Selon le dernier sondage du jour, LH2 pour Yahoo, François Hollande et Nicolas Sarkozy seraient désormais au coude-à-c oude pour le premier tour des présidentielles, à 30% pour le premier, 29% pour le président sortant. Certes, pour le second tour, Hollande conserve encore une confortable avance puisqu’il l’emporterait par 58% contre 42% mais ces 9% que le candidat du PS a perdus en un mois et ces 5% que Sarkozy a gagnés dans le même temps sont diablement intéressants à observer.
Ils prouvent qu’Hollande a raté son décollage. Depuis son « triomphe » aux primaires de la gauche qui le faisait apparaitre à toutes les unes de la presse comme le président déjà désigné, il a pratiquement disparu. Pas un mot sur le G20, pas un mot sur le deuxième plan de rigueur, pas un mot sur les nouvelles annonces de licenciements massifs, sur la Grèce, sur l’Italie, sur l’Espagne. A croire que son ambition se limitait à être désigné candidat.
A ce silence assourdissant se sont ajoutées les péripéties vaudevillesques de l’accord-désaccord avec les Ecologistes sur l’EPR et l’énergie nucléaire et, cerise sur le gâteau, un mini-psychodrame pour la désignation des candidats aux prochaines législatives à Paris.
Certes, le premier tour des présidentielles n’a lieu que dans cinq mois. Une éternité. Et l’angoisse de tout favori est toujours de prendre une initiative malheureuse, de dire un mot maladroit, de se laisser aller à une réflexion déplacée qui lui ferait perdre brutalement son avance.
Hollande se souvient sûrement que c’est parce qu’il était totalement silencieux que DSK caracolait dans les sondages. Lui-même a d’ailleurs gagné les primaires en se tenant coi avec une prudence de serpent.
Mais il devrait maintenant se poser une question. Les 5 points que vient de regagner Sarkozy sont-ils dus à l’activité fébrile d’un chef de l’Etat qui se « présidentialise » (enfin) face à la crise ou sont-ils dus à la déception des Français devant un candidat de gauche incapable de gérer les relations avec les écologistes, les bisbilles entre éléphants (Martine Aubry et Bertrand Delanoë à propos de la candidature de Cécile Duflot) mais surtout incapable de se hausser à la hauteur du véritable adversaire du Président en fustigeant, comme il serait normal, la politique qu’il mène et en proposant une véritable alternative crédible.
Sarkozy n’a jamais su « faire président ». Hollande ne sait toujours pas « faire candidat ». Si ça continue l’écart va aussi se réduire pour le second tour.
Ce même sondage donne 15% à Marine Le Pen, 7% à Bayrou et Mélenchon, 6% à Eva Joly (dont on se demande si, ridiculisée par les siens, elle va tenir jusqu’au bout). Soit 35% des voix. Mais il ne faut pas oublier qu’en 2002 Le Pen (père) obtenait 17,79% des voix et qu’en 2007 Bayrou en recueillait 18,57%. On ne voit pas pourquoi leurs scores respectifs s’effondreraient à ce point devant le rejet dont a toujours à souffrir Sarkozy et la désillusion qui semble maintenant frapper Hollande.
Bref, il peut y avoir encore bien des surprises et il est difficile de croire que tout va se jouer dans un mouchoir de poche. Les élections espagnoles viennent de démontrer que, face à la crise, les électeurs se radicalisent.

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