Archives par moisnovembre 2011



Ni l’un, ni l’autre

Le sondage du jour –BVA pour l’Express- est sans doute celui qui reflète le mieux la réalité du moment. Il affirme que 30% des Français souhaitent une victoire de François Hollande et 23% celle de Nicolas Sarkozy. Il y a trois jours, un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche donnait déjà 32,5% à Hollande et 25,5% à Sarkozy.
Mais ce qui est le plus intéressant c’est que, selon BVA, 47% des Français ne souhaitent… ni l’un ni l’autre. On pourrait presque les comprendre.
Le bilan du président sortant est, évidemment, catastrophique et la vie quotidienne d’une très grande majorité des Français s’est considérablement détériorée au cours de son quinquennat. Et les premiers pas du candidat du PS sont désespérément décevants puisque, comme le lui avaient déjà reproché aussi bien Martine Aubry que Ségolène Royal au cours des primaires de la gauche, il a fait preuve d’un étonnant manque d’envergure pour ne pas dire d’autorité dans ses relations avec ses éventuels alliés écologistes et surtout qu’il n’a pas su adapter, remanier, chambouler le pseudo programme qu’il se traine face à la crise qui semble aujourd’hui tout emporter sur son passage.
Le bilan de l’un, les promesses de l’autre mais aussi la personnalité de l’un et de l’autre font que les Français sont encore, à moins à cinq mois du scrutin, à la recherche d’un candidat providentiel. Du jamais vu dans l’histoire de la République.
Bien sûr, en avril prochain, certains électeurs se diront qu’au milieu de la débâcle il vaut mieux conserver le général vaincu et d’autres penseront que, tout étant perdu, on peut toujours tenter le changement en essayant, sans conviction, le challenger officiel.
Mais on peut aussi imaginer qu’en cinq mois, ces Français qui ne veulent ni de l’un ni de l’autre se rallieront à des candidats qui, jusqu’à présent, ne faisaient que de la figuration.
Les amis de Marine Le Pen (qui obtient actuellement 19 ou 20% dans les sondages) se frottent les mains. Un Sarkozy à 23% leur permet de rêver à un 22 avril 2012 qui ressemblerait au 21 avril 2002. Mais ils ne peuvent guère se faire d’illusions, le second tour serait évidemment aussi fatal à la fille qu’il l’a été au père et Hollande serait élu avec un score comparable à celui qu’a réalisé Chirac.
Les amis de Mélenchon (6% actuellement dans les enquêtes d’opinion) sont aussi tout sourire. Un Hollande à 30% seulement alors que Sarkozy est rejeté par 77% des électeurs prouve que le candidat du PS qui multiplie les appels du pied vers les centristes n’est pas prêt de séduire les « indignés », les révoltés et tous les insurgés en puissance. Mais, eux non plus, ne peuvent pas caresser la moindre illusion. Un petit 10% au premier tour serait déjà un triomphe pour leur grand homme.
Les militants de la cause écologiste semblent avoir compris –un peu tard- qu’ils ont fait une grave erreur de « casting » en se choisissant comme porte-drapeau une pétroleuse à l’accent aussi ridicule que ses lunettes. Il est vrai que l’autre, la star du petit écran, Nicolas Hulot, n’aurait sans doute pas fait mieux.
Reste alors le centre que méprisent tous ceux qui ont oublié que, depuis les débuts de la 5ème République, cette curieuse famille a toujours recueilli entre 15 et 20% des suffrages. Or, jamais ce qu’on appelle « la conjoncture » ne leur a été aussi favorable.
Jusqu’à présent, avec leur « ni à adroite ni à gauche », on ne savait pas ce qu’ils voulaient. Mais aujourd’hui, 47% des Français rejetant ce candidat de l’UMP qui s’est radicalisé pour séduire l’électorat de l’extrême-droite et ce candidat du PS aux allures d’apparatchik de la SFIO d’antan, le ni-ni pourrait être, à leurs yeux, la seule chance d’échapper à l’éternel dilemme qui nous a coûté si cher.
Borloo a jeté l’éponge et semble le regretter. Bayrou est à 6%, Villepin qui ne s’est pas encore déclaré à 2%, Morin à 1%. C’est évidemment dérisoire, même si on se souvient que Bayrou avait fini par dépasser les 18% en 2007.
Mais la campagne et, plus encore, la crise qui s’aggrave de jour en jour peuvent tout changer.
Ces 47% de Français qui ne veulent ni de Sarkozy ni de Hollande ne vont pas, tous, se réfugier dans l’abstentionnisme ni dans un vote simplement protestataire. Si la situation catastrophique du pays, de la zone euro, de l’Europe et même de la planète peut donner envie de pousser un cri de gueule, elle devrait aussi en inciter d’autres, devant les deux culs-de-sac qu’on leur propose, à choisir une troisième voie.
Certes, le centre n’a jamais fait rêver mais, quand les autres donnent la nausée, tout devient possible. Il y a aujourd’hui 47% des voix à prendre. Avis aux amateurs…

