Le feuilleton de l’été aura vraiment été réussi avec ses coups de théâtre et ses rebondissements aussi inattendus les uns que les autres.
Et même la dernière scène est sidérante puisqu’on nous raconte que Dominique Strauss-Kahn est « totalement blanchi » tout en nous précisant bien qu’il a eu un rapport sexuel avec la femme de ménage du Sofitel et que rien ne prouve que la chose ait été « consentie ».
Il y aurait donc eu viol mais, la violée étant une fieffée menteuse, le violeur est innocent. Que les pervers du monde entier le sachent. Aux Etats-Unis on peut violer les mythomanes en toute impunité.
Pendant toute l’affaire, on a répété (tant bien que mal) que DSK était « présumé innocent ». Maintenant, on sait qu’il est coupable mais il est déclaré innocent parce que sa victime a raconté des balivernes pour obtenir son visa d’entrée. Il est vrai d’ailleurs que si, pour lui, les soupçons sont confirmés, elle n’était pas non plus au-dessus de tous soupçons.
Si les amis de Strauss-Kahn peuvent se dire heureux et soulagés par ce dénouement invraisemblable et si chacun peut admirer le travail des avocats de l’ancien directeur du FMI, on comprend la déception des lobbies féministes américains et des défenseurs d’une justice équitable.
Mais aux Etats-Unis, le mensonge est le pire des crimes. Mentir est beaucoup plus grave que de violer une femme. On se souvient que Nixon avait été chassé de la Maison-Blanche simplement parce qu’il avait menti. On imagine les dégâts que ferait un tel principe dans notre pays.
On attend maintenant avec impatience le nouvel épisode. DSK va rentrer en France. Pour les uns, il sera auréolé de l’image de la victime d’une affreuse machination (le chantage d’une prostituée qui l’a sans doute aguiché) et aura vécu quelques semaines épouvantables avec une relative dignité et la fortune de sa femme. Pour les autres, il restera, malgré tout, un obsédé sexuel incapable de maîtriser ses instincts.
La question est de savoir s’il pourra, toute honte bue, redescendre dans l’arène politique et reprendre la parole.
Il ne fait aucun doute que celui qui, selon certains sondages, devait l’emporter au premier tour lors des prochaines présidentielles, manque cruellement au débat. La campagne de 2012 va, évidemment se faire sur les thèmes économiques. Or, quand on écoute les candidats qui ont déjà montré le bout de leur nez, aussi bien à gauche qu’ailleurs, on est bien obligé de constater qu’il n’y a pas beaucoup de vrais spécialistes de ces questions.
Faire payer les « ultra-riches » comme le prône maintenant presque tout le monde est évidemment séduisant si ce n’est qu’ils ne représentent que 0,01% de la population et que ce n’est pas en les privant de leurs yachts et de leurs écuries de course qu’on pourra relancer l’économie, s’attaquer chômage, baisser la dette et réduire les inégalités.
L’ancien ministre des Finances, ancien patron du FMI a peut-être d’autres idées plus intéressantes à formuler. Voulant sans doute remonter la pente, il ne va pas se priver de les exprimer. Le « vieux cochon » pourrait ainsi se transformer en « vieux sage » et agrémenter la campagne de quelques vérités frappées au coin du bon sens.
Peut-on imaginer plus encore et même un retour dans la course à la présidentielle ? On a presque envie de dire qu’avec lui tout est désormais possible.

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