à l’Elysée, Chevènement et Villepin. Ca tourne forcément un peu la tête.
Mais il aurait sûrement été plus élégant que ce ministre qui passe son temps à défier les gangsters, les truands, les loubards, les étrangers en situation irrégulière et les roms aille défier les électeurs dans une circonscription plus… périlleuse. Question : Claude Guéant est-il élégant ?
Fillon dans le 7ème arrondissement, Guéant à Boulogne-Billancourt, le fils Sarkozy peut-être à Neuilly. Reste-t-il encore beaucoup de « droping zones » verdoyantes ? Les naufragés ont remplacé leurs gilets de sauvetage par des parachutes.
En tous les cas c’est sûrement la première fois qu’un certain nombre de Français regrettent de ne pas être inscrits sur les listes électorales de Boulogne-Billancourt…

30 Déc 2011 | Comments (8)

Ségolène Royal et sa tête à claques

Notre personnel politique perd totalement les pédales. Les exemples sont de plus en plus nombreux depuis quelque temps. Mais le dernier en date est stupéfiant.
Ségolène Royal veut poursuivre en justice VSD sous prétexte que cet hebdomadaire, faisant sa « une » sur un sondage révélant les personnalités qui « agacent » le plus les Français (et qui la classait largement en tête), a publié sa photo sous un titre assez joliment trouvé… « Les têtes à claques ».
La dame du Chabichou et de la « bravitude » estime qu’elle est, du coup, victime de « harcèlement moral » (sic !), d’« atteinte à sa dignité de mère de famille, de tels propos étant particulièrement odieux pour des enfants, même adultes » (re-sic !) et d’« injure publique à l’égard de ses fonctions d’élue qu’elle exerce avec dignité et honnêteté, ces propos étant de nature à porter atteinte à sa réputation locale et internationale » (re-re-sic !).
On appréciera « les enfants, même adultes » et « la réputation locale et internationale » qui laisse entendre que la brave dame ne se fait plus aucune illusion sur sa réputation « nationale ».
On rêve, naturellement, au grand procès que pourrait faire l’ancienne candidate à la présidence de la République contre l’hebdomadaire populaire. Des experts débattraient longuement pour savoir si la partie civile a, ou non, effectivement « une tête à claques » et les avis seraient peut-être partagés. La défense plaiderait la bonne foi et, qui sait, la liberté de la presse. Des témoins de moralité se succéderaient à la barre. Puis, le jury qu’on souhaiterait « populaire » se retirerait pour décider « en son âme et conscience » s’il a, ou pas, « l’intime conviction » que la présidente de la région Poitou-Charentes a « une tête à claques ».
Ce qui est sidérant dans l’affaire (qui n’est tout de même pas l’affaire Dreyfus, ni même celle de Karachi ou celle du Médiator) ce n’est pas qu’une élue de la République se permette ainsi de mettre en cause la sacro-sainte liberté d’expression (garantie par la Déclaration des Droits de l’homme) et le droit à l’humour, cher aux héritiers de Voltaire, de Beaumarchais et de Paul-Louis Courrier (il est vrai de moins en moins garanti aujourd’hui dans notre pays) mais qu’elle ne se rende même pas compte qu’en faisant preuve d’une telle absence du sens du ridicule, elle se ridiculise totalement et donne à la « une » de VSD une publicité inespérée pour la direction de l’hebdomadaire.
Nous sommes, sans doute, un certain nombre à ne pas lire, chaque semaine, VDS et sans les menaces et les communiqués incendiaires et vengeurs de Ségolène Royal, nous n’en serions pas tous, ce matin, à nous dire qu’en effet… elle a « une tête à claques ».
Comment peut-elle être idiote au point de vouloir poursuivre en justice VSD ? Et quand on pense que, le 6 mai 2007, 16.790.440 Français voulaient remettre entre ses mains le destin de la France !
Certains disent qu’en démocratie on a les élus qu’on mérite. Ce n’est pas vrai. Quels que soient nos défauts, nous mériterions souvent beaucoup mieux que ce que nous avons. En tous les cas, il y a des claques qui se perdent.

