La mère et l’enfant se portent à merveille, nous fait-on savoir de la clinique de la Muette. Tant mieux. C’est le père qui semble moins vaillant. Il est vrai que l’autre couple qu’il forme, cette fois avec Angela Merkel, n’a pas pu mettre au monde le moindre accord un peu viable. L’Allemande n’a pas voulu accoucher de la moindre souris. Elle se refuse énergiquement à se suicider politiquement, même pour les beaux yeux du petit Nicolas qui continue à l’embrasser frénétiquement devant tous les photographes.
On la comprend parfaitement. L’Allemagne, travailleuse et disciplinée, a réussi, à coups d’efforts qui semblaient insurmontables, à résister à la crise tout en accomplissant l’exploit de mener à bien sa réunification. Après s’être saignée aux quatre veines pour remettre à niveau ses provinces orientales retrouvées, elle n’a pas du tout envie de continuer à payer, au nom d’une pseudo solidarité européenne, pour des pays qui ont fait n’importe quoi pendant tant d’années, qui se sont offert du bon temps et qui, aujourd’hui, lui tendent en tremblotant leur sébile.
C’est l’éternelle histoire de la cigale et la fourmi. Cela fait d’ailleurs des années que les Allemands ont pris l’habitude de considérer nos pays méditerranéens, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et… la France comme des « pays Club Med’ », c’est-à-dire des pays de « charlots » où il est agréable d’aller passer ses vacances mais avec lesquels il n’est pas question de travailler sérieusement.
On a tort de parler du « couple franco-allemand ». Nous ne sommes pas mariés ensemble et depuis bien longtemps, pour « nos amis d’outre-Rhin », nous ne sommes plus qu’une vieille maitresse, trop maquillée, qui voudrait encore bénéficier des largesses d’un ancien compagnon.
Sarkozy, sa mandoline à la main, susurre sur tous les tons à Angela Merkel que la faillite de la Grèce et de toutes les cigales méditerranéennes serait une catastrophe pour l’Allemagne. La walkyrie en rit aux larmes en tentant de se dégager de son étreinte. Quand un navire sans commandement et fait de bric et de broc sombre dans la tempête, c’est toujours le sauve-qui-peut et le chacun-pour-soi. L’Allemagne, avec son industrie encore florissante, sa balance du commerce extérieur plus qu’excédentaire, son emprise sur tous les pays de l’Est a, depuis longtemps, préparé sa chaloupe personnelle et n’a pas du tout l’intention de distribuer à la ronde ses gilets de sauvetage à tous ceux qui ne savent même pas nager et vont se noyer.
Sarkozy s’imaginait qu’en présidant le G20 il allait se requinquer, se mettre à présider la terre entière et pouvoir imposer ses idées, parfois saugrenues, à des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil qui, regorgeant de devises, sont en train d’acheter, à bas prix, l’occident agonisant.
En fait, le G20 s’est déjà transformé en un véritable tribunal devant lequel les grandes puissances de jadis vont devoir comparaître et plaider leur cause pour obtenir si ce n’est un acquittement pour leurs erreurs passées du moins un sursis assorti d’une cruelle mise à l’épreuve. On sait déjà que le jury sera sans pitié et condamnera tous ceux que l’histoire a déjà condamnés.
Angela Merkel fera figure de témoin, bien sûr à charge. Sarkozy, au centre du box des accusés, tentera de se défendre en se faisant aussi l’avocat de ses amis GO du Club Med’.
On ne voit pas pourquoi l’Allemande accepterait de se placer dans le box des accusés. Elle n’a rien fait de mal.
On n’a jamais vu une fourmi se sentir solidaire d’une cigale.

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