Dans le genre « fofolles aux ambitions démesurées », la gauche avait Ségolène Royal, la droite a maintenant Rachida Dati. Il faut toutefois reconnaître que l’ancienne candidate malheureuse à la présidentielle de 2007 et aux primaires du mois dernier a autrement plus de talent et d’envergure que l’ancienne Garde des Sceaux recasée par charité (mal ordonnée) et à Strasbourg et à la mairie du VIIème arrondissement.
La péronnelle pousse des cris d’orfraie (on devrait dire d’effraie) sous prétexte que François Fillon vient s’installer sur ce qu’elle considère comme « ses terres », c’est-à-dire le quartier le plus cher, le plus chic et le plus à droite de la capitale.
Elle s’indigne que le Premier ministre, après cinq ans de calvaire à Matignon et convaincu que la droite va perdre le pouvoir l’année prochaine, se cherche une seconde vie confortable, dans une circonscription gagnée d’avance avec la mairie de Paris en ligne de mire pour s’en servir de tremplin pour l’Elysée en 2017, à la manière d’un illustre prédécesseur.
Dans sa rage, elle reproche à Fillon à la fois de ne pas choisir une circonscription plus difficile dans l’Est parisien, d’être en Extrême-Orient et de ne penser qu’à sa carrière. En fait, Fillon a fait un saut au bout du monde, sur ordre de Sarkozy, pour tenter de préparer tant bien que mal le sommet du G20 et ce n’est ni au Pays du Soleil levant ni à celui du Matin clair qu’il aurait pu trouver des électeurs parisiens pour préparer son parachutage.
L’attitude de Rachida Dati s’accrochant toutes griffes dehors à un siège qui n’est d’ailleurs pas le sien (ce sont Jean Tiberi et Martine Aurillac qui se partagent actuellement cette future circonscription) est souverainement déplaisante. C’est la politicaille politicarde dans toute sa splendeur. Au « Pousse-toi de là que je m’y mette » un peu contestable de Fillon, elle répond par un « Touche pas à mon fromage, il est à moi » encore plus détestable et d’autant plus que ses seuls arguments sont son appartenance au sexe féminin et ses origines maghrébines. Il sera facile à Fillon d’évoquer le bilan inexistant quand il n’a pas été épouvantable de la dame aussi bien place Vendôme qu’au Parlement européen ou qu’à la mairie du VIIème, son seul mérite, jusqu’à présent, étant d’avoir su consoler le Président de la République lors de périodes un peu difficiles de sa vie privée.
Ces péripéties qui pourraient dégoûter tous les électeurs parisiens prouvent la chienlit qui règne actuellement au sein du parti présidentiel que Jean-François Copé est incapable de tenir, annoncent des jours difficiles pour la droite lors des prochaines législatives et, a fortiori, des prochaines municipales à Paris et rappellent surtout qu’en recrutant n’importe qui, en 2007, pour avoir un « casting bling-bling » Sarkozy a mis sur le devant de la scène des « starlettes » qui l’ont, en fait, plombé. On se souvient que Rachida Dati, Fadela Amara et Rama Yade devaient incarner le sarkozisme fait de « rupture » avec le passé et de diversité ?
Alors qu’on apprend que la France vient d’entrer en récession, ces pitoyables batailles de chiffonniers ne peuvent qu’apporter des voix aux extrêmes et plus encore renforcer le camp des abstentionnistes.

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