30 Déc 2011 | Comments (6)

Il faut qu’ils revoient leur copie

Selon le dernier sondage du jour, 79% des Français estiment que, pour l’instant, les programmes et les discours de tous nos candidats à la présidentielle sont « éloignés » de leurs préoccupations. Autant dire que cette campagne électorale, pourtant plus essentielle que jamais, commence par un dialogue de sourds entre des prétendants qui se disent prêts à sauver le pays et des électeurs affolés par la situation et désespérés par la médiocrité de ceux qui cherchent à les séduire.
Une fois de plus, et peut-être plus que jamais, on a un monde politique totalement coupé des réalités et qui semble se refuser à entendre la rumeur populaire, pour ne pas dire les grondements de plus en plus forts qui viennent des quatre coins du pays.
Il n’est pourtant pas nécessaire d’avoir fait l’Ena ou d’être un sondeur professionnel pour comprendre qu’aujourd’hui, et depuis quelque temps déjà, les « préoccupations » (le mot est faible) des Français sont, dans l’ordre et comme le rappelle d’ailleurs ce même sondage : 1) le chômage, 2) la hausse des prix des produits de première nécessité, 3) le remboursement des soins, 4) la protection des retraites, 5) l’accès des jeunes au marché du travail.
Tout le reste, le vote des étrangers, le génocide arménien, le mariage des homosexuels, la libéralisation des drogues plus ou moins douces, le cumul des mandats, n’a strictement aucune importance pour une grande majorité des Français qui ont maintenant peur de se retrouver, du jour au lendemain, au chômage et qui, depuis des mois, voient leur niveau de vie s’effondrer et leur avenir s’obscurcir totalement.
Pour eux, la mort de l’euro, l’éclatement de l’Europe, les déficits, la dette, le triple A sont des problèmes lointains, abstraits et dont ils ne veulent même pas entendre parler quand ils voient que le prix du gaz, celui des billets de chemin de fer, celui des mutuels, celui du panier de la ménagère, celui de la vie simplement quotidienne augmentent chaque jour.
On dira que nos compatriotes sont inconscients. Non. Cela fait trop d’années qu’on leur raconte –sans leur demander leur avis et, en tous les cas, sans en tenir compte- que l’Europe est leur seule chance de salut, que la lutte contre les déficits est un impératif absolu et qu’il faut donc qu’ils fassent des sacrifices. Ils en ont assez de tous les discours de ces technocrates qui leur affirment savoir tout mieux que tout le monde et qui ont conduit la France (et l’Europe) à s’enfoncer dans le marasme d’aujourd’hui.
Ils veulent maintenant du concret. Pour eux, les palabres franco-allemands, les sommets de Bruxelles (tous « de la dernière chance »), les menaces des agences de notation, les perspectives de l’OCDE n’ont plus aucun sens. Ce qu’ils savent c’est qu’au cours des seules trois dernières années 900 usines ont fermé leurs portes en France et que 100.000 emplois industriels ont été supprimés. En trois ans !
Ils attendent donc non pas celui qui leur promettra de ramener le déficit à 3% du PIB ou de sauvegarder miraculeusement notre triple A mais celui qui s’engagera (en étant plausible) à réindustrialiser la France, à rouvrir des usines, à faire revivre des bassins d’emplois à l’abandon, à ressusciter les déserts agricoles, à donner du travail aux jeunes, aux vieux, à permettre aux PME d’innover et de trouver de nouveaux marchés. Et qu’importe pour eux les lois de l’économie gravées dans un bronze en fusion et les règles de la bienséance budgétaire violées par la terre entière.
L.es Français sont peut-être des inconscients, voire des incultes mais ils veulent avoir « un boulot », pouvoir acheter des produits de première nécessité, pouvoir se payer les soins indispensables, être à peu près sûrs d’avoir une retraite décente et que leurs gosses aient un avenir.
Il faut que nos candidats le comprennent et il faut donc qu’ils revoient leur copie. Ou alors il pourrait y avoir des surprises…