30 Nov 2011 | Comments (6)

Lundi noir et… euphorie à la bourse

On nous a toujours raconté que la bourse était le meilleur reflet de la situation économique du pays. Et nous le croyions volontiers, ne voulant pas imaginer que les boursicoteurs puissent jouer sur l’effondrement du pays et s’enrichir grâce aux malheurs des gens.
Eh bien, ce lundi pourrait nous faire douter que les investisseurs de tout poil –« les riches », comme dit la gauche- soient vraiment intéressés par le développement du pays, la croissance de notre économie et la lutte contre le chômage.
Aujourd’hui, la bourse de Paris a fait un bond superbe. + 5,46%. De quoi nous réjouir et reprendre espoir ?
Pas vraiment.
Ce matin, des chiffres mensuels du chômage sont tombés. Catastrophiques. +1,2%. Les plus mauvais chiffres depuis douze ans. En clair, il y a désormais 2.814.000 chômeurs de la première catégorie et 4.449.000 chômeurs toutes catégories confondues. 626.000 jeunes de moins de 25 ans sont au chômage et 847.000 séniors sont au chômage. Et la bourse a gagné 5,46% !
Mais ce n’est pas tout.
Ce matin aussi, l’OCDE qui n’est pas une organisation de plaisantins a annoncé que la France était en récession pour ce quatrième trimestre 2011 et qu’elle le sera aussi pour le premier trimestre de 2012. Selon l’OCDE qui prévoyait pour nous, il n’y a pas si longtemps, une croissance de 2,5% pour 2012, nous ne pouvons désormais pas espérer avoir une croissance supérieure à 0,3%. Rappelons que, pour faire baisser (un peu) le chômage, il faudrait une croissance de plus de 2,5%. L’OCDE annonce donc que la France dépassera les 10% de chômeurs en 2012.
Pour l’OCDE, il est indispensable que le gouvernement lance immédiatement un troisième plan de rigueur d’au moins 8 milliards. Après celui de 12 milliards et celui de 7 milliards qui n’ont pas été suffisants.
A Bercy où l’on prépare sans doute si ce n’est les fêtes de Noël du moins la campagne présidentielle, François Baroin et Valérie Pécresse ont passé la journée à répéter qu’il n’était pas question d’un troisième plan de rigueur. Comme s’ils avaient reçu ordre de continuer à nier toutes les évidences.
Et tout cela n’a pas empêché la bourse de gagner 5,46% !
Naturellement, on nous dira que les boursicoteurs veulent faire preuve d’optimisme et entrainer derrière eux tout le pays à la reconquête de la croissance et des marchés. D’autres, plus prudents, se contenteront de faire remarquer qu’à la bourse il y a des hauts et des bas et qu’avant longtemps les indices pourraient bien replonger.
Mais on peut se demander, ce soir, ce que nos 4,5 millions de chômeurs et les 870.000 familles que les « Restos du coeur » vont devoir nourrir cet hiver pensent des « riches » qui ont gagné 5,46% dans la seule journée de ce lundi noir qui ne fut pas euphorique pour tout le monde.
Ce qui est sûr, c’est qu’il y a quelque chose de dérégler dans ce système. On pourra nous raconter n’importe quoi, il est monstrueux que certains aient pu s’enrichir aujourd’hui.

28 Nov 2011 | Comments (10)

Morin, c’est qui ?

