C’est vraiment n’importe quoi ! Luc Châtel, l’inconnu qui fait actuellement fonction de ministre de l’Education Nationale et qui ne sait pas quoi inventer pour faire un peu parler de lui, voudrait maintenant qu’on fiche les enfants de maternelles pour savoir s’ils ne présentent aucun problème ou si au contraire ils sont à risques. Orwell n’avait pas osé aller jusque-là dans l’absurdité des monstruosités. Mais on se souvient que Sarkozy avait déjà flirté avec l’idée du chromosome du criminel.
Comment peut-on imaginer qu’un gosse de 4 ans pourrait déjà être déterminé pour son avenir. Pourquoi ne pas plutôt faire étudier par des psychologues (forcément avertis) les écographies des fœtus dans le ventre de leur mère.
Certes, on sait qu’un enfant d’immigré élevé dans une cité de non-droit a plutôt moins de chance qu’un fils de bourgeois du 16ème arrondissement de devenir major de Polytechnique. Mais de-là à découvrir, avec des tests, si un gosse de maternelle a un avenir radieux ou s’il risque de verser un jour dans la délinquance, il y a un pas à ne pas franchir.
Il est bien dommage que notre ministre de l’Education Nationale ignore que notre société, basée en principe sur « la méritocratie », a créé une école qui se prétend « égalitaire » et qui se vante encore aujourd’hui de donner à tous les enfants de la République autant de chances (si ce n’est les mêmes chances) de réussir dans la vie.
On nous dit qu’il faut lutter contre toutes les discriminations. Et voilà qu’on veut, dès la maternelle, marquer au fer rouge des gosses qui, d’après des tests forcément fumeux et discutables, pourraient un jour avoir des problèmes avec la société. Sarkozy avait choqué avec son idée de discrimination « positive ». Voilà que Châtel se lance dans la discrimination « négative ».
Avec sa manie des fiches et des fichiers, ce gouvernement devient insupportable.
Cela dit, il est plus que vraisemblable que cette funeste idée va bien vite rejoindre les innombrables projets qui pourrissent sous la poussière dans les sous-sols du ministère de la rue de Grenelle.

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