29 Déc 2011 | Comments (9)

Petit rappel à l’ordre…

J’ai toujours souhaité que ce modeste blog ressemble (un peu) à un club anglais où, confortablement installés dans de profonds fauteuils de cuir, fumant un bon cigare et dégustant un vieil Armagnac, nous pourrions tous, amicalement, discuter d’un peu tout.
Que les désaccords soient fréquents et les propos parfois un peu vifs est une bonne chose. La pensée unique et le politiquement correct sont proscrits de ce club ce qui fait, d’une certaine manière, sa particularité. Mais les insultes personnelles et les injures grossières y sont tout aussi interdites.
Je m’étais juré de ne jamais censurer le moindre commentaire. 2.984 commentaires sont déjà parus en réponse à 578 billets. Mais, hier, pour la première fois, j’ai dû supprimer deux textes orduriers qui s’en prenaient, d’une manière totalement inadmissible, à deux amis fidèles de ce blog.
L’année 2012 qui va commencer sera celle de tous les débats, de toutes les passions. Il n’est pas question que notre club élégant se mette à ressembler à une arrière-salle de bistrot où des charretiers en viendraient aux mains.
Je veux croire que chacun sera d’accord avec moi.

29 Déc 2011 | Comments (13)

Sarkozy « agace » 61% des Français

C’est un sondage amusant qui, certes, ne vaut que ce qu’il vaut mais qui est tout de même plus révélateur qu’il n’y parait.
Comme chaque année, l’hebdomadaire VSD a demandé à l’institut Harris interactive d’interroger les Français pour savoir quelles étaient les personnalités qui les « agaçaient » le plus.
« L’agacement » est, évidemment, une notion un peu floue. Plus proche de l’horripilation que de la franche détestation. Mais ce n’est sûrement pas très bon pour un homme (ou une femme) politique que d’« agacer » les électeurs.
Le classement de cette année est intéressant.
68% des Français sont « agacés » par Ségolène Royal (on les comprend), 64% par Strauss-Kahn (qui n’est plus dans le coup mais fait encore la une de l’actualité), 63% par Eva Joly (on aurait cru davantage) et 61% par Nicolas Sarkozy.
Il y a donc 39% de Français qui ne sont pas « agacés » par le chef de l’Etat. Quand on sait, par d’autres sondages, que Sarkozy pourrait obtenir 43% des voix au second tour de la présidentielle, on en conclut que 4% des électeurs voteraient pour lui le 7 mai tout en le trouvant « agaçant ».
Hollande, lui, n’est que 11ème dans ce classement avec 47% de Français qui le trouvent « agaçant ». Quatorze points d’écart, une belle marge. Mais rien ne dit qu’au cours des quatre mois de campagne qui vont commencer, le candidat du PS ne va pas finir par en « agacer » d’autres.
On peut, bien sûr, contester ce sondage. Mais tout le monde sera d’accord avec le palmarès des personnalités culturelles. C’est Bernard-Henry Lévy qui arrive largement en tête. Sa performance est cependant un peu décevante. Il n’« agace » que 50% des Français ce qui tendrait à prouver qu’un Français sur deux n’a pas la télévision. Peut-être plus même puisque Carla Bruni n’« agace » que 44% de nos compatriotes.
Mais ce n’est qu’un jeu de fin d’année. Dès la fin de la trêve des confiseurs, l’« agacement » pourrait bien évoluer vers la rage…