Il y a un type qui vient d’annoncer sa candidature à la présidence de la République. Tout Français a parfaitement le droit de se présenter pour peu qu’il n’ait pas perdu ses droits civiques à la suite d’une condamnation par les tribunaux. Ce type s’appelle Morin. Pas Edgar Morin, non, Hervé Morin.
Il faut tout de même reconnaitre que ce type a réussi l’exploit d’être totalement « inconnu au bataillon » alors qu’il était pourtant ministre de la Défense. On pensait d’ailleurs qu’il était « mort aux pluches » (pour reprendre une autre expression militaire) depuis longtemps comme un bon nombre de ses petits camarades de promotion que Sarkozy nous avait présentés au début de son quinquennat, les Kouchner, Darcos, Albanel, Woerth, Karoutchi, Jouyet, Bussereau, Fadela Amara, Marleix, Rama Yade, Laporte, Blanc, Joyandet, et autres Martin Hirsch.
Certains disent que Sarkozy n’a rien fait pendant son mandat. C’est faux. Il a « consommé » davantage de ministres qu’aucun de ses prédécesseurs.
Ce Morin-là, tout inconnu qu’il soit, a deux particularités : il élève des chevaux qu’il revend à l’émir du Qatar et il est l’héritier de l’UDF de Giscard. Autant dire qu’il passe sa vie entre des cracks et des tocards.
Soyons justes, il n’a hérité que d’une portion très congrue du parti créé par VGE et dont l’ancien président rêvait de faire le lieu de retrouvailles de « deux Français sur trois ». La famille s’est, en effet, déchirée sur les dépouilles. Sans parler des rares amis de Morin, les Giscardiens de jadis se retrouvent aujourd’hui au MoDem de Bayrou, à l’Alliance centriste d’Arthuis, au parti radical de Borloo, quand ils n’ont pas préféré, toute honte bue, rejoindre l’UMP, comme Méhaignerie par exemple.
Avec son Nouveau centre, Morin est d’autant plus seul que ces deux acolytes les plus « célèbres », toutes proportions gardées, Maurice Leroy et François Sauvadet ont, depuis longtemps, échangé leurs velléités de représenter le centre contre deux maroquins de la Sarkozie et qu’ils n’ont visiblement pas l’intention de lâcher une proie, même diablement faisandée, contre une ombre bien incertaine.
Ce qui est intéressant, infiniment plus que de constater le ridicule un peu attendrissant de Morin, ce matin, au pied du Pont de Normandie évoquant la mémoire de Guillaume le Conquérant, c’est de voir ce qu’est devenu « le centre », aujourd’hui dans notre éventail politique.
A force de prôner le ni-ni et d’être assise entre deux chaises, cette famille qui a longtemps dirigé la France et qui est, en fait, la famille d’origine d’un bon nombre de nos compatriotes, ne sait plus du tout où elle en est.
Bayrou qui avait déjà hésité en 2007 va, selon toute vraisemblance et toute logique, rejoindre Hollande au soir du premier tour. Ne serait-ce que pour goûter de nouveau aux joies d’un ministère. Morin répète qu’il veut simplement élargir par la diversité la majorité sarkozienne. Autant dire que l’un et l’autre sont prêts à vendre leur âme de centriste pour retrouver une voiture à cocarde mais que l’un et l’autre étant des turfistes, ils ne parient pas sur le même cheval.
Ce qui est sûr c’est que ni l’un ni l’autre ne croient plus en la réalité du centrisme qui n’est désormais pour eux qu’un alibi de premier tour pour monnayer avec le plus offrant des miettes en échange d’un ralliement pour le deuxième tour.
Certes, ce centre n’existe plus que comme petite force d’appoint depuis les débuts de la Vème République. Mitterrand (avec l’aide de l’Histoire) a tué le Parti communiste mais de Gaulle avait déjà dévoré tout cru les démocrates-chrétiens, les radicaux et tout ce qu’on appelait « le marais ».
Or, et c’est ce qui est le plus curieux, jamais depuis plus d’un demi-siècle, les centristes n’ont semblé avoir un tel boulevard devant eux. La droite modérée ne veut plus entendre parler de Sarkozy et François Hollande, depuis son triomphe des primaires, déçoit chaque jour davantage, en reprenant son image de vieil apparatchik adepte du consensus mou, l’électorat qui se disait prêt à votre pour DSK.
Les centristes ont un boulevard devant eux mais ils n’ont personne pour y emmener ces électeurs (traditionnellement 15 à 20% du corps électoral, mais sans doute plus cette fois vu les circonstances) qui ne veulent suivre ni le supplétif de Hollande ni celui de Sarkozy.
Il manque quelqu’un pour comprendre que les Français cherchent une troisième voie afin de se débarrasser d’une droite au pouvoir depuis plus de dix ans et dont ils ne veulent plus et d’une gauche qui semble avoir trente ans de retard et qui ne les fait pas rêver.

