Une Française qui travaillait pour la Croix Rouge, vient d’être libérée au Yémen mais deux Français, géologues, viennent d’être enlevés au Mali. Les prises d’otages sont devenues une habitude et les Français semblent particulièrement visés par ces bandes incontrôlées, à mi-chemin entre le grand banditisme et la rébellion armée.
Le gouvernement paraît totalement désarmé en face de cette nouvelle criminalité internationale.
Il demande aux Français, aux humanitaires, aux salariés des grandes entreprises et aux touristes, d’éviter ces zones à risques de plus en plus nombreuses. Sans succès, bien sûr, si ce n’est peut-être pour les touristes.
Il pourrait décider de ne plus répondre au chantage des preneurs d’otages. Ce serait abandonner à une mort prévisible nos compatriotes. Ce n’est pas imaginable.
Il a maintenant prévu une ligne budgétaire pour le paiement des rançons. Ce n’est pas une solution.
Il pourrait donner ordre à nos services secrets, une fois les otages récupérés, de faire payer très cher leur crime aux terroristes. Œil pour œil. C’est ce qu’on longtemps fait les Israéliens. C’est efficace. Mais on voit mal un Etat de droit se mettre à pratiquer de tels règlements de comptes.
Chaque cas de prise d’otages est d’ailleurs différent.
Au Yémen, les hommes qui avaient enlevé notre compatriote, des militants pour l’autonomie de leur région, voulaient obtenir la libération de quatre de leurs amis emprisonnés. Ils ont sans doute eu gain de cause. Ce genre d’enlèvement est, parait-il, une tradition locale. On peut cependant imaginer qu’ils ont obtenu aussi, de Paris, quelques liasses de dollars.
Au Mali, c’est beaucoup plus compliqué. Les terroristes d’Al Qaïda Maghreb IsIamique n’en sont pas à leur coup d’essai. Ils détiennent toujours quatre Français qu’ils ont enlevés, le 16 septembre 2010, sur le site d’extraction d’uranium d’Arlit, au Niger. Eux, ils veulent de l’argent et des armes, comme les bandes yéménites, mais ils exigent aussi des concessions politiques. Affiliés à Al Qaïda, ils s’en prennent, depuis des mois, à la France, l’ancienne puissance coloniale, à laquelle ils reprochent sa présence en Afghanistan et l’interdiction du voile intégral.
Mais tout pourrait bien s’être encore s’être aggravé. Le Mali n’est pas très loin de la Libye et on sait que Kadhafi avait recruté des troupes parmi toutes ces tribus qui déambulent en toute impunité à travers le désert du Tchad, du Niger, de l’Algérie, du Mali et de la Mauritanie. Ces mercenaires sont maintenant rentrés chez eux, dans leurs sables et leurs dunes, avec un arsenal considérable. Et pour ces hommes du désert, islamistes fanatisés, la France qui, avec ses Rafales, a chassé Kadhafi du pouvoir est, évidemment, devenue plus que jamais l’ennemie à combattre. Nous avons installé des Islamistes à Tripoli et les Islamistes du désert ne nous pardonneront jamais d’avoir renversé Kadhafi.
Si les preneurs d’otages de nos deux géologues sont bien, comme tout permet de le supposer, des membres d’AQMI de retour de Tripoli, les négociations risquent bien d’être difficiles. Et les arsenaux considérables qui ont disparu des casernes de Kadhafi vont maintenant servir à tous ces islamistes du désert de s’en prendre à ceux qu’ils considèrent comme des ennemis de l’Islam.

Mots-clefs : , ,