François Fillon a donc annoncé qu’il serait candidat à Paris pour les prochaines législatives. On le subodorait déjà depuis quelque temps. Cela veut dire clairement qu’il vise désormais la mairie de Paris pour succéder à Bertrand Delanoë lequel a juré ses grands dieux de ne pas se représenter pas pour un troisième mandat.
Fillon fera sans doute organiser des primaires (il en est devenu un grand partisan) qui lui permettront d’éliminer facilement l’inénarrable Rachida Dati qui semble toujours n’avoir pas compris qu’on lui avait donné la mairie du VIIème arrondissement (et un siège à Strasbourg) pour qu’elle se taise et disparaisse à tout jamais du devant de la scène.
Fillon n’aura plus alors qu’à affronter Anne Hidalgo. Comme l’actuel Premier ministre est convaincu que la gauche va triompher lors des présidentielles de l’année prochaine, il pense que, deux ans plus tard, les Parisiens auront déjà assez de l’expérience socialiste et qu’ils voteront massivement à droite.
Il pourrait alors se servir de l’ancien bureau de Chirac à l’Hôtel de Ville comme d’un tremplin vers l’Elysée pour 2017. Et là, le petit Copé ne ferait plus le poids.
Le scénario est intéressant même si on sait que ce genre de schémas s’effondre bien souvent au gré des événements.
Ce qui est sûr c’est que Fillon ne croit plus en l’avenir de Sarkozy et qu’il cherche à se recaser en refaisant sa vie.
Mais ce qui est étonnant c’est que Fillon apparaisse aux yeux des apparatchiks parisiens de l’UMP comme une valeur sûre.
Jamais aucun Premier ministre de la Vème République – à part peut-être Edith Cresson- n’a été aussi inexistant que lui. Pendant cinq ans, le petit doigt sur la couture du pantalon, il s’est contenté d’avaler goulument les couleuvres que lui servait quotidiennement Sarkozy. Il n’était même pas le simple « collaborateur » qu’avait présenté le Président. Il était le larbin obséquieux, l’esclave docile et complaisant.
Son seul succès tout au cours du quinquennat ? S’être maintenu à Matignon quand Sarkozy semblait avoir envie de le remplacer par Borloo. Il a gagné contre celui qu’il appelait « le zozo » et par là-même peut-être empêché Sarkozy de refaire surface avec un virage à gauche. On se souvient qu’au lendemain de cette victoire tout le monde avait affirmé que Fillon allait enfin devenir un vrai Premier ministre, voire même une sorte de vice-président. En fait, il est très vite retourné dans son placard, dans sa niche.
Mais il est vrai que la droite n’a pas grand monde à présenter à la mairie de Paris.
On en vient même à se demander si le grand problème de la droite aujourd’hui ne serait pas de manquer cruellement de candidats. Sarkozy seul candidat possible pour la présidence, Fillon seul candidat possible pour Paris…
Sarkozy aurait-il stérilisé, par son autoritarisme, la droite française ?

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