27 Nov 2011 | Comments (9)

DSK: la thèse du complot ressort

Un magazine américain, le New-York Review of Books, ressort la thèse du complot dans l’affaire DSK. Avec des éléments troublants sans être, bien sûr, pour autant convaincants.
Le matin même de son arrestation, DSK aurait reçu un coup de téléphone d’une amie, documentaliste à l’UMP, lui affirmant que son téléphone portable avait été piraté par l’UMP et qu’au siège du mouvement présidentiel on faisait des gorges chaudes en écoutant ses conversations. Personne n’a jamais pu retrouver ce portable.
Une vidéo surveillance du Sofitel montre deux employés de l’hôtel (dont celui qui a incité Nafissatou Diallo à porter plainte) exploser de joie avant même l’arrestation de DSK à l’aéroport.
Enfin, on ignore toujours le nom du client qui occupait la chambre voisine de celle de DSK, celle dans laquelle la femme de ménage avait été avant d’entrer dans la suite du DSK et dans laquelle elle était retournée après, détail important qu’elle avait nié dans un premier temps.
On peut donc imaginer que l’UMP qui connaissait les « déviances » du grandissime favori à la présidentielle suivait à la trace DSK, grâce à son téléphone, que des membres du personnel du Sofitel étaient aussi des militants de l’UMP, complices du « complot », et que cet inconnu, voisin de chambre de DSK, était un agent de l’UMP qui aurait demandé à Nafissatou Diallo, moyennant une poignée de dollars, d’aguicher le directeur général du FMI puis de porter plainte contre lui.
Les amateurs de romans à rebondissements si ce n’est de science-fiction, se régalent.
Ce scénario semble évidemment invraisemblable. Mais toute cette histoire est invraisemblable. Comment, après avoir déjà passé la nuit avec une prostituée, DSK a-t-il pu se jeter sur une femme de ménage alors qu’il savait parfaitement qu’aux Etats-Unis on ne plaisante pas avec ce genre de choses ? Comment, d’ailleurs, avait-il déjà pu agresser une jeune journaliste venue l’interviewer et fille d’une de ses anciennes maitresses ? Comment ce ténor de notre vie politique pouvait-il avoir des relations avec des ripoux et des proxénètes lillois ?
Pourquoi alors ne pas imaginer qu’à l’UMP, certains, connaissant ses « faiblesses », aient décidé de lui tendre un tel piège ?
A l’UMP, on dément déjà qu’aucune des trois documentalistes de la maison connaisse DSK. La joie ostensible des deux employés du Sofitel ne prouve rien. N’importe qui pouvait s’amuser de cet « incident » pour le moins inattendu. Ce qui est plus troublant, bien sûr, c’est le mystère de la chambre d’à coté. Il est incroyable que, dans un hôtel aussi « fliqué » que le Sofitel, avec des caméras de surveillance un peu partout et un service de sécurité sur le qui-vive, il n’y ait aucune trace d’un client.
Les avocats de DSK vont, bien sûr, se servir de ces « nouveaux éléments » lors du procès en civil. Mais ce qui est intéressant serait de savoir si ces « nouveaux éléments » qui permettent, un peu, de ressortir la thèse du complot (à laquelle personne ne croyait) vont prendre assez de consistance pour jouer un rôle dans la campagne présidentielle. Non pas, naturellement, pour remettre en selle DSK qui est à jamais carbonisé mais pour faire planer l’idée que des amis du Président de la République aient pu fomenter une telle affaire.
Il est évident que si on apprenait que l’Elysée a été derrière tout ça, l’image de Sarkozy qui n’est déjà pas flamboyante en prendrait un sérieux coup.
Certains trouveront que la première réaction de Jean-François Copé est bien prudente. Le secrétaire général de l’UMP a, en effet, déclaré : « S’il y a des faits avérés, des preuves évidentes, il va de soi qu’on doit, les uns et les autres, en tirer les conséquences. Mais tant que ce ne sont que des allégations sur la base de témoignages anonymes, vous comprendrez que nous restions un peu réservés et surtout pas dupes ». A croire que Copé redoute que des preuves évidentes n’apparaissent…
Il faut reconnaitre que si la thèse du complot s’avérait, nous serions encore plus étonnés que le jour où nous avons appris l’arrestation de DSK. Avec ces gens-là, il faut s’attendre à tout et nous sommes rarement déçus .

26 Nov 2011 | Comments (7)

UMP-PS: un face-à-face trop banal

François Bayrou vient d’annoncer sa candidature à la présidentielle. Ce n’est une surprise pour personne. Le patron du MoDem sait que sa seule chance d’exister encore un peu est de faire un tour de piste à chaque présidentielle.
Ce sera la troisième fois qu’il tentera sa chance. Mitterrand et Chirac ont été élus à leur troisième tentative. Bayrou se souvient surtout que la dernière fois, en 2007, il avait obtenu 18,57% des voix au premier tour et donc qu’il ne s’en était pas fallu de beaucoup (7% tout de même puisque Ségolène Royal avait recueilli 25,87% des voix) pour qu’il ne soit présent au deuxième tour ce qui, mathématiquement, lui aurait permis d’être élu, puisque les électeurs qui auraient voté pour le candidat arrivé en troisième position, en l’occurrence et dans cette hypothèse, Ségolène Royal, se seraient évidemment reportés sur lui.
D’après le dernier sondage publié aujourd’hui, OpinionWay pour Le Figaro, Bayrou ne recueille que 7% des voix. A égalité avec Mélenchon mais très loin derrière Hollande, 30%, Sarkozy, 26%, et Marine Le Pen, 18%. Et devant Eva Joly, 5%.
Mais Bayrou est optimisme. Il est convaincu que, malgré la petite remontée qu’on observe actuellement dans les sondages, les Français rejetteront massivement Sarkozy, d’autant plus que la crise qui ne peut que s’aggraver dans les mois qui viennent détruira l’image de « protecteur » dont il tente actuellement de s’affubler. Il est persuadé, en même temps, qu’Hollande qui a déjà perdu l’aura que lui avait donnée la primaire de gauche va, chaque jour, décevoir davantage les électeurs plus ou moins centristes.
Entre un président sortant toujours rejeté et un nouveau venu désespérément décevant, il y a évidemment de la place pour un troisième larron.
Et d’autant plus que ce même sondage OpinionWay affirme que, pour les Français, ce qui compte avant tout aujourd’hui c’est, dans l’ordre : la protection sociale, le pouvoir d’achat et l’emploi, très loin devant la dette, les inégalités sociales ou la sécurité, les thèmes que semblent avoir choisis pour leur campagne Sarkozy et Hollande.
Mais ce même sondage oublie les « petits candidats ». Il n’attribue que 1% à Chevènement, Villepin, Morin, Christine Boutin, Dupont-Aignan, Nathalie Artaud et Poutou. Certains d’entre eux, bien sûr, ne feront guère mieux. Mais rien ne dit qu’avec une bonne campagne Chevènement ne puisse pas récupérer une large poignée des déçus d’Hollande et Villepin attirer un bon paquet d’anti-sarkozistes. Si l’un et l’autre arrivaient à dépasser les 5%, ce qui n’est pas impossible, la donne serait totalement modifiée.
La campagne n’a pas encore vraiment commencé. Certains candidats pourront se révéler. Les Français sont plus que jamais à la recherche d’un « sauveur ». Mais surtout ces cinq prochains mois seront marqués, non pas par les effets de manche et les promesses des candidats mais par l’évolution de la situation de la France, de l’Europe et même du monde.
Si la France perd ses trois A, si l’euro explose, si les grandes entreprises continuent à annoncer des licenciements massifs, si la bourse poursuit sa dégringolade, si la Grèce, l’Italie et l’Espagne plongent de plus en plus dans le gouffre, de nombreux électeurs français seront sans doute tentés d’essayer quelque chose de nouveau. Peut-être même n’importe quoi.
Le face-à-face Sarkozy-Hollande, UMP-PS, est trop banal pour la situation d’aujourd’hui. Les uns et les autres ont déjà fait leurs preuves. Non seulement rien n’est joué mais on peut s’attendre à tout.