28 Déc 2011 | Comments (6)

2012: année épouvantable

Tous les experts sont d’accord : 2012 va être une année épouvantable.
Le chômage va encore augmenter et dépasser largement la ligne symbolique mais fatidique des 10%. De nouvelles usines vont fermer, les plans de licenciements vont se multiplier. Cela veut dire qu’au cours de tous ces mois prochains des dizaines de milliers de Français vont, à leur tour, sombrer dans la précarité et aller frapper, eux aussi, à la porte des Restos du cœur
La France va, évidemment, perdre son triple A. Ce qui veut dire que, pour emprunter, ne serait-ce que pour payer les intérêts de sa dette abyssale, ses taux d’emprunt vont encore augmenter. C’est la spirale infernale. Nous nous endettons de plus en plus pour payer notre dette qui ne fait donc que se creuser.
Le gouvernement ne semble pas avoir compris que l’austérité c’était mettre à la diète une économie sous-alimentée, couper la deuxième jambe d’un unijambiste, étouffer un agonisant. Jamais aucune entreprise en difficulté ne s’est sauvée en faisant des économies, en réduisant son personnel et sa production. La seule chance de sortir la tête de l’eau a toujours été d’innover, de produire plus, de retrouver des clients pour retrouver le chemin de la croissance. Ce n’est pas en se ratatinant, en se repliant sur soi-même, en faisant le dos rond pour attendre que ça se passe qu’on a la moindre chance d’échapper à la tempête.
Que la situation ne soit guère meilleure ailleurs n’est pas une consolation pour les Français qui, affolés et impuissants, assistent à cette mort programmée qui, à bien des égards, ressemble à un suicide collectif.
Au milieu de ce tsunami qui nous submerge, il va y avoir les élections présidentielles. En principe, cela pourrait être une chance de tout remettre à plat, de changer l’équipage du navire en perdition, de trouver un nouveau cap. Or, à quatre mois de l’échéance, que voit-on à l’horizon ? Rien ni personne.
Nicolas Sarkozy, le responsable si ce n’est le coupable du désastre, voudrait bien voir son CDD renouveler pour cinq ans encore. Il va sans doute nous raconter qu’il a changé, qu’il a compris, qu’il a été victime des aléas de la conjoncture internationale et nous promettre, comme la dernière fois, « la rupture » mais, cette fois, avec lui-même et ses mauvaises habitudes.
Les sondages, pour l’instant, ne lui donnent pas la moindre chance. C’est, plus que jamais, « Sortez, le sortant ! » Il risque donc fort d’être « viré » à la fois pour incompétence notoire et pour incompatibilité d’humeur avec les Français.
Mais on ne peut pas dire qu’en face il y ait pléthore d’hommes providentiels pour prendre la relève.
Avant d’apprendre qu’il était un obsédé sexuel, les Français avaient pensé que le directeur général du FMI pourrait être l’expert de la situation. Un « incident » au Sofitel de New-York nous a permis de l’échapper belle. Mais François Hollande, son suppléant, légitimé par des primaires, n’arrive visiblement pas à se débarrasser de ses oripeaux d’ancien premier secrétaire du PS pour endosser les habits d’un présidentiable. A force de se vouloir consensuel, il est fade, insipide, sans couleur ni saveur. Autant dire inexistant, en trainant derrière lui le boulet d’un programme écrit par les idéologues d’une autre planète, ignorant tout de notre désastre planétaire.
De sondage en sondage, il se fait déplumer même s’il reste encore le grand vainqueur annoncé pour le second tour. Mais l’enthousiasme n’y est pas. Candidat par défaut, il ne serait élu président que par défaut. 47% des Français ne veulent d’ailleurs ni de lui ni de l’autre.
Restent alors les petits, les sans grade, les sans parti, les sans argent. Les Bayrou, les Villepin, les Morin, les Mélenchon, les Chevènement. Ils ont des ambitions, parfaitement légitimes, celles de dire leurs quatre vérités aux Français, mais n’ont guère d’autres espoirs que de faire battre le ténor aphone de leur propre camp.
Et puis, cerise sur le gâteau, il y a Marine Le Pen. Les sondages commandés par l’Elysée lui accordent 16%, mais certains autres sondages qui semblent plus crédibles lui donnent 20%. Dix ans plus tard, presque jour pour jour, la fille pourrait donc parfaitement réaliser, le 22 avril 2012, l’exploit qu’avait réussi son père le 21 avril 2002. Elle n’aurait, bien sûr, strictement aucune chance de l’emporter au second tour, mais son succès relatif démontrerait à quel point les Français sont excédés par tous ceux qu’ils considèrent désormais comme des guignols malfaisants.
Il n’est pas besoin d’avoir une boule de cristal pour prévoir que cette année 2012 s’annonce mal. Nous serons chômeurs, ruinés, cocus et pas contents.
Mais on peut toujours rêver et sourire en se souvenant du mot d’un humoriste : « Les prévisions sont toujours difficiles, surtout quand il s’agit de l’avenir ».

