Comme désormais à la veille de chaque élection présidentielle, on nous ressort la question du droit de vote des étrangers pour les élections locales.
Le PS l’ayant, comme d’habitude, proposé, Nicolas Sarkozy est monté sur ses grands chevaux en s’y opposant et en rappelant, devant 3.000 maires de France réunis à l’Elysée, qu’à ses yeux le droit de vote ne pouvait pas être séparé de la nationalité. D’après lui, et l’argument n’est pas absurde, si les étrangers veulent voter, ils n’ont qu’à devenir français.
Le Président-candidat a sans doute oublié que, la dernière fois, en 2007, il s’était dit favorable à ce droit de vote des étrangers. Certains commentateurs en déduiront que Sarkozy a bien l’intention, plus encore qu’en 2007, de tenter de séduire l’électorat de l’extrême-droite.
Le problème est de savoir si cette question passionne vraiment, aujourd’hui, les Français. Ils savent que les étrangers ressortissants des pays de l’Union européenne ont déjà ce droit de vote et certains de nos compatriotes estiment qu’un étranger en situation régulière qui vit depuis des années en France et qui y paie des impôts peut avoir son mot à dire sur la gestion de sa commune. Pourquoi pas ?
Si ce n’est que quand on vote pour des élections municipales, on vote aussi, d’une certaine manière, pour le Sénat puisque les maires font partie des « grands électeurs » qui choisissent les sénateurs. On a fait semblant de l’ignorer quand on a accordé le droit de vote aux Européens.
Mais ce n’est pas tout. Les partisans de cette petite révolution affirment qu’elle permettrait de mieux intégrer les immigrés en leur donnant une certaine dignité et en les responsabilisant. Ils oublient que certaines de nos communes, parmi les plus défavorisées, comptent 30, voire 40% d’étrangers et ils n’ont pas voulu voir que, lors des dernières élections tunisiennes, les Tunisiens de France avaient voté, à une très large majorité, en faveur des listes islamistes.
On peut donc imaginer, redouter qu’en accordant le droit de vote à tous les étrangers pour les municipales on ne se retrouve avec des communes gérées par des Islamistes.
C’est là une hypothèse que personne, sauf à l’extrême–droite, n’ose évoquer. Or, il n’est pas nécessaire d’être un adepte du Front National pour ne pas souhaiter que des listes plus ou moins favorables à l’instauration de la Charia puissent se présenter en France. Accorder le droit de vote pour les élections locales aux étrangers serait installer au cœur de nos conseils municipaux les querelles de leurs pays d’origine.
Contrairement à ce que pensent nos « bonnes âmes » de gauche, ce n’est évidemment pas en donnant le droit de vote aux étrangers qu’on réglera le problème de l’immigration et celui de nos quartiers de non-droit. Nos immigrés ne sont pas venus en France pour participer à nos élections municipales et devenir de « semi-citoyens » mais pour trouver du travail, un logement, des écoles pour leurs enfants, des hôpitaux et une vie décente.
Dans bien des cas, nous n’avons pas voulu, pas su et surtout pas pu leur offrir ce « rêve français » qu’ils caressaient depuis leurs douars d’origine, leurs déserts arides, leurs jungles désespérantes. Leur accorder une carte d’électeur (qu’ils ne demandent pas d’ailleurs) ne leur permettrait que d’exprimer leur rancoeur.
Cela dit, si les socialistes se croient obligés de ressortir une énième fois cette proposition et si Sarkozy pense habile de sauter sur cette occasion pour fustiger leur programme, les Français ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement que cette question fait simplement partie, désormais, des petits accessoires traditionnels de nos campagnes électorales. Ils se souviennent que François Mitterrand avait l’habitude de brandir cet épouvantail à la veille de toutes les élections pour renforcer le Front National et donc affaiblir la droite traditionnelle mais qu’il n’a cependant jamais voulu mettre cette idée à l’ordre du jour alors qu’elle faisait pourtant partie de ses fameuses « 110 propositions ».
Il y a comme ça, maintenant, dans notre vie politique des « gadgets » dont se servent les uns et les autres, ce droit de vote des étrangers, le mariage des homosexuels, la dépénalisation de drogues douces. Cela fait parler dans les couloirs de l’Assemblée et les salles de rédaction mais pas dans les chaumières.
Dans les chaumières, on a d’autres soucis, autrement plus sérieux, en tête. Mais il est sûrement plus difficile de parler du chômage et de la paupérisation du pays que du droit de vote des étrangers…

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