Voilà une bonne idée. Le gouvernement vient de décider que désormais ceux qui voudront devenir français devront savoir parler français. La chose semble évidente mais on n’y avait pas pensé jusqu’à présent. L’article 2 de notre Constitution proclame pourtant : « La langue de la République est le français » mais on l’avait oublié. Et Camus avait bien évidemment raison quand il déclarait : « Ma patrie est la langue française ».
Notre grand principe du « Droit du sol » est devenu totalement obsolète avec la mondialisation, les transports de masse et les vagues d’immigration. Ce n’est pas parce qu’une femme papoue, zouloue ou touboue accouche, entre deux avions, d’un enfant sur notre sol que celui-ci est français. Alors qu’il est évident qu’un noir, qu’un arabe, qu’un jaune qui parle parfaitement notre langue, ce qui veut dire (en principe) qu’il aime notre pays, notre culture, notre civilisation peut lui, évidemment, devenir un Français (presque) à part entière.
Il est vraisemblable que les associations qui se sont auto-proclamées avocates des Droits de l’homme vont hurler, organiser des manifestations place du Trocadéro et faire signer des pétitions en accusant le gouvernement de racisme et de xénophobie.
A entendre ces donneurs de leçons, gardiens vigilants et intransigeants de la pensée unique, un villageois du bout du monde qui a quitté sa brousse pour venir chez nous, qui ne parle pas un mot de français, qui ignore tout de notre histoire, de nos usages, de notre culture peut parfaitement s’intégrer (ils ne veulent pas entendre parler du mot assimiler) dans notre société et devenir, sans même savoir baragouiner notre langue, un Français comme les autres. C’est ce qu’ils appellent « le Droit à la différence ».
Il serait sans doute grand temps de remettre en cause ce fameux « Droit à la différence » qui conduit non seulement à « la différence du droit » mais aussi au communautarisme c’est-à-dire à cette monstruosité qui fabrique des ghettos lesquels ne peuvent conduire qu’à tous les affrontements haineux.
Une nation (encore un mot proscrit par nos bons penseurs) ne peut ni se construire ni survivre en prônant ses différences. Elle doit, au contraire, cultiver ses ressemblances. Et qu’on le veuille ou on, le dénominateur commun le plus évident d’un peuple ce n’est ni la couleur de la peau, ni la croyance en un Dieu, ni même une Histoire oubliée mais bien la langue. Non seulement elle permet tous les échanges indispensables mais, au-delà des mots, elle façonne les esprits. Parler français, savoir manier le conditionnel et le subjectif, c’est devenir cartésien, apercevoir Voltaire et le Siècle des lumières.
On dira que les Suisses sont suisses et ne parlent pas la même langue et que les Québécois sont francophones sans pour autant être français. Peut-être. Mais ce qui est sûr c’est que tant que les Kabyles, les Maliens, les Congolais, les Turcs ou les Sri Lankais de nos cités de non-droit ne parleront que leurs langues ils n’auront pas leur place parmi nous. Ils ne seront que des étrangers, autrement dit des envahisseurs, des « barbares ».
Certes, cela ne pas être facile d’apprendre toutes les subtilités de notre langue à ces foules qui franchissent nos frontières (ouvertes). Mais la carte d’identité française ne peut plus se distribuer dans une pochette surprise.

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