25 Nov 2011 | Comments (4)

Mali: les preneurs d’otages veulent-ils faire payer à la France son intervention en Libye?

Une Française qui travaillait pour la Croix Rouge, vient d’être libérée au Yémen mais deux Français, géologues, viennent d’être enlevés au Mali. Les prises d’otages sont devenues une habitude et les Français semblent particulièrement visés par ces bandes incontrôlées, à mi-chemin entre le grand banditisme et la rébellion armée.
Le gouvernement paraît totalement désarmé en face de cette nouvelle criminalité internationale.
Il demande aux Français, aux humanitaires, aux salariés des grandes entreprises et aux touristes, d’éviter ces zones à risques de plus en plus nombreuses. Sans succès, bien sûr, si ce n’est peut-être pour les touristes.
Il pourrait décider de ne plus répondre au chantage des preneurs d’otages. Ce serait abandonner à une mort prévisible nos compatriotes. Ce n’est pas imaginable.
Il a maintenant prévu une ligne budgétaire pour le paiement des rançons. Ce n’est pas une solution.
Il pourrait donner ordre à nos services secrets, une fois les otages récupérés, de faire payer très cher leur crime aux terroristes. Œil pour œil. C’est ce qu’on longtemps fait les Israéliens. C’est efficace. Mais on voit mal un Etat de droit se mettre à pratiquer de tels règlements de comptes.
Chaque cas de prise d’otages est d’ailleurs différent.
Au Yémen, les hommes qui avaient enlevé notre compatriote, des militants pour l’autonomie de leur région, voulaient obtenir la libération de quatre de leurs amis emprisonnés. Ils ont sans doute eu gain de cause. Ce genre d’enlèvement est, parait-il, une tradition locale. On peut cependant imaginer qu’ils ont obtenu aussi, de Paris, quelques liasses de dollars.
Au Mali, c’est beaucoup plus compliqué. Les terroristes d’Al Qaïda Maghreb IsIamique n’en sont pas à leur coup d’essai. Ils détiennent toujours quatre Français qu’ils ont enlevés, le 16 septembre 2010, sur le site d’extraction d’uranium d’Arlit, au Niger. Eux, ils veulent de l’argent et des armes, comme les bandes yéménites, mais ils exigent aussi des concessions politiques. Affiliés à Al Qaïda, ils s’en prennent, depuis des mois, à la France, l’ancienne puissance coloniale, à laquelle ils reprochent sa présence en Afghanistan et l’interdiction du voile intégral.
Mais tout pourrait bien s’être encore s’être aggravé. Le Mali n’est pas très loin de la Libye et on sait que Kadhafi avait recruté des troupes parmi toutes ces tribus qui déambulent en toute impunité à travers le désert du Tchad, du Niger, de l’Algérie, du Mali et de la Mauritanie. Ces mercenaires sont maintenant rentrés chez eux, dans leurs sables et leurs dunes, avec un arsenal considérable. Et pour ces hommes du désert, islamistes fanatisés, la France qui, avec ses Rafales, a chassé Kadhafi du pouvoir est, évidemment, devenue plus que jamais l’ennemie à combattre. Nous avons installé des Islamistes à Tripoli et les Islamistes du désert ne nous pardonneront jamais d’avoir renversé Kadhafi.
Si les preneurs d’otages de nos deux géologues sont bien, comme tout permet de le supposer, des membres d’AQMI de retour de Tripoli, les négociations risquent bien d’être difficiles. Et les arsenaux considérables qui ont disparu des casernes de Kadhafi vont maintenant servir à tous ces islamistes du désert de s’en prendre à ceux qu’ils considèrent comme des ennemis de l’Islam.

24 Nov 2011 | Comments (3)

Le chiffon rouge du vote des étrangers

Comme désormais à la veille de chaque élection présidentielle, on nous ressort la question du droit de vote des étrangers pour les élections locales.
Le PS l’ayant, comme d’habitude, proposé, Nicolas Sarkozy est monté sur ses grands chevaux en s’y opposant et en rappelant, devant 3.000 maires de France réunis à l’Elysée, qu’à ses yeux le droit de vote ne pouvait pas être séparé de la nationalité. D’après lui, et l’argument n’est pas absurde, si les étrangers veulent voter, ils n’ont qu’à devenir français.
Le Président-candidat a sans doute oublié que, la dernière fois, en 2007, il s’était dit favorable à ce droit de vote des étrangers. Certains commentateurs en déduiront que Sarkozy a bien l’intention, plus encore qu’en 2007, de tenter de séduire l’électorat de l’extrême-droite.
Le problème est de savoir si cette question passionne vraiment, aujourd’hui, les Français. Ils savent que les étrangers ressortissants des pays de l’Union européenne ont déjà ce droit de vote et certains de nos compatriotes estiment qu’un étranger en situation régulière qui vit depuis des années en France et qui y paie des impôts peut avoir son mot à dire sur la gestion de sa commune. Pourquoi pas ?
Si ce n’est que quand on vote pour des élections municipales, on vote aussi, d’une certaine manière, pour le Sénat puisque les maires font partie des « grands électeurs » qui choisissent les sénateurs. On a fait semblant de l’ignorer quand on a accordé le droit de vote aux Européens.
Mais ce n’est pas tout. Les partisans de cette petite révolution affirment qu’elle permettrait de mieux intégrer les immigrés en leur donnant une certaine dignité et en les responsabilisant. Ils oublient que certaines de nos communes, parmi les plus défavorisées, comptent 30, voire 40% d’étrangers et ils n’ont pas voulu voir que, lors des dernières élections tunisiennes, les Tunisiens de France avaient voté, à une très large majorité, en faveur des listes islamistes.
On peut donc imaginer, redouter qu’en accordant le droit de vote à tous les étrangers pour les municipales on ne se retrouve avec des communes gérées par des Islamistes.
C’est là une hypothèse que personne, sauf à l’extrême–droite, n’ose évoquer. Or, il n’est pas nécessaire d’être un adepte du Front National pour ne pas souhaiter que des listes plus ou moins favorables à l’instauration de la Charia puissent se présenter en France. Accorder le droit de vote pour les élections locales aux étrangers serait installer au cœur de nos conseils municipaux les querelles de leurs pays d’origine.
Contrairement à ce que pensent nos « bonnes âmes » de gauche, ce n’est évidemment pas en donnant le droit de vote aux étrangers qu’on réglera le problème de l’immigration et celui de nos quartiers de non-droit. Nos immigrés ne sont pas venus en France pour participer à nos élections municipales et devenir de « semi-citoyens » mais pour trouver du travail, un logement, des écoles pour leurs enfants, des hôpitaux et une vie décente.
Dans bien des cas, nous n’avons pas voulu, pas su et surtout pas pu leur offrir ce « rêve français » qu’ils caressaient depuis leurs douars d’origine, leurs déserts arides, leurs jungles désespérantes. Leur accorder une carte d’électeur (qu’ils ne demandent pas d’ailleurs) ne leur permettrait que d’exprimer leur rancoeur.
Cela dit, si les socialistes se croient obligés de ressortir une énième fois cette proposition et si Sarkozy pense habile de sauter sur cette occasion pour fustiger leur programme, les Français ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement que cette question fait simplement partie, désormais, des petits accessoires traditionnels de nos campagnes électorales. Ils se souviennent que François Mitterrand avait l’habitude de brandir cet épouvantail à la veille de toutes les élections pour renforcer le Front National et donc affaiblir la droite traditionnelle mais qu’il n’a cependant jamais voulu mettre cette idée à l’ordre du jour alors qu’elle faisait pourtant partie de ses fameuses « 110 propositions ».
Il y a comme ça, maintenant, dans notre vie politique des « gadgets » dont se servent les uns et les autres, ce droit de vote des étrangers, le mariage des homosexuels, la dépénalisation de drogues douces. Cela fait parler dans les couloirs de l’Assemblée et les salles de rédaction mais pas dans les chaumières.
Dans les chaumières, on a d’autres soucis, autrement plus sérieux, en tête. Mais il est sûrement plus difficile de parler du chômage et de la paupérisation du pays que du droit de vote des étrangers…

24 Nov 2011 | Comments (3)

Il y a un inculte à l’Elysée !

Certains amis me reprochent de ne pas avoir dit un mot du communiqué officiel publié, hier, par l’Elysée, à l’occasion de la mort de Danielle Mitterrand. Quatre fautes d’orthographe, énormes, incroyables, stupéfiantes en douze lignes !
Elle « poursuivi » (sans t)… le chemin qu’elle « s’était tracée » (avec un e)… « elle su » (sans t)… « une volonté et une dignité exceptionnelle » (sans s) ! Et oublions deux virgules qui s’imposaient et qui ne sont pas là.
Naturellement, les amis du Président nous diront qu’il n’a ni écrit ni relu ce texte. C’est possible et c’est dommage. Y a-t-il beaucoup de communiqués officiels, publiés avec l’entête de la Présidence de la République, qui ne sont relus ni par le Président ni par aucun de ses plus proches collaborateurs ? Peut-on imaginer qu’un enfant de 6, 7 ans ou une « technicienne de surface » arrivée récemment d’Europe de l’Est ait pris la direction du service de presse de l’Elysée, sans que personne ne s’en aperçoive ?
Le Président de la République qui est le « protecteur de l’Académie française », même s’il n’aime pas la Princesse de Clèves, savait parfaitement que ce communiqué serait lu attentivement dans toutes les salles de rédaction où l’on trouve encore, parfois, quelques journalistes qui se souviennent des rudiments de l’orthographe. Il aurait donc dû demander à Guaino-sa-plume de le relire.
Mais deux choses sont sûres : des analphabètes ont été recrutés au sommet de l’Etat (on s’en soudait un peu) et Nicolas Sarkozy se « contrefout » totalement de l’orthographe qui est pourtant, qu’il le veuille ou non, une marque de respect élémentaire à l’égard de la langue française et, accessoirement, à l’égard de ses lecteurs.
Cela dit, personne n’empêchera certains mauvais esprits de penser que c’est bel et bien le Président de la République en personne qui a écrit ces douze lignes et fait ces quatre fautes d’orthographe…

23 Nov 2011 | Comments (5)

La débandade des écologistes

Tout le monde –et notamment à l’UMP- s’amuse des malheurs des écologistes. Rien ne va plus entre la candidate officielle d’Europe-Ecologie-Les Verts, Eva Joly, et la patronne officielle du parti, Cécile Duflot. Bien des gens sont, maintenant, convaincus que la candidate à l’accent épouvantable et aux lunettes ridicules va abandonner la partie avant longtemps. L’idole du mouvement, Daniel Cohen-Bandit, vient d’ailleurs de lui porter ce qui pourrait bien ressembler à un coup de grâce.
Le conflit entre Eva Joly et Cécile Duflot ne fait, en réalité, que révéler au grand jour l’habituel « problème de conscience » des écologistes. Sont-ils d’éternels militants intraitables d’une grande cause ou sont-ils une force politique d’appoint qui pourrait éventuellement modifier le cours des choses ? Veulent-ils se contenter d’hurler (dans le désert) leur opposition à notre société, à l’énergie nucléaire, à la consommation à tout va, à la déforestation, aux OGN, etc. ou espèrent-ils se faufiler au sein du pouvoir pour limiter, par petites touches, les dégâts qu’ils annoncent ?
Eva Joly a réussi, lors des primaires d’EELV et à la surprise générale, à se faire élire face à Nicolas Hulot en s’affichant en militante intraitable. Et il était donc normal qu’en face d’un PS incarné désormais par un François Hollande qui se veut « raisonnable » en tout point elle se refuse à négocier sur le nucléaire.
Cécile Duflot, elle, est une politique plus qu’une militante. Si elle souhaite sans doute en son for intérieur que la France abandonne au plus tôt le nucléaire, elle a surtout envie d’avoir un siège de député à Paris, d’entrer au gouvernement puis d’y défendre ses idées et une sortie programmée de ce nucléaire.
Si Eva Joly persiste, elle fera 3 ou 4% des voix (les « gauchos qui n’auront pas voulu voter Mélenchon) et, même si elle appelle à voter Hollande pour le second tour, EELV n’existera plus. Si Cécile Duflot l’emporte, il n’y aura pas de candidat écologiste à la présidentielle, les écologistes joueront les porteurs de bidons d’Hollande pendant la campagne et ils auront leur (petite) part de gâteau à l’arrivée pour peu, bien sûr, que le candidat du PS soit élu. L’utopie ne sert à rien qu’à rester digne, droit dans ses sabots. Le réalisme, avec tous ses compromis et même ses compromissions, donne des miettes.
Ce qu’Eva Joly n’a pas compris c’est qu’aujourd’hui, en France, l’écologie n’a plus la cote et fait figure d’un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir. Les Français –et toutes les enquêtes d’opinion le prouvent- se préoccupent infiniment moins de l’avenir lointain de la planète, de la fonte des pôles, de la couche d’ozone que du chômage, de la dette, de leur pouvoir d’achat qui s’effondre et des mesures d’austérité qui vont encore faire augmenter tous les prélèvements et baisser toutes les aides.
Ils ont sûrement tort mais comment le leur reprocher ? L’Europe et l’euro vont, sans guère de doute, exploser avant nos centrales nucléaires. Fukushima, c’est très loin et quand on leur dit que la fermeture de nos centrales augmenterait dans des proportions considérables le prix de l’énergie, ils ne pensent pas que la France puisse être réellement menacée par des tremblements de terre ou par des tsunamis.
Eva Joly a peut-être raison mais elle devient ridicule. Cécile Duflot, en avalant son chapeau, entrera sans doute à l’Assemblée et pourra, peut-être, jouer les Alain Bombard, les Huguette Bouchardeau, les Brice Lalonde, les Dominique Voynet ou les Yves Cochet au ministère de l’Ecologie. C’est-à-dire les plantes vertes sur la cheminée du Conseil des ministres.

23 Nov 2011 | Comment (1)

Faits divers et campagne électorale

L’assassinat, après le viol, d’une gamine de 13 ans par un adolescent de 16 ans, tous deux élèves du Collège Cévenole du Chambon-sur-Lignon, est évidemment un fait divers épouvantable, comme on en apprend, semble-t-il, de plus en plus souvent depuis quelque temps.
Le fait que l’adolescent ait déjà violé une autre de ses camarades, l’année dernière, dans le Gard, rend ce drame encore plus insupportable et prouve, évidemment, qu’il y a eu, quelque part, des « dysfonctionnements », comme on dit maintenant pudiquement.
Comment a-t-on pu libérer ce jeune violeur après seulement quatre mois de prison ? Comment ses parents ont-ils pu le faire admettre dans un internat mixte sans avoir à préciser à la direction du collège les raisons de ses démêlés avec la justice ? Comment la justice n’a-t-elle pas prévenu le collège qu’il s’agissait d’un violeur ? Comment l’expert a-t-il pu affirmer que ce garçon ne présentait « aucune dangerosité » ?
Les responsables officiels nous disent, aujourd’hui, que ce garçon n’est pas un récidiviste au sens exact du terme puisqu’étant encore en attente de son jugement, il n’a pas encore été condamné pour son premier viol (qu’il a totalement reconnu). Qu’il a été libéré de prison parce que ses parents lui avaient trouvé un collège. Que ses parents n’avaient pas à préciser au directeur du collège les raisons de son incarcération. Que la justice, tenue par le secret de l’instruction, n’avait pas, elle non plus, à informer le collège de ces raisons. Et que l’expert n’a fait que son travail, même s’il s’est, peut-être, trompé.
Bref, à entendre tous ces officiels, il n’y avait rien d’anormal à mettre dans un internat mixte un violeur « présumé innocent » et déclaré « sans danger ».
Les problèmes de la criminalité sexuelle, de la récidive et de la justice des mineurs sont particulièrement difficiles puisqu’on nous dit –ce qui est, peut-être vrai- que les criminels sexuels sont des « malades », que les cas de récidive sont « rarissimes » et que les mineurs ne sont pas des justiciables « comme les autres ». Or, dans ce cas précis, nous sommes confrontés à ces trois problèmes en même temps.
Mais, au-delà de l’aspect particulièrement atroce de ce fait divers, ce qui choque aujourd’hui c’est que le pouvoir politique s’en soit emparé.
Le Premier ministre, en personne, a réuni d’urgence ses ministres à Matignon, puis le Garde des Sceaux a annoncé solennellement de « nouvelles dispositions » (davantage d’informations entre la justice et les collèges, la construction de nouveaux centres fermés pour mineurs).
Que « les plus hautes autorités de l’Etat » aient tenu à faire part de leur émotion à la famille de la petite victime et au Collège Cévenol est parfaitement normal. Qu’il y ait, sans doute, des dispositions légales ou réglementaires à modifier en tenant compte des dysfonctionnements qui ont eu lieu est incontestable.
Mais tenter de « faire de l’audience » sur un tel drame est inadmissible et décider à la va vite de nouvelles mesures est irresponsable. C’est le silence et la pudeur qui s’imposent en de telles circonstances et, pour ce qui est des nouvelles dispositions à prendre éventuellement, c’est le travail de la Chancellerie, pas celui d’une réunion interministérielle annoncée avec tambours et trompettes. On ne modifie pas nos textes en fonction d’un drame, dans la précipitation, le lendemain même de ce drame.
C’est une manie de la Sarkozie que de réagir à chaud à chaque fait divers particulièrement dramatique, de réunir les caméras et d’annoncer de nouveaux textes et de nouvelles lois. On s’étonne d’ailleurs que Sarkozy, lui-même, ne se soit pas déjà précipité au Chambon-sur-Lignon.
Ce « cinéma médiatique » à propos de tous les drames qui font la une de tous les journaux populaires est évidemment détestable. Il serait d’ailleurs cruel de faire le décompte exact de toutes les décisions que le Président de la République a annoncées, en personne, chaque fois qu’il a accouru sur les lieux d’un tel fait divers, en s’en prenant tantôt au laxisme de nos juges, tantôt à l’incompétence de nos services psychiatriques. Est-il besoin de préciser que toutes ces mesures ont été oubliées depuis bien longtemps ?
Mais il est vrai que nous sommes entrés en campagne électorale…

22 Nov 2011 | Comments (10)

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