28 Déc 2011 | Comments (16)

On a donc privatisé la lutte contre le terrorisme

Les agents de sécurité de nos aéroports ont décidé de mettre fin à leur grève. S’ils n’ont pas obtenu les 200 € d’augmentation mensuelle qu’ils exigeaient, ils ont tout de même réussi à avoir une prime de 1.000 € par an. Ils ont fait perdre des heures à des dizaines de milliers de braves gens qui partaient en vacances, mais ils n’ont pas, eux, tout à fait perdu leur temps.
Cela dit, cette grève a soulevé un vrai problème que personne n’a osé évoquer. La sécurité des aéroports n’a rien à voir avec la sécurité des grandes surfaces. Dans les grandes surfaces, les vigiles sont là pour éviter les chapardages. Dans les aéroports, les agents de sécurité sont là pour éviter les attentats terroristes. Ce n’est pas la même chose.
La sécurité dans les aéroports est apparue dans les années 70 quand les Palestiniens se sont mis à détourner des avions de ligne. Depuis les attentats du 11 septembre, ces contrôles ont, évidemment, été renforcés. Et cette grève a appris à tous les passagers de tous nos aéroports que l’Etat avait confié cette mission essentielle à des sociétés privées qui, comme toutes les sociétés de ce genre, emploient des salariés recrutés à la va-vite, sans réelle formation et bien souvent intérimaires.
La sécurité aérienne fait, évidemment, partie des devoirs régaliens de l’Etat puisqu’il s’agit d’empêcher des terroristes de s’emparer d’un avion de passagers en vol pour le détourner, le faire exploser ou le jeter sur des gratte-ciel. Comment un Etat qui a plus de 300.000 gendarmes et policiers peut-il avoir sous-traité cette sécurité à des boites privées ?
Les Français –du moins ceux qui ne sont pas fonctionnaires- se plaignent, à juste titre, du trop grand nombre de salariés du public de notre pays. Si l’on compte les fonctionnaires d’Etat, les fonctionnaires territoriaux et les fonctionnaires hospitaliers nous avons plus de 6 millions de fonctionnaires. Un Français sur 10 (bébés et vieillards compris) est un salarié de la collectivité. C’est, bien sûr, délirant.
Mais les Français n’ont jamais trouvé que nous avions trop de policiers ou trop d’infirmières. Or c’est dans ces domaines que l’Etat privatise.
La maternité de l’hôpital Saint Antoine, l’une des plus importantes de France, va être vendue à une entreprise privée (qui va la transformer en clinique de luxe pour personnes du 4ème âge). On voudrait privatiser nos prisons. L’école publique perd chaque année du terrain en face de l’école privée. Les magistrats sont remplacés par des « médiateurs ». Les policiers municipaux remplacent de plus en plus souvent la police nationale, etc.
Certes, on peut dire que les hôpitaux privés sont aussi bons que les hôpitaux publics, que les « matons publics » ne sont pas toujours à la hauteur de leurs tâches, que les établissements scolaires privés ont de meilleurs résultats que l’Ecole de la République, que nos juges et que nos policiers sont débordés.
Mais alors on va finir par se demander à quoi sert l’Etat s’il est incapable d’assumer lui-même ses missions essentielles. Un pays où la sécurité est assurée par des milices privées, la santé par des médecins roumains recrutés à bas prix, l’école par des jeunes filles de bonne famille et la justice par de petits vieux à la retraite n’a plus guère de raison d’être.
On a déjà vendu un certain nombre de palais de la République, quand va-t-on privatiser l’Elysée ?

26 Déc 2011 | Comments (18)

2011: une hécatombe et deux cataclysmes

Comme tous les ans fin décembre, chacun, à la télévision ou dans la presse écrite, y va de son petit bilan de l’année écoulée. Et il faut bien reconnaître que jamais sans doute, depuis très longtemps, aucune année n’avait été aussi « mouvementée » que 2011.
Nous avons assisté à une véritable hécatombe : le Tunisien Ben Ali, l’Egyptien Moubarak, le Yéménite Salé ont été chassés du pouvoir par les foules, comme le Libyen Kadhafi qui y a trouvé la mort, mais pour lui les foules ont eu besoin de nos Rafales. C’est ce qu’on a appelé « le Printemps arabe » qui pourrait bien se prolonger, cet hiver, en Syrie.
Après l’euphorie des premiers jours, l’Occident qui n’avait rien vu venir et qui avait, jusqu’alors, entretenu les meilleures relations avec ces « amis » devenus soudain d’« atroces dictateurs », a commencé à se demander si ces révolutions de jasmin, d’aubépines ou de cactus allaient vraiment faire connaitre à ces peuples malheureux tous les bonheurs de la démocratie. Partout, ces tyrans à la sauce occidentale étaient remplacés par des islamistes brandissant le Coran et annonçant l’instauration de la Charia.
Ben Laden, lui, a été exécuté par un commando américain. Personne, bien sûr, ne l’a pleuré et certains ont même remarqué que, depuis sa mort, Al Qaïda semblait avoir disparu, si ce n’est sa filiale magrébine.
Cela dit, on est bien obligé de constater qu’en Afghanistan que les troupes alliées s’apprêtent –enfin- à abandonner un peu piteusement, les Talibans contrôlent de nouveau l’essentiel du pays et qu’en Irak que les Américains viennent –enfin- de laisser à son triste sort la guerre de religion entre Sunnites et Chiites a repris de plus belle.
En clair, le monde islamique s’est débarrassé de ses dictateurs et de ses corps expéditionnaires occidentaux mais a, évidemment, préféré se tourner vers la fanatisme islamiste plutôt que vers la démocratie.
Pour l’anecdote, on peut aussi rappeler au milieu de cette hécatombe l’Ivoirien Gbagbo, capturé dans son palais en ruines par nos services plus ou moins secrets.
Mais c’est loin d’être tout. Sans évoquer Dominique Strauss-Kahn, le grandissime favori de notre présidentielle de 2012, disparu dans des circonstances plus croquignolesques, nous avons aussi « perdu » le Grec Papandréou, l’Italien Berlusconi et l’Espagnol Zapatero, massacrés, eux, par la crise.
Certains diront donc que 2011 aura été à la fois l’année du Printemps arabe (c’est-à-dire celle du réveil brutal de l’Islam) et celle de la crise de l’euro, voire de l’Europe (c’est-à-dire celle des vieux pays qui ne produisant plus rien et continuant à consommer au-delà du raisonnable ont fini, à coups de dettes abyssales, par perdre toute souveraineté). Ils ne veulent pas comprendre que ces deux cataclysmes ont une seule et même cause. Le Printemps arabe n’a pas été provoqué par un brusque retour de la foi mais parce que des millions de Tunisiens, l’Egyptiens, de Libyens, de Yéménites et de Syriens n’en pouvaient plus de crever de faim. La crise européenne n’a pas été déclenchée par les agences de notation mais par le chômage de masse qui ravage toutes nos sociétés.
De Tunis à Sanaa et Damas, d’Athènes à Madrid et peut-être bientôt à Moscou, ce n’est ni Allah ni les cotations de la Bourse qui ont fait et qui font encore descendre les peuples indignés, révoltés, insurgés, dans la rue mais bien la faim, la misère, la peur du chômage.
Dans le monde arabe, « les barbus » sont en train de remplacer Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Salé, chez nous ce sont des technocrates, autre malédiction, qui ont pris la place de Papandréou ou de Berlusconi. Les premiers prônent un retour à l’austérité du désert du Prophète, les seconds brandissent des plans de rigueur implacables.
D’un côté comme de l’autre, on rejette donc les idées de croissance, de progrès, d’innovation pour se recroqueviller dans les mosquées et les comptes d’apothicaires. Et pendant ce temps-là, la Chine, l’Inde, le Brésil et quelques autres produisent, créent, inventent et rachètent nos ruines à bas prix.
Valéry disait : « Les grandes civilisations savent maintenant qu’elles sont mortelles ». Non seulement nous faisons mine de ne pas vouloir le savoir mais nous ne faisons rien pour tenter de survivre.
On a souvent dit que le XXème siècle n’avait commencé qu’en 1914. Le XXIème siècle a sans doute commencé en 2011. Le monde a changé de face, officiellement, cette année. L’Occident a sombré après quelques siècles de domination sans partage. Ceux qu’on appelait « les sous-développés », puis « les pays en voie de développement », puis « les émergeants » ont émergé et triomphent et nous n’avons plus que nos yeux pour pleurer sur notre radeau qui sombre dans la tempête.
Pour nous, 2012 va être un ultime espoir. Mais, quand on observe les débuts de cette campagne électorale, on ne voit rien ni personne qui pourrait inciter à l’optimisme.

26 Déc 2011 | Comments (5)

800.000 € par mois !

800.000 € ! Ca fait beaucoup d’argent. Arrivé à mon âge et à ces sommes-là, on est obligé de convertir en francs pour bien comprendre. Ca fait plus de 5 millions de francs. Le prix d’un bel appartement de trois/quatre pièces dans un quartier relativement élégant de Paris.
C’est ce que va gagner -tous les mois- un joueur de football britannique en venant taper dans un ballon au Paris Saint Germain.
On a beau nous raconter qu’il est (ou a été) le meilleur joueur du monde, qu’il a un pied droit fabuleux et qu’il est une icône à travers tous les stades de la planète, on est tout de même un peu choqué. Ca fait combien de Smic ? A peu près huit cents. Ce type, à lui tout seul, va gagner tous les salaires d’une entreprise de huit cents ouvriers. Ou si on préfère ce type va gagner, chaque mois, ce qu’un smicard mettrait soixante-six ans à gagner.
On se dit que notre société marche sur la tête et que c’est du pain bénit pour Mélenchon et tous ceux qui veulent « tout foutre en l’air ».
Sauf que… le football est devenu, depuis très longtemps, un business. Que les matchs attirent des dizaines de milliers de spectateurs dans les stades et des dizaines de millions de téléspectateurs et que les chaînes de télévision qui ne sont pas des entreprises philanthropiques paient des fortunes pour pouvoir retransmettre les quatre-vingt-dix minutes de ces rencontres.
Le football est une poule dont œufs ronds comme des ballons sont en or massif. Personne ne peut donc s’étonner que ceux qui driblent, qui shootent et qui envoient la balle dans la lucarne aient leur part du gâteau. Sans les footballeurs, les matchs perdraient rapidement de leur intérêt.
Les Qataris, nouveaux propriétaires du PSG, sont des malins. Ils ont compris qu’en faisant monter les enchères pour s’offrir au prix fort ces gladiateurs des temps modernes, on attirait le chaland et donc les médias et donc la publicité et qu’en fin de saison, avec en plus la vente de quelques t-shirts, ils s’y retrouveraient très largement.
Au fond ce qui est gênant dans cette affaire c’est moins le salaire délirant que va toucher la « star » que l’importance économique qu’ont prise ces vingt-deux joueurs qui tapent dans un ballon.
Ce ne sont pas les Qataris qui s’offrent David Beckham. C’est nous, amateurs (ou non) de football, consommateurs de n’importe quoi, dévoreurs de publicité, cibles des annonceurs et donc victimes de notre propre société, qui nous nous le payons.
Il parait qu’à la fin de l’Empire, les Romains qui commençaient à manquer de pain étaient prêts à payer des fortunes pour aller aux jeux voir des gladiateurs.
Nous avons quatre millions de chômeurs, il y a huit millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté, nous allons perdre notre triple A, mais nous offrons 800.000 € par mois à David Beckham pour le voir taper dans un ballon de son fameux pied droit…

22 Déc 2011 | Comments